‹ L'Électro-Choc dans les États ConfusionnelsChapitre 11 sur 25 · MON · texte numérisé non relu

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Le choc électrique présente sur le choc cardiazolique de nombreux avantages. Ses applications sont plus étendues, puisque ses contre-indications sont plus restreintes. On peut l’appliquer à des malades débiles hyperthermiques. La méthode est facile à employer. Elle n’oblige à prendre aucune précaution spéciale. Le malade n’a pas besoin d'être à jeun, l'appareil est maniable et peut être transporté. Il permet un traitement ambulatoire.

Surtout, l'Electro-choc supprime cette période d angoisse parfois intolérable, d’anxiété effroyable, caractérisée par une sensation de douleur généralisée très violente, de mort imminente, qui s’étend entre l'in, jection intraveineuse et le début de la perte de connaissance au cours de la cardiazolthérapie. Cette anxiété est encore accrue si l’accès ne se déclanche pas. 6

L’Electro-choc, par la perte de connaissance immédiate qu'il entraîne, n’est, en général, l’objet d'aucune appréhension, et ce fait a une répercussion pratique de grande valeur : le malade ne présente aucune résistance au traitement.

Tous ces avantages font que le choc électrique a maintenant complètement remplacé le choc cardiazolique en thérapeutique psychiatriqué.

Nous allons voir que la confusion mentale a largement bénéficié de cette substitution.

Confusion mentale et Électro-choc dans la littérature. 3

Dans la littérature, assez abondante déjà, parue au sujet du traitement de la confusion mentale par l’Electro-choc, les succès constants sont signalés, mais on ne trouve pas nettement exprimée la constatation de l’action de l’Electro-choc sur chacun des éléments du syndrome confusionnel.

D'autre part, les auteurs excluent les malades présentant un état toxi-infectieux aigu : ils attendent toujours, pour appliquer le traitement, la sédation des signes généraux, et ne parlent pas de l’action si favorable, si nette et si précoce de l’Electro-choc sur la température et sur l’azotémie.

En 1941, MM. Lapipe et Rondepierre citent trois cas de confusion mentale traités par l’Electro-choc ; ils ont obtenu deux guérisons ; le troisième malade, encore en traitement, est déjà amélioré. Ils notent une guérison rapide dès le troisième choc, mais soulignent la nécessité de prolonger la cure. L'état général s’améliore en même temps que l’état mental.

Quelques mois plus tard, MM. Leulier, Leclercq et

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Casalis rapportent la guérison d'une confusion mentale datant de cinq mois. Il y eut en tout 14 Electrochocs, mais dès le deuxième, la rémission était apparemment complète. Le traitement fut poursuivi et la malade sortie complètement remise.

Ces auteurs soulignent que la rémission esten effet très souvent rapide et que cette rapidité ne paraît pas avoir de rapport avec l’ancienneté de la maladie. Mais, que la rémission soit rapide ou non, le traitement ne peut être arrêté dès son apparition : un certain nombre de chocs est nécessaire pour assurer un résultat durable. |

MM. Balvet, Chaurand et Tosquellès ont traité deux cas de confusion mentale évoluant depuis moins d’un an : ils ont obtenu deux guérisons.

En principe, ils font deux séances d’Electro-choc par semaine ; toutefois, chez une de leur malade confuse, ils ont employé le rythme d’une séance quotidienne pendant trois jours.

Chez les agités, ils emploient l'Electro-choc comme traitement symptomatique et le suspendent dès le calme rétabli. à

Sur les 340 malades traités par l'Electro-choc à l'Hôpital psychiatrique de La Manouba, MM. Mareschal, Ben Soltane et Corcos citent quatre états confusionnels. [ls obtinrent deux. guérisons et deux améliorations, dont une très sensible.

Ils rapportent également l’observation d’une malade confuse et enceinte a qui, en novembre 1941, ils appliquèrent un traitement par l’Electro-choc. Cette ma-

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lade, âgée de 25 ans, à hérédité vésanique, enceinte de huit mois, présentait, au point de vue mental, une agitation confusionnelle forcenée et, au point de vue obstétrical, une présentation en transverse avec bassin juste. Une première séance d’Electro-choc fut pratiquée et détermina après la crise une série de cinq contractions utérines séparées par des pauses de deux minutes et demie. À la suite de ces contractions, la présentation s’engagea en siège. Trois jours plus tard, une deuxième séance déclencha des contractions de même nature, qui aboutirent au travail et à l’expulsion, un mois avant terme, d’un enfant viable.

Cette observation montre que la grossesse n’est pas une contre-indication à l’Electro-choc et que les états confusionnels de la puerpéralité sont donc facilement curables par la convulsivothérapie électrique.

En 1942, MM. A. et M. Porot, Bardenat, Sutter, Léonardou et Kammerer, considérant les statistiques des services psychiatriques d’Algérie, relèvent trois confusions mentales ayant subi 22 chocs au total et qui aboutirent à trois guérisons.

