‹ L'électricité, notions et applications usuellesChapitre 10 sur 62 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

Ces effets sont ceux qui se produisent sur le corps de rhomme et des animaux.

Commotion électrique. — Quand on approche le doigt d'une machine en activité ou d'un électrophore chargé, on ressent un faible picotement si l'étincelle est petite ; si elle est plus forte, on éprouve une secousse dans les articulations de la main et du bras.

Une bouteille de Ltyde, un peu grande et fortement chargée, donne une commotion violente et douloureuse; elle tue facilement de petits animaux. Une batterie d'un certain nombre de jarres de grandes dimensions occasionnerait des accidents graves et même mortels.

Tabouret isolant. — En isolant une personne sur un tabouret à pieds de verre et en lui faisant toucher le conducteur d'une machine, qu'on met ensuite en activité, le corps de cette personne s'électrise; ses cheveux se hérissent, ils sont attirés par tout objet qu'on en approche ; dans l'obscurité, au moindre mouvement de la tcie, il-, laissent échapper de petites étincelles. La personne clcctrîsée n'éprouve pas de sensation bien définie, mah si on

r du doigt, une étincelle Jaillit et elle ressent

Chaîne électrique. — Si plusieurs personnes font la' chaîne en se tenant la main et que la première saisisse une bouteille de Leyde par l'armature extérieure, toutes les autres ressentent une secousse en même temps et avec la même force dès que la dernière touche le crochet de la bouteille. Cependant, si le nombre des personnes qui forment la chaîne est considérable, celles du centre n'éprouvent plus qu'une commotion affaiblie, la décharge s'ecoulant en grande partie dans le sol par l'intermédiaire du corps des cxpérimentaleurs avant de parvenir au milieu de la chaîne.

Carreau fulminant. — L'expérience du carreau fulminant peut être rangée parmi celles qui produiseot des 'effets amusants. Le carreau fulminant n'est autre chose ' qu'un condensateur formé de deux feuilles d'étain, collées sur les faces opposées d'une plaque de verre, entourée d'un cadre en bois. On place une pièce de monnaie sur la face supérieure que l'on met ensuite en contact avec unej machine électrique, tandis que la face inférieure commflS nique avec le sol par une petite bande d'étain aboutissant '\ à un anneau auquel est fixée une chaîne métallique. Le condensateur une fois charge, si l'on essaie d'enlever la pièce de monnaie, on reçoit, chaque fois qu'on la touche^ une décharge qui empêche de la saisir.

ErfETS LUM

Étincelle électrique. — Quand on place à quelqt^ ^mètres d'une machine électrique en activité un corB

aÉcHAniics f:i.ectriqi rs 5;

avec le sol, on obiieni une série d'étincelles blanches reciilignes formant un jei continu tig. 47) et produisant un bruit semblable au di^chirement d'une étoffe.

En éloignant le forps conducteur, rctincelle prend une

:ant des ramiHcations divergentes

. 4S;. En augmentant encore la dis

, les ciincelles

deviennent plus rares et plus fones; le sillon lumineux qu'elles tracent dans l'air a la forme d'un zigzag 'fig. 49,'.

Ces phénomènes prennent une inicnsité lumineutc coR' C sidérable quand on opère dans l'ob^furit^. Dm« ce> CfM^ Editions, des aigrettes brillantes s'échappem de U mtehitut duisant un bruissement particulier.

ar une

p osatm

Œuf électrique. — On obtient d'autres effets lumineux à l'aide de l'œuf électrique, des tubes et des carreaux étincelanis.

On appelle œuf électrique un vase ellipsoïdal en verre, fermé de chaque bout par l douille métallique et reposai sur un pied (fig. 5o}. ChâT fermeture est traversée par B tige terminée en boule térieur. Une ouverture, munie d'un robinet, pratiquée dans le pied, permet de raréfier l'air contenu dans l'œuf. En mettant une boule en communication avec le sol, l'autre avec la machine électrique, on voit, à chaque décharge, des bandes pourpres apparaître entre les boules. La boule positive émet des rayons divergents, la boule négative et sa tige sont enveloppées d'une lueur violette. En raréfiant l'air davantage, l^t»

— Œuf cictituim:. bandes se rapprochent; en J

vide presque complet, on a une gerbe *0' nt les boules.

Tubes de Geissler. — Les tubes de Gcisslcr (fig. 5i t 52), ainsi appelés du nom de leur inventeur, sont basés s le même principe que l'œuf électrique : la raréfaction fl gaz ou des vapeurs. Les formes de ces tubes sont très 1 riées. On y fait le vide partiellement aprcs les avoir r

EFKErS DKS DÈCHABOES ELECTRIQUES 3g

plis d'un gaz ou d'une vapeur et on les ferme â la lampe. Des iils de platine soudés dans k verre aux esire'mités du

lube permeitent d'y faire passer reiincelle. La lumière quî

se produit alors au passage de retincelle change de teinte avec la nature du gaz. Elle est bleuâtre dans l'air, bleue dans l'azote, rouge dans l'hydrogène, verte dans l'acide carbonique. Elle suit tous les contours du tube, ce qui per-

met d'obtenir les desseins les plus varies. Il se produit

dans ces tubes des raies ou stries très brillantes, séparées

par des bandes obscures, auxquelles on peut donner une

I grande variiîlé de formes, de couleurs et d'cclai aussi bien

I.par la construction des appareils que par la nature C es gaz ei leur degrii de raréfaction.

