Jeux enfantins
Gravure galante.
Ainsi rimait François Piron. Et il n’exagérait certes pas. Il exprimait ici les sentiments de milliers de personnes. Le jeu de l’amour tournait au sport. Et, chacun souhaitant être maître dans ce sport, on s’y entraînait systématiquement. Voici ce que l’on trouve dans une autobiographie, parue en 1750, de la célèbre actrice Clairon dont les Goncourt ont dit qu’elle était la plus grande artiste amoureuse du XVI IL siècle.
„Pour me rendre digne de plaire, j’ornai mon esprit par des lectures instructives et amusantes, Brantôme et Aloisia l’embellirent de mille choses; les estampes fines qu’on y trouve, faisaient les délices de mes yeux, et j’attendais avec impatience le moment d’en réaliser les figures. “
Le sport mène au culte, et tout culte à mille autels où l’on lui sacrifie. A cette époque tous les sens furent élevés à la qualité, de ,, jouisseurs conscients11; chaque sens, vue, toucher, ouïe, odorat, goût, eut son culte particulier; et la grande déesse ,, Volupté11 n’en négligeait aucun pour son service. Toutes les parties du corps de la femme devinrent des fétiches: la main, le bras, le pied, le cou, le sein, et, surtout les voluptueux rivaux des seins: nous avons indiqué les charmes qui caractérisaient Vénus Callipyge. Sans doute ici, le XVIIIe n’innovait pas. La Renaissance l’avait devancé, et Brantôme dans ses »Dames galantes« a savamment et systématiquement dicsuté des appas du corps féminin; et, on le sait; Brantôme aime à être précis: les dimensions en longueur et en largeur sont, fort souvent envisagées, au cours de ses ,, études11 ou bien, par exemple, ne cherche-t-il pas à établir savamment ce qui est le plus voluptueusement doux: soit initier une