II
il de choisir les courants, de renvoyer les uns et de
^admettre que les autres dans le circuit ; ou bien en-
»re, on met un autre appareil tout aussi compliqué,
lur redresser les courants qui ne marchent pas dans
sens voulu.
L'intensité du courant est immense. Avec une machine donnant le maximum d'effet, on obtient une lumière équivalente à celle de deux cent quatre-vingt dix mille bougies environ, tant est grande la quantité «l'électricité développée. On peut, du reste, apprécier le courant. En le faisant passer h travers un fil de platine assez fin, ce fil rougit et quelquefois il fond. Or, il est . facile de mesurer la chaleur produite, et d'en conclure l'intensité de l'électricité dégagée.
Il faut mettre en mouvement l'arbre des bobines. On emploie pour cela une petite machine à vapeur. Un travail de deux chevaux-vapeur est plus que suffisant pour faire tourner cet arbre qui n'est arrêté par aucun frottement, aucune résistance passive. Aussi dans les usines, où il y a des machines à vapeur installées, on peut confier à celles-ci le nouveau travail, et leur faire tourner la roue de la machine magnéto-électrique, sans quil soit nécessaire de les fortifier ou les transformer. L'éclairage ainsi obtenu ne coûte donc que le prix du charbon, c'est-à-dire environ 10 centimes par heure; mais il faut compter aussi le prix d'achat des appareils et quelques frais d'entretien, qui augmentent naturellement le prix de la lumière électrique.
Celte machine est construite par la Compagnie de r Alliance, qui s'est formée il y a quelques années, et qui s'est proposée de perfectionner et de construire les
machines magnèio-électriques. C'est grâce à cette compagnie, grâce aux tentatives et aux travaux de toutes sortes entrepris par elle, que la lumière électrique est aujourd'hui produite à si bon marché. Elle a atteint ce premier résultat, elle en poursuit d'autres qu'elle atteindra encore. Le gouvernenaent favorise ces tentatives, et la compagnie de TAUiance avait pu établir, à ses débuis, ses chantiers et ses usines dans les vastes cours qiii entourent l'hôtel des Invalides. Un certain nombre d'hommes habiles et de savants se sont attachés à la compagnie pour étudier les phénomènes si complexes et si intéressants que présentent des courants aussi puissants; il est probable que bientôt les résultais seront assez nets et assez certains pour être admis dans la science.