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PRÉPARATION DES PIÈCES

La dorure électro-chimique est l'art de recouvrir d'une couche d'or des objets de différentes formes, au moyen du courant électrique. Cette définition qu'on donne ordinairement, soulève des réclamations à cause du mot art y que certaines personnes voudraient réserver pour d'autres circonstances ; mais cette difficulté ne doit pas nous arrêter. On dépose cette couche par une série d'opérations qui peuvent se grouper en trois ou quatre manipulations principales. La première est la préparation des pièces : c'est aussi la plus importante, car tout le succès des opérations suivantes dépend de cet apprêt. Comme on peut dorer divers métaux, il y a différentes manières de préparer les pièces.

Les objets sortant des mains du fabricant et du ciseleur sont toujours recouverts d'une légère couche grasse qui empêcherait Tadhérence de Tor. On se propose donc de décaper ces objets, c'est-à-dire d'en rendre la surface entièrement homogène et dans un état physique convenable.

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Quand Tobjet est en bronze, on le recuit sur* un feu de mottes en le faisant rougir ; quand il est en laiton, comme on ne pourrait, sans altérer profondément la matière, le chauffer à une haute température, on le décrasse en le lavant dans une lessive concentrée de soude. Mais si la recuisson ou la lessive alcaline enlève la matière grasse, elle laisse toujours une mince couche d'oxyde, et c'est pour enlever celle-ci qu'on déroche les pièces. On les porte dans un bain acide chaud pour les petites, froid pour les grandes; on les suspend par de grands crochets en cuivre, emmanchés de bois pour éviter le contact des mains; puis on les laisse là un certain temps, jusqu'à ce qu'elles deviennent légèrement rougeâtres ; alors on les sort et on les lave en les brossant. Ce n*est pas tout encore, et la pratique, qui est encore le meilleur guide, a montré que les objets ainsi préparés ne sont pas parfaitement prêts à être dorés.

On achève donc leur préparation dans deux bains de décapage, fortement acides, dont le second, qui s'appelle bain de blanchiment^ attaque vivement le métal. On opère très-vite et on lave à grande eau, puis on les sèche à la sciure chaude, et on les porte immédiatement à la dorure. C'est ainsi que 1 on prépare les objets de bronze ou de laiton.

Lorsque les pièces sont en maillechort, en fer ou en zinc, on commence par les décrasser dans un bain de soude ; puis on les soumet au potiçage^ ce qui se fait en les frottant sous un filet d'eau, avec de la ponce réduite en poudre et une brosse très-roide en soie de sanglier, montée sur un tour rapide. Si les pièces sont trop délicates, ou trop volumineuses pour être ainsi portées

no L'ÉLECTRICITÉ.

sons le tour, on les frotte à la main avec des brosses appropriées. Enfin les objets sont séchés à la sciure de bois et portés à la dorure.

Pour l'argent, les opérations sont les mêmes que pour le fer et le zinc ; seulement avant le ponçage la pièce est blanchie : on la recuit au rouge, et on la trempe vivement dans un bain légèrement acide. La surface sort de là avec un mat très-blanc, ' la dorure qu'on applique ensuite est très-belle.

Le plus souvent ces diverses opérations, surtout celle du ponçage, sont faites par des femmes. On leur met les pièces entre les mains, et de temps eu temps un ouvrier passe, qui porte les objets achevés à la dorure. Mais il faut éviter avec un soin extrême de toucher avec les mains les pièces déjà décapées. A ce moment, elles sont très-sensibles, la surface est parfaitement nette, et les pores en sont ouverts tout prêts à recevoir, à humer pour ainsi dire, le dépôt, dont l'adhérence sera complète avec ces précautions.

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