La figure Sa montre les stries produites dans un tube de Geissicr, rempli d'acide carbonique rarcfié.

Pour faire les expériences à l'aide des tubes de Geissler, on se sert d'un support représenté dans la même figure.

Tube étlncelant. — Le tube étincelant (fig. 53} est un tube de verre, fermé des deur bouts par une douille métallique, à l'intérieur duquel sont collés en spirales de petits losanges de clinquant ou d'éiain, disposés de manière à avoir leurs pointes en regard.

En mettant les extrémités métalliques du tube en communication, l'une avec la machine, l'autre avec le sol, une spirale brillanie, formée d'une succession d'étincelles qui jaillissent entre les pointes des losanges d'étain, apparaît dans le tube.

Cloche étincelante. — Une cloc verre, préparée de la même manière, coa; siltue la cloche étincelante (fig. 54).

Fio. S3,-T«b

Carreau étincelant. — Le carreau étiit I celant (fig, 55) consiste en une plaque rectangulairt verre sur laquelle sont collées des bandes d'étain formai I une série ininterrompue de lignes parallèles et rapprochées [Sur le carreau ainsi préparé, on a enlevé l'étain, au moyeï [■ d'une pointe, en traçant un dessin. Une des exire

EFFETS DICS DECHABGKS ELrCTRFQlES 6l

la bande d'étaîn est mise en communicaiion avei: la machine et l'autre extrémité avec le sol ; dès que la machine

fonctionne, des étincelles jaillissent entre les intervalles trace's par la pointe et reproduisent le dessin en traîis

Carreau magique. — Dans le carreau magique (fig. 5tî),

Fio. 56. — Carreau roogîqut,

^£e ne sont plus des bandes d'étain sur lesquelles

t tracé, mais une simple feuille d'etain collée 's face du verre. Deux pointes méialliques en relaiion, ■ l'une avec la machine, l'autre avec le sol sont placées à certaine distance Tune de l'autre, au-dessus de la feuille d'étain. Dès que la machine est mise en mouvË-^ ment, il jaillit entre ces deux pointes une se'rie d'étincellM formant à la surface de la feuille d'etain des lueurs vive et irrégulières qui changent de place à chaque instant.

KKFETS CALORIFIQUES

Ëchauffement des fils métalliques. — Quand la d^ charge d'uni; batterie traverse un fil métallique, l'échauffé et, s'il est assez fin, elle le fond et le volatiliij En se servant pour cette expérience d'un fil de soie dorîi sa surface, la décharge laisse la soie intacte et volatilis qui se trouve réduit en fine poussière noire.

Portrait de Franklin. -^ C'est sur l'observation J fait de la volatilisation d'un fil métallique qu'est ban

l'expéi

du portrait de Franklin. Le portrait est fl

dans une feuille de carton munie d'appendices B B n(fîg. 57). On place sur ce carton une feuille d'or maintient en appliquant sur elle deux autres feuilles ton A A'. Le carton est alors disposé sur un tissu e blanche et le tout est serre' entre deux plan- ; à l'aide de deux e'crous. En faisant passer une déau moyen des deux appendices B B' qui servent iducteurs, l'or est volatilisé et la poussière noire, t à travers les découpures du carton, reproduit le it sur la soie.

ammation de Téther. — Des corps combustibles

le l'alcool, l'éther, le fulmi-coton, la poudre, peu-

tre enflammés par l'étincelle électrique.

fig. 58 montre la disposition employée pour enflam-

e l'éther.

entonnoir en verre A est fermé par un bouchon a,

traversé par une tige métallique.

Celle-ci est terminée d'un bout par une boule b et de l'autre par un crochet c. A ce dernier peut être attachée une chaîne métallique destinée à établir la communication avec le sol. On verse de l'éther dans l'entonnoir de manière à recouvrir la boule b. On approche ensuite l'appareil de l'extrémité d du conducteur d'une machine électrique en mouvement; une étincelle jaillit à travers le liquide entre les boules J et ^ et détermine l'in-

— Inflammation de . t ^ •

léther. flammation de l'éther. L'étmcelle

lurrait être produite également par la décharge d'une bouteille de Leyde. Dans ce cas, la chaîne métallique serait mise en communication avec l'armature exte'rieure de la bouteille et la houle b avec le crochet nu armature inié-

Thermomètre âeKlniiersley.

désigné sous le

- Cet appareil ifig. 5g), ;i de thermomètre, bien qu'il ne puisse en aucune manière servir à mesurer la icmpéraiure, se compose de deui tubes D B verticaux et parallèles, en communication par leurs extrémités inférieures. Une lige métallique, terminée par une boule a, est fixée au bas du gros tube D et une seconde tige semblable, terminée également pour une boule b, peut glisser à frot- Tcmenî dans la garniture de cuivre d qui ferme hermétiquement le tube D.

