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DIVERSES REPRODUCTIONS

Le principal intérêt de la galvanoplastie est de reproduire avec une fidélité scrupuleuse le moule sur lequel

se fait le dépôt, quelque finesse ou quelque vigueur qu'aient les différentes parties de l'objet, quelque déliée qu'en soient les traits; aussi emploie-t-on aujourd'hui très-souvent ce procédé, soit que Ton veuille avoir le double d'un objet en cuivre, en argent ou en or, soit qu'on désire le reproduire plusieurs fois. Les méthodes galvanoplastiques s'appliquent à tout. On a un dépôt qui est comme un métal coulé à froid, c'est-à-dire débarrassé du retrait, du recuit, de la trempe, de la liqualion, phénomènes qui accompagnent toujours plus ou moins complètement le coulage à chaud ordinaire.

Si le moule est en relief, le dépôt sera en creux ; mais sur cette première reproduction on pourra dresser de nouveaux moules pour avoir l'objet en relief. 11 ne faut pas oublier que la principale condition du succès est de faire de bons moules, et que si le premier a le plus léger défaut, ceux que l'on construira sur le premier dépôt, produiront le môme défaut, agrandi peut-être par les diverses manipulations. Aussi, toutes les fois qu'on peut plonger Tobjet lui-même dans le bain, c'est le moyen le plus sûr d'éviter toute imperfection. Si Ton veut, par exemple, reproduire le cachet d'une lettre, on fait chauffer un petit fil de métal que l'on applique sur la cire à une partie inutile ; puis on métallisé la surface du cachet, sans oubHer le point d'attache, et on plonge le tout dans le bain. Le dépôt se forme. On sépare ensuite le cachet de sa reproduction, et l'on a en creux l'imitation parfaite du relief. C'est, dit-on, le moyen dont autrefois se sont servis des agents chargés de décacheter les lettres suspectes pour en prendre connaissance. Une fois lues, les lettres étaient

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recachetées avec l'empreinte galvanique, et il ne restait aucune trace visible de celte violation du secret des correspondances.

Le plus ordinairement, on prend les moules des objets, et on opère comme il a été dit précédemment. Quand ce sont des modèles plats, des médailles, des basreliefs, on les suspend au milieu du bain, de manière qu'ils soient couchés horizontalement et non pas debout. Si les bas-reliefs ont de grandes dimensions et présentent de fortes saillies, on fait en sorte que le fil positif envoie des ramifications dans les creux ; ou bien encore on termine ce pôle par une plaque métallique reproduisant grossièrement la forme de l'objet, et placée vis-à-vis. Sans cette précaution, il pourrait arriver que le courant électrique ne passât point par les points éloignés, et que ceux-ci ne fussent recouverts que par une épaisseur très-faible. C'est ainsi qu'ont été obtenus les bas-reliefs du piédestal de la statue de Gutenberg, à Strasbourg.

C'est aussi par ce procédé qu'ont été reproduits les bas-reliefs de la colonne Trajane. Au mois de juillet 1864, ces bas-reliefs obtenus en cuivre galvanique furent déposés dans les salles du rez-de chaussée du Louvre, pour y être exposés en permanence. Ce précieux* travail, sorti de l'usine électro-mélallurgique de M. Oudry, à Auteuil, près de Paris, a été exécuté sur des plâtres envoyés directement de Rome et moulés sur la colonne elle-même en 1861 et 1862. Déjà plusieurs fois, et notamment sous les règnes de François P' et de Louis XIV, on avait essayé de transporter en France ces bas-reliefs, dont l'intérêt est inappréciable. Lors de la

foodation de Técale française à Rome, on se fit enToycr des plâtres incomplets qui restèrent au château de Fontainebleau et s'y détruisirent peu à peu. La Convention voulut transporter la colonne elle-même et jm orner la place Vendôme. Aucun de ces projets n'avait réussi : le succès était réservé à notre temps. C'est sur les cuivres galvaniques eux-mêmes que M. W. Frochner a expliqué complètement ces sculptures romaines. Depuis, ces étudesetces explications ont été publiées, et la gravure a reproduit les bas-reliefs presque complets de la colonne Trajane. C'est ainsi que, grâce à la galvanoplastie, Thistoire romaine des Antonins a été tout à coup éclairée d'un jour nouveau. Il était à peine besoin de cet exemple pour faire comprendre que toutes les sciences et tous les aris sont intéressés au développement de la science de Tclectrieité. •

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