SENTIR
à la suite du traitement physique. Toutefois, il n’in-
siste guère sur ce traitement moral.
Philippe Chaslin fixe définitivement la place de la confusion mentale dans la nosologie.
Dans son traitement, il n’emploie plus les sétons et vésicatoires.
Pour exciter le malade, il prescrit des bains sinapisés chauds. Si la température est intense, bains froids ou draps mouillés.
Surtout, il faut suralimenter le patient qui est maintenu au lit.
L’insomnie et l'agitation sont traités par les bains froids.
L'hypothèse d’une auto-intoxication justifie l’emploi des antiseptiques intestinaux.
Pendant la convalescence, massages, bon régime alimentaire, surveillance de l’époque des règles dans la crainte d’une rechute, précautions nécessitées par l’état de faiblesse du système nerveux.
Surtout, Chaslin insiste beaucoup plus que Sarize sur le traitement moral ; il en précise les règles qu'il recommande de suivre à la lettre. Ce traitement moral est impossible dans la période d’acuité de la maladie ; il faut l’appliquer dans la période de déclin. Il consiste en l’activation des opérations cérébrales, en la remise du malade au travail sans le fatiguer. La présence des parents est salutaire, et l’on doit s’efforcer de renvoyer le convalescent chez lui, si possible.
Plus tard, en 18671, Robertson rapporte la façon
dont il traita un cas de stupeur. On y relève pour la
Vo
première fois l'usage de l'électricité, mais cette élec-
trothérapie n’était qu’un adjuvant.
Il plaçait sur le crâne de son patient un bonnet rempli d’eau chaude tous les jours pendant une heure.
Pendant la première demi-heure, la température était
de 439 à 460, puis graduellement abaïssée, puis remplacée durant vingt minutes par de l’eau glacée. A cela étaient joints des frictions sur tout le corps, le massage, et à partir du deuxième mois, l'électricité sous forme de courant continu de 2 à 4 milliampères, le pôle positif placé à l'extrémité inférieure de lacolonne vertébrale, le pôle négatif étant promené lentement autour de la tête.
En ce qui concerne le cas particulier du délire aigu,
Carrier, en 1901, arrivant à la conclusion qu'il s’agit
là d’une maladie toxi-infectieuse, la traite comme
telle.
Est-ce une infection : il faut s'opposer à l’évolution des microbes pathogènes.
Est-ce une intoxication : il faut PURE Pélimination des toxines nocives.
Et il pratique : lavage d'estomac, lavage de l’organisme, hypodermoclyses, saignée simple ou suivie de lavage de sang, diète lactée, irrigations froides, bains froids.
Vers la même époque, Régis, à Bordeaux, préconise la ponction lombaire, qui décomprime les centres nerveux.
Mais, depuis une vingtaine d'années, l’arsenal thérapeutique des affections mentales s’est enrichi