Pour montrer l'action de l'étincelle avec cet appareil, on dévisse la garniture d et on verse de l'eau dans le lube D jusqu'à ce que son niveau arrive un peu au-dessous de la boule a; on ferme alors l'orifice supérieur du tube D, puis on met le pied A en communication avec l'armature ; d'une bouteille de Leyde et on touche la boule c avec le crochet de la bouteille; l'étincelle jaillit entre les boules b\a, l'eau refoulée en partie dans le tube B, s'élève dans ce dernier. On explique ce fait en admettant que l'air contenu dans le tube D s'est échauffé par le passage

Fie. Sg. ■

de l'fitinceUe, que, par suite, ils'estdîktéet « refoule I'csb; mais comme en même temps un ébranlement dans U C(^ lonne d'air s'est produit, cène action s'aîonte à U précédente pour refouler l'eau. Il y a donc k la fob action calorifique et action mécanique.

Torpille électrlqiie. — La torpille électrique (lig. 6o; est destinée à montrer les effets brisants produira par U vaporisation instantanée d'un SI métallique; ce» efleu sont comparables à ceux des poudres fulminantes.

L'appareil se compose d'un vase V, rempli d'cao, sur les

Fie. 6». — Torpille atatv\m€.

fcds duquel s'appuie une pièce d'ébonîte B, serrant

I support à deux tiges métalliques T T', dont les exirc-

Ëlés inférieures, plongeant dans le liquide, sont reliées

L'ÉLEcm/c/rt' '

66 l'électricité ^M

par un fil de fer F de 2 à 3 cemimètres de longueur! et de i/i5 à i/io de millimètre de diamètre.

Si l'on fait passer dans le fil F la décharge d'une batterie de six grandes jarres, ce fil est fondu et la formation de la vapeur, au moment de la fusion, est si rapide qu'il y a une ve'ritable explosion : le vase V est brisé. Le niveau de l'eau n'éprouve pas d'élévation sensible ; elle n'a pas le temps de se produire. C'est ce qui détermine la rupture du vase dont les débris tombent dans le récipient R.

L'expérience est d'ailleurs sans danger. M. C.-M. Guillemin, à qui elle est due, en comparait les effets à ceux d'une torpille de guerre.

EFFETS UÉCANIQUES ^^H

Les effets mécaniques résultent de l'ébranlement produit par les décharges dans les corps solides, liquides ou gazeux. Cet ébranlement est d'autant plus considérable que les corps sont moins conducteurs.

Action des décharges sur les corps solides . — Pour expérimenter sur des corps solides on les place sur un support isolant et on se sert de l'excitateur universel. Les branches de l'excitateur étant reliées par un fil métallique, l'une avec l'armature extérieure, l'autre avec l'armature intérieure d'une batterie électrique, les boules des extrémités sont rapprochées et une étincelle éclate en traversant les corps interposés entre elles sur le support.

Une petite décharge peut casser un morceau de sucre; une décharge puissante fait voler eu éclats un morceau de bois.

Perce-carte et perce-verre. — Dans le perce-carte y

(iig. 6i

, un canon est placé, à l'aide d'un support isolant.

entre deux pointes métalliques. On fait passer la décharge d'une bouteille de Leyde ' entre ces deux pointes en touchant la boule du sommet de l'appareil avec le crochet de la bouteille ei en faisant I Il III communiquer la pointe i

^L I ^^^^^^L inférieure h l'aide d'une J

^V J^^^^^^Pl chaîne métallique avec ]

^^ ^^^^^^Ê m l'armature extérieure. Le ]

™ — «^ — M cartonestpercéd'untrou j

^^^^^^^^^^^^^^^^^^ par l'étincelle qui le ira-

^H' B a p Dans le perce-verrv, ^

^V la feuille de canon est J

^^remplacée par une lame de verre; mais, dans ce cas, il faut 1

avoir recours à la décharge d'une batterie électrique asseji 1

puissante.

Mortier électrique. — Le mortier électrique (fig. 62) montre également l'action mécanique de l'étînceUe, Le mortier est en ivoire.

Deux tiges métalliques permeiieni â l'étincelle d'éclater dans la caviié audessous de la bille qui est alors lancée hors de l'ouverture tant, par suiicdc

.^^^^^^__ l'ébranlement de l'air, que par l'cJfct

[Fis. 63. - Meniu de sa dilatation. On obtient une proïiecirique. jection plus Considérable en mci-

it au fond du mortier quelques gouttes d'éther qui «e

vaporisem instantanément sous l'action de l'étincelle. On

peui également employer un fragment de coton-poudre.

C'est donc h la fois un effet me'canique et un effet calorî-

6qua.

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