Le méfiant vieillard
Gravure galante.
vierge à l’amour, ou jouir d’une femme mariée, ou bien consoler une veuve. Il veut également savoir si la jouissance est plus grande de ,,regarder“ que de ,, toucher" etc. etc. . . .
Mais le XVIIIe siècle éliminait de la vie amoureuse toute la verdeur du temps passé, et marquait toutes choses du sceau indélébile de son libertinage. La conception du XVIIIe siècle est effroyable, tant au point de vue individuel que social. Certes, il faut reconnaître que ce n’est qu’une partie relativement minime du peuple français à qui incombe la responsabilité d’avoir crée cet abominable état de choses, que tout homme normal ne peut qu’abhorrer. Mais cette fraction était justement celle qui détenait l’autorité; c’est à dire, la haute noblesse, enrichie et soutenue par le Monarque, le haut clergé, la haute finance. Cela ne veut naturellement pas dire que le commun du peuple était demeuré exempt des vices de l’époque, et qu’il restait innocent et chaste. Sans parler de ce fait que Paris était devenu une véritable capitale de débauche, où le proxénétisme régnait en souverain, il faut dire qu’en province, des milliers de bonnes gens élevaient leurs filles dans la seule pensée d’en faire un gibier pour le Parc aux Cerfs de Louis XV.
La haute société, du haut en bas, n’était que corruption. Sauf Louis XVI, tous les rois de France du XV I Ie et du XV 1 1 Ie siècle ainsi que toute leur parenté plus ou moins proche, se distinguaient par les énormités de leurs débauches; nul homme ne fut plus dépravé que le Comte d’Artois devenu plus tard le pieux Charles X. Parmi les plus notoires de ces nobles débauchés du XVIIIe siècle il faut citer le duc
Les ci
Dessin satiricu-galant de Ramberg, peintre de i Cette aquarelle parue en 1820 est l’une des plul.
Supplément à L'élément érotique dans la caricaturée’ par Ed.Fuchs.
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our de Hanovre, dessiné et peint par l’artiste, innues et des plus remarquables de ce peintre.
Edition C W. Stem, Vienne. Impression privée.
de Chartres, le prince Charles de Bourbon-Condé, le prince Charles de Soubise, le duc de Richelieu, le duc de Fronsac, le prince de Coudé, le duc de Grammont, le duc de Lanzun, le prince de Lambesc, le prince de Guéménée. Ce ne sont que les plus illustres, parmi une pléiade innombrable, et on pourrait y joindre les noms de centaines de princes de l’église, d’archevêques, de cardinaux. L’argent était, dans cet ordre d’idées, représentée par ses plus notoires détenteurs. Les annales galantes du XVIIIe siècle, conservent les noms du banquier de la cour Nicolas Beaujon, du Contrôleur général des finances de Berlin, du partisan La Popelinière, et du fermier général Bouret.
Presque tous les libertins possédaient leur ,, petite maison11 où ils avaient installé à demeure leurs maîtresses et où, plusieurs fois par semaine, ils se livraient à l’orgie avec leurs amis intimes. Plusieurs de ces maisons de plaisir sont restées célèbres, par le raffinement voluptueux de leur installation. Tout ce que l’érotisme peut imaginer en complications heureuses s’y trouvait. Mais, si chaque libertin de marque possédait sa , .petite maison14 les plus notoires avaient, en outre, à leur solde des entremetteurs et des entremetteuses qui travaillaient exclusivement à servir le goût particulier du maître: vierges, enfants, danseuses, actrices chanteuses, blanchisseuses, filles ou femmes de bourgeoisie, on lui procurait ce qu’il voulait. On trouva chez la célèbre proxénète Gourdan, toute une liasse de lettres avant trait à son commerce, lettres, qui furent imprimées, au moment de la Révolution, et qui nous offrent un magnifique document touchant le libertinage du XVIIIe siècle. Citons par exemple l’épi tre suivante, d’un duc de C.. (Onti) datée du 8 Novembre 1775.
„J'ai rencontré hier matin une jolie fille; elle demeure rue Saint-Denis dans la maison où est la boutique de la balayeuse, au troisième, sur le devant. Elle s’appelle Joséphine, est orpheline et reste chez sa tante, ouvrière en linge; il y a vingt cinq louis pour vous si je puis l’avoir d’ici à huit jours. Une fille de cette espèce ne doit pas être difficile à séduire.
Un des caractères les plus brillants de cette époque, c’est que les femmes