Ils déclarent que les états confusionnels primitifs ou toxi-infectieux bénéficient largement de la thérapeutique par l’Electro-choc. Ils ajoutent avoir remarqué cet effet dans les associations en des formules confuso-maniaques ou confuso-mélancoliques.

Mais ils distinguent une heure propice pour appliquer le traitement : d’après eux, on ne doit recourir à l’Electro-choc que lorsque l’organisme du malade

a dépouillé les signes généraux qui trahissent sa souf-

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france physique ou infectieuse (fièvre, infection causale, troubles humoraux profonds).

Le Professeur P. Delmas-Marsalet place en tête des indications majeures de l’Electro-choc, avec les psychoses de chocs apparaissant chez des sujets indemnes de toute altération de la constitution mentale et de toute tendance maniaco-dépressive, et avec les premiers accès maniaco-dépressifs, les confusions mentales, dont il présente 3 succès sur 3 cas. Chaque malade a eu de 2 à 8 Electro-chocs. Dans une de ces confusions, dont l’origine infectieuse n’était pas douteuse, l’Electro-choc employé précocement a paru augmenter cette confusion ; il n’est devenu efficace qu'à une période plus tardive correspondant à la phase réversible des troubles liés à la toxi-infection. D'autre part, une confusion mentale de choc a été au contraire améliorée dès le début.

Mais, de la comparaison de ces deux observations, Delmas-Marsalet conclut, lui aussi, qu'il semble que l'Electro-choc ne doive pas être employé trop précocement lorsque la confusion dépend de causes toxiques.

Plus loin, il écrit qu'il y a lieu de noter que l'Electro-choc peut donner des améliorations dissociées (disparition de l’anxiété, persistance de soucis hypocondriaques, disparition des hallucinations, persistance du délire).

M. M. Tison, exposant ses résultats, remarque que ce traitement est bien accepté dans l’ensemble. Les malades ont peu d'appréhension. Il les examine sur— tout au point de vue cardiovasculaire.

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Le nombre de chocs est variable. L'amélioration survenant d'habitude dès les premiers chocs, au 4€ le plus souvent, il est arrivé à l’auteur de s’en tenir là, l’heureux résultat ainsi obtenu se maintenant et même s’accentuant. Dans certains cas, il fit des chocs d'entretien plus espacés.

Il note l’avantage de pouvoir y soumettre des malades externes.

Il met le point sur l’action remarquable de l’Electro-choc dans les états confusionnels. [l'insiste sur le fait que la méthode de Cerletti n’agit pas seulement sur les Confusions mentales pures, mais qu’elle peut encore jouer le rôle d’analyseur chez les malades complexes, dans le tableau clinique desquels divers facteurs pathologiques semblent intervenir conjointement.

Avec Léon Michaux, il rapporte l’observation d’une confusion mentale apparue après une crise épileptique prolongée un mois et guérie rapidement après quelques séances d’Electro-choc. L’action favorable du traitement électrique fut rapide et assez tranchée pour exclure une coïncidence. Les délais d’efficience furent ceux qu’on observe dans la grande majorité des cas de confusion mentale, quelle qu’en soit la cause : c’est après la 4€ séance que l'amélioration se dessina nettement.

La confusion épileptique semble donc se comporter devant le traitement électrique comme les autres confusions. S’il est intéressant de voir une méthode épileptogène guérir un état apparu après des crises

H. Dubois 3

a épileptiques, la modalité banale de la rétrocession des troubles ne paraît pas de nature à éclairer les

rapports réciproques des accidents convulsifs et A réactionnels. | Quant à l'influence du traitement sur les crises __ convulsives, si celles-ci ne sont pas réapparues, le- « caractère récent de leur apparition comme de leur 5 Ra disparition, dans l'observation de Michaux et Tison, ne permet aucune conclusion.

. 55 En fait, il semble bien que l’Electro-choc n'ait auÿ | cune influence ni sur l’épilepsie elle-même, ni sur la fréquence de ses accidents paroxystiques." j M. E. Martimor, lui aussi, exclue du traitement par Si l’Electro-choc les malades présentant un état toxiinfectieux aigu. À __- Parmiles 4o femmes soumises à la convulsivo- ES thérapie électrique dans son service de l'hôpital de

la Maison-Blanche, il a relevé 4 guérisons durables. comprenant :

Le. deux cas de confusion avec état stuporeux, semi- L\ 5 mutisme, refus partiel d'aliments, désorientation, 210) aspect égaré, idées délirantes à teinte mélancolique, Di et deux états d’agitation d'aspect schizoïde avec JR éléments confusionnels importants.

À à Ia obtenu 26 rémissions passagères ou rémissions K à plus ou moins marquées. Il s'agissait de malades “ ne présentant (sauf 2), au milieu de syndromes divers pe, . (bouffées délirantes, états schizophréniques) ‘des élé- Pr ments confusionnels indéniables et qui, en général, + ci dominaient la scène.

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