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FABRICATION DES CANDÉLABRES

Des 1865, on comptait à Paris environ 30,000 becs de gaz, donnant une lumière équivalente à celle de 500,000 bougies. Il y a cent ans, la capitale de la France pétait éclairée que par 6,000 lanternes à chandelles, dont M. de Sartine avait doté la ville en 1765.

La facilité prodigieuse avec laquelle on fabrique les candélabres a certainement beaucoup contribué à Taccroissement de leur nombre : ils sont en fonte, recouverts de cuivre galvanique, et c'est là le principal travail de l'usine de M. Oudry, à Auteuil.

CUIVRAGE GALVAMULE. 52r»

Un candélabre est formé de deux parties, le pied et la tige ; la lanterne est Fabriquée à part. Les pièces en fonte, portées à Tusine, sont vemies avec un mélange de substances résineuses. Ce yernissagc est une heureuse invention de M. Oudry lui-même. Le cuivre n'adhérait pas sur les pièces de fer ; de plus, le * bain galvanoplastique est toujours fortement acide, et il attaque violemment le fer, le corrode et le rend impropre à tous usages. Quand il fallait cuivrer une pièce de fer, on était obligé de la plonger dans un bain de cyanure, ce qui augmente considérablement le prix de revient.

Le vernis de M. Oudry rend le dépôt cuivreux adbérent à la fonte. Cette adhérence se conserve assez longtemps; mais, après quelques années, soit par suite des secousses auxquelles les candélabres sont exposés, soit par suite de la rouille du fer inlérieur, le cuivre se détache tout d^une pièce : Tàme intérieure en fonte est alors recouverte d'une gaine de cuivre, qui ne la touche plus, ne la préserve plus de l'action de l'air bumide, et n'est plus soutenue comme par un support. Aussi les candélabres sonnent-ils creux et deviennent-ils rapidement hors d'usage. On les enlève alors pour les reporter à l'usine.

Les pièces de fonte, étant vernies, n'ont plus besoin d'être décapées; aussitôt que l'enduit est sec, on le recouvre encore d'une couche de plombagine et on porte la pièce dans le bain de sulfate de cuivre ordinaire. — Chez M. Oudry, ce Hquide est placé dans de grandes cuves, où l'on opère sur plusieurs pièces à la fois. On pose les sacs de sulfate d'un côté de chaque

candélalïro, et de l'autre les vases poreux contenant le zinc et Tacide.

Le cuivre se dépose lentement, et Tépaisseur augmente de plus en plus. Au bout d'une huitaine de jours, on a obtenu une couche de 1 à 2 millimètres d'épaisseur. On enlève alors les deux parties du candélabre et on les passe séparément au bronzage.

Le bronzage de toutes les pièces en cuivre galvani- (jue a jiour. but de les préserver du vert-de-gris, et de leur donner un aspect agréable. Exposé à Tair humide, le cuivre se couvre d'une rouille verte; sans parler des dangers que présente ce poison exposé publiquemoit, on doit tenir compte de l'aspect repoussant que prennent les objets, devenus rouges ou verdâtres par places. Ausû on bronze toutes les pièces en cuivre, quelles qu'dlei soient, statues, candélabres, bas-reliefs, etc. Cette opé* ration consiste à frotter la surface cuivreuse avec une huile contenant une substance particulière, jaunâtre et à odeur repoussante, que les chimistes appellent le sulfhydratc d'ammoniaque; elle a la propriété de déterminer un composé de cuivre très-adhérent à la surface et complètement inaltérable à l'air.

On passe donc plusieurs couches de bronzage sur kl candélabres, et on leur donne la couleur qu'ils ont ordinairement, au lieu de les laisser rouges, comme Test le cuivre galvanique. Les candélabres sont alors achevés, il ne reste plus qu'à réunir les pièces séparées, à les maintenir par une forte soudure, et à les poser dans Paris en surmontant chaque tige de sa lanterne. Ainsi fait, un candélabre coûte environ 220 francs. La grande économie provient surtout de ce que les ornements et

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les ciselures sur le moule en fonte n'ont pas besoin d'être travaillés avec autant de soin qu'on le faisait auparavant. En se recouvrant d'une couche épaisse de cuivre, les moulures s'adoucissent et perdent leurs roideurs et leurs irrégularités. Un candélabre dure en moyenne dix ans.

Le cuivre galvanique est très-pur et très-beau. Aussi M. Oudry en a-t-il proGté pour faire diverses applications de ce métal. Outre le débit de fragments ou de limaille de cuivre rouge qui se fait à l'usine même, il s'est mis à vendre des couleurs très-belles et très-vives, où entre le cuivre galvanique, et qui sont complètement inaltérables. Elles ne ternissent pas, ne se détruisent que très-difficilement, résistent à Tair, à l'eau, à tous les agents de destruction connus. On s'en ^rt pour les constructions. Le cuivre qui entre dans ces compositions est donné par la galvanoplastie en lames plus ou moins épaisses, puis réduit en poudre impalpable dans rintérieur de Tusine même. Les ouvriers qui font ce travail sont exposés à respirer des poussières métalliques vénéneuses; aussi, ont-ils la tête recouverte d'un linge et ne pénètrent-ils que masqués dans la pièce où est pulvérisé le métal.

Toute pièce de fer, ou d'autre métal, peut être recouverte d'une couche épaisse de cuivre. Des statues, de grands vases, des bas-reliefs sont faits tout d'une pièce. Les fontaines qui décorent la place de la Concorde à Paris sont un exemple de ce procédé : ce travail gigantesque a été la première œuvre capitale de Tusine de M. Oudry. Les différentes parties de fonte furent recouvertes d'une épaisse couche de cuivre, puis elles furent

bronzées et assemblées. Depuis plus de huit années, le "cuivre ou le fer n'ont subi aucune altération. — La fontaine de la place Louvois est encore une des œuvres delà galvanoplastie, et est due au même industriel.

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