Pierre gravée satirique ayant pour sujet César
,,des Monuments de la vie privée de XII Césars “.
défunt produisit à toutes ses périodes aura été mis à contribution par les archéologues. Une telle œuvre, d’ailleurs, réclame un artisan avisé, hardi, et ne craignant, pas de nommer les choses par leur nom; et tout historien qui, en ces matières, essaiera de procéder par à peu près, échouera infailliblement.
Le moyen âge.
Aucune manière de concevoir le moyen-âge n’est plus erronée que celle de nos immédiats aïeux, qui se le dépeignirent tout parfumé de sainteté et de décence. Au contraire, plus nous nous figurerons la vie du moyen âge comme licencieuse et tout à fait éffrénée, plus nous nous rapprocherons de la vérité historique.
C’est le champ de l’horizon intellectuel qui détermine — (cette loi se trouve d’une généralité absolue) — la multiplicité des préoccupations d’une époque; plus cet horizon est large, et plus les attraits de la vie s’augmentent; et inversement, plus cet horizon est rétréci plus se limitent les moyens de satisfaire ce besoin de vivre et de se répandre en énergie qui est le fond de la nature humaine. En une époque où la plupart des hommes ignoraient absolument, si, à cent lieues autour de leur village, c’était l’impénétrable forêt, la montagne ardue, ou le fleuve, et qui se représentaient le monde comme une vaste baraque, aux parois de planches, on ne pouvait, et nous l’avons abondamment établi dans notre avant-propos, appliquer son esprit qu’aux choses les plus proches et les plus tangibles, et, notamment, aux plaisirs de sens. Toute réjouissance, au moyen âge, ne signifie par conséquent qu’une sorte de lourd divertissement: c’est la satisfaction brutale et immédiate des instincts sexuels. En effet l’existence de tout homme, au moyen âge était régie par les règles et les lois les plus barbares. La lutte pour la vie était âpre, on n’avait à attendre nulle pitié ni miséricorde, on s’agitait au milieu d’une perpétuelle guerre au couteau. L’existence humaine n’avait qu’une valeur très relative: aujourd’hui vivant, demain enterré. Dans ses conceptions juridiques, et surtout dans l’art et la littérature, toute cette époque répand un souffle de rudesse, et, en ceci, il n’existe que peu de différence entre les diverses classes de la société, peu de nuances de goût entre les monuments sacrés ou profanes. En ce qui concerne les plaisirs de la table il y avait une extraordinaire unanimité au moyen âge: la devise de tous était: ,,tant qu’on peut et aussi longtemps qu’on peut11. Il n’était pas rare que des cérémonies de baptême ou de mariages durassent des semaines et même des mois. Des documents précis nous renseignent exactement sur les énormes quantités de nourriture et de boisson qui disparaissaient consommées durant de si énormes festivités! Les tables pliaient sous le poids des nourritures; l’estomac le plus endurant avait droit à l’admiration suprême; et jamais un festin n’était considéré comme terminé, si la majeure partie des convives n’avait roulé sous la table, dans l’ivresse