Symbole de la régénération éternelle
D’après une sculpture érotico-grotesque, trouvé dans une caverne sacrée dans l’ Ile d’ Eleplianta près de Bombay.
la conception qu’on doit se faire des origines de la caricature — on la considérait comme un indispensable adjuvant.
On croyait au merveilleux; et le principe générateur ne pouvait être représenté que sous des espèces surnaturelles, tout puissant et dominant le monde. Pour y arriver, on fut conduit (en des figurations toutes superficielles et où l’on faisait abstraction du sens profond des choses) à exagérer et à donner des variantes grossières des attributs par quoi se révèle ce principe générateur. Ainsi, peu à peu, Adonis se mua en Priape. Mieux encore: le phallus, symbole de la virilité, devint un Etre, vivant d’une existence propre, une créature d’apparence humaine; après l’avoir fait homme, on le fit dieu, et un dieu qui invariablement se présentait aux regards des mortels dans un appareil d’orgueilleuse et puissante exaltation. Et cependant que tout favorisait cette déification fondamentale, on en venait à créer subsidiairement cette infinité d’images érotico-grotesques dont la variété, si elle ne nous inculque pas à nous autres modernes l’extase religieuse, ne nous en laisse pas moins émerveillés.
Tout ce qui précède s’applique à tous les peuples qui divinisèrent le principe de la virilité. Bâal-Phegor, la principale divinité des Madianites que les Juifs — après Moïse — adorèrent eux-mêmes un certain temps, était représenté tantôt sous les espèces d’un Phallus colossal, tantôt comme une forme humaine avec la tunique
Fuchs Ed.: L’élément érotique dans la caricature.