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HISTOIRE DE LA GALVANOPLASTIE

La galvanoplastie est née d'hier, quoique certaines

personnes qui aiment le paradoxe veuillent la faire

remonter à des milliers d'années et assurent que les

Savants modernes n'ont eu que l'honneur de la retrou-

ver. On a supposé que les Egyptiens devaient connaître

Tart de déposer au moyen de' la pile électrique le

cuivre et les autres métaux sur des vases ou des urnes,

parce qu'on retrouve, dans les tombeaux de Thèbes et

de Memphis, divers objets recouverts d'une mince

couche de cuivre, laquelle présente au microscope la

même texture que les dépôts galvaniques. On a même

trouvé dans les sarcophages des pièces curieuses en

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métal, si légères et si minces qu'il eut été impossible de les obtenir par la fonte ou le martelage de. ces métaux. On imagine donc qu'un moule de cire avait été recouvert du dépôt galvanique, puis que la cire aurait été fondue en laissant isolée la mince couche de métal. D'autre part, on prétend que les anciens alchimistes, ceux qui cherchaient la pierre philosophale, savaient recouvrir divers objets d'une mince couche d'or. Quelques-uns même se servaient de ces objets pour laisser croire qu'ils avaient trouvé la befioîte pierre ^ ets'enrichissaient aux dépens de la crédulité et de l'ignorance des autres. Un savant homme, Paracelse, réputé magicien et sorcier^ transforma, en or^ dit-on, sous les yeux de Cosme de Médicis, une coupe et un clou de fer. On conserve ces témoignages de son art dans la collection d'antiquités du palais de Ferrare. Pour qu'on ne l'accusât pas de fraude, il avait laissé une de leurs moitiés intactes. Mais la vérité est qu'il avait tout simplement dissous de l'or dans l'eau régale et trempé sa coupe dans cette liqueur, qui n'avait rien de magique.

Malgré ces efforts d'érudition, il reste inconlestable que c'est seulement depuis Vol ta que l'on obtient des dépôts métalliques. Ce savant reconnut, presque aussitôt après sa grande découverte de la pile, qu'en faisant passer le courant électrique dans une dissolution saline, il y avait dépôt de métal à un des pôles ; depuis lors on s'est beaucoup occupé de cette question. Vers 1850, M. de la Rive, à Genève, en étudiant la pile, reconnut sur le dépôt métallique toutes les écaillures de la plaque qu'il couvrait.

Le 17 octobre 1838, M. de Jacobi annonça à l'Acadé-

DORURE GALVANIQUE. 2b7

mie de Saint-Pétersbourg qu'il était parvenu à obtenir des planches en cuivre offrant Tempreinte exacte du dessin gravé en creux sur l'original. A la même époque, M. Spencer, eu Angleterre, fit la même découverte. Les dépôts de cuivre étaient reconnus propres à copier des médailles, des bas-reliefs, et à servir de caractères pour rimpression. On imprima par ce procédé une lettre à un grand nombre d'exemplaires, et on la distribua publiquement. M. de Jacobi continua ses études ; le 12 octobre 1839, dans une lettre adressée à Faraday et publiée par l'Athaeneum, il décrivit les procédés galvanoplastiques et en proclama les avantages industriels. M. de Jacobi peut donc être considéré comme le principal inventeur de la galvanoplastie, c'est-à-dire deTart de déposer du cuivre sur des supports. — M. de la Rive recommença ses essais et parvint à déposer également l'or et l'argent. Son travail fut publié en 1840. On travaillait beaucoup et vite en ces temps-là. Les trois aimées 1838, 1839 et 1840 ont vu paraître au grand jour lès plus grandes découvertes modernes : la télégraphie électrique, la galvanoplastie, la dorure électrique, et le daguerréotype.

Le procédé tel qu'il était indiqué par M. de la Rive n'était pas industriel ; .M. Elkington, qui depuis longtemps travaillait à ces recherches, trouva dos procédés véritablement pratiques pour le dépôt de l'or : ce sont ceux qu'on emploie encore aujourd'hui. 11 prit des brevets et les transmit en France à M. Christofle, dont l'établissement est devenu célèbre.

Ce que M. Elkington fit pour For, M. de Ruolz le fit en même temps pour l'argent, et prit aussi des brevets.

D'autres inyenteurs ont surgi, et, à leur suite, sont survenus des procès où ont comparu, comme experts, de célèbres savants, depuis M. Becquerel jusqu'à H. Ras- | pail. En somme, M. Elkington, inventeur de la dorure, \ et M. de Ruolz, inventeur de l'argenture, transmirent i leurs brevets à M. Chris tofle, qui organisa immédiate- j ment ses vastes usines; depuis ce temps, les brevets sont, pour la plupart, tombés dans le domaine public.

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