‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 16 sur 109 · Lampe phallique · texte numérisé non relu

Lampe phallique

trouvée en 1843 dans les feuilles faites à Londres.

divers degrés de l’existence, enfance, puberté, maturité et vieillesse. Le sens symbolique de cette sculpture est, à notre avis, très simple à comprendre: il n’est point d’âge, en la vie de la femme, où ne triomphe l’élément mâle; mais sa victoire est la plus complète, la plus tangible, en la jeune fille et la femme adulte, et c’est pourquoi c’est spécialement sur les organes qui les symbolisent, que le vautour a posé ses serres irrémédiables. On sait, au surplus que dans la symbolique païenne, le triomphe s’exprime par des clochettes, et justement on les trouve au cou de notre oiseau phallique (PI. 17).

C’est une conception tout opposée que symbolise le bas relief trouvé également à Nîmes, en 1825, et que nous reproduisons en la P. 25. Il représente le triomphe de la femme qui s’y affirme dominatrice des trois âges du mâle. Elle émeut l’adolescence, elle courbe à son désir tout puissant l’organe viril de l’homme adulte, et il n’est pas jusqu’à la vieillesse à qui elle n’impose sa volonté. Le culte du Phallus devait être tout particulièrement en honneur dans l’antique Numance; car on y a recueilli d’innombrables figures phalliques, au cours des fouilles exécutées au théâtre antique, et aussi dans des édifices privés. A en juger d’après leurs attributs principaux, les artisans qui créèrent ces images décernaient volontiers à leur dieu toutes les vertus, en particulier la force du lion et la rapidité de l’aigle. Cette rapidité lui sert à s’envoler d’un seul élan au royaume de Vénus, et cette force il l’emploie à rendre éclatante toute victoire. C’est pourquoi on voit des phallus représentés sous forme de lions ailés (PI. 21). Ce lion priapique est muni de pattes et de serres, pour exprimer qu’il déchire, lacère, brise, violente. Toutefois tout en lui est force créatrice, car tout y est phallus, ce dont on peut se convaincre en regardant la terre cuite trouvée à York, en Angleterre (fig. 19). Très souvent Mercure est caricaturé sous ces espèces, car nul n’ignore que ce dieu fut le proxénète officiel de l’Olympe: Jupiter ne manquait jamais de recourir à ses bons services, au cours d’entreprises galantes.

Telle la caricature de la Fig. 20. Cet objet grotesque servit jadis de lampe. L’huile en est aujourd’hui épuisée, mais non le sel.

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