‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 54 sur 109 · L’amour à l’épreuve · texte numérisé non relu

L’amour à l’épreuve

D’après un tableau de Boucher.

les apparences les plus innocentes: Ainsi, voyez cette belle qui contemple une rose, ce berger et cette bergère jouant à de paisibles jeux parmi leur troupeaux de moutons, se digne prêtre bénissant une chaste pénitente. Mais tout cet aspect biblique se modifie instantanément si on approche l’image de la lumière, ou si on

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impressionne le déclic du mécanisme secret. A la place de la Rose, parait, dans toute sa force ardente, un priape que la belle contemple avec un étonnement admiratif, les vêtements de nos bergers deviennent transparents, on s’aperçoit que leurs jeux sont de la dernière indécence; et voici que le geste de bénédiction du prêtre se mue en une caresse des plus osées dont il gratifie son ouaille. En somme, la plupart de ces jouets érotiques sont des railleries acerbes de la soi-disant innocence de la vie champêtre, du retour de la nature préconisé par Rousseau, et aussi de la prétendue chasteté des prêtres. Mais on se tromperai du tout au tout en voulant voir, dans ces productions la moindre velléité de satire des mœurs. Le sel attique n’y était qu’un moyen d’atteindre en variant le plus possible les effets, un but, toujours le même; c’est à dire de magnifier le libertinage et de chanter le triomphe de l’Erotisme et de la sensualité.

Allemagne. Les matériaux que nous a transmis, dans le domaine érotique, l’Absolutisme Allemand du XV 1 Ie et du XV 1 1 Ie siècle, sont incomparablement moins intéressants et moins copieux que ce qu’a produit, à ce point, le régime français. Ce phénomène ne provient pas du reste, d’un sentiment de pudeur et de chasteté qui eut été plus enraciné dans les âmes allemandes, que chez les Latins et qui eut préservé le peuple d’une chute trop absolue dans le libertinage; non; mais il faut se dire, qu’à proprement parler, l’Allemagne, vers le milieu du XVIIe siècle, consistait en une horde de quelques millions de loqueteux.

La culture allemande, depuis les jours fécondes et brillants de l’humanisme a eu à subir pour ainsi dire double mort. En effet, au XVe et au XVIe siècle cette culture florissait. La Science, les beaux-arts, la littérature, avaient pris un essort inconnu en Allemagne. Et pourtant tout cela fut tari, dès l’achèvement du XVIe siècle. Pourquoi? Ce n’était pas que deux siècles de développement intellectuel et moral eussent épuisé irrémédiablement les cerveaux allemands, et détruit leur force créatrice; mais il s’était produit une néfaste transformation sociale et politique: on avait trouvé le chemin de l’Inde occidentale, et par ce fait les principales voies commerciales de l’Allemagne, qui jusque là regorgeaient de convois de marchandises, étaient devenues désertes. En d’autres termes: le courant d’or, qui remplissait les caisses de bourgeois de Nürenberg, d’Augsbourg, d’Ulm, et d’autres grandes villes, avait, en l’espace de moins d’un siècle, absolument dévié. Le rôle que, au point de vue du commerce mondial, l’Allemagne jouait jusque-là, avait passé à l’Angleterre. L’Allemagne avait cessé d’être la Reine du Commerce, qui comblait en même temps de ses munificences la Science et l’Art. Telle fut la première mort de la culture Allemande. La seconde lui fut infligée par la guerre de Trente ans. L’Allemagne sortit de cette effroyable guerre, telle qu’une mendiante, déguenillée et qui n’avait même plus rien à se mettre sous la dent; les instinct du peuple, pendant la durée de cette guerre pleine de tueries et de crimes, s’étaient démunis des qualités que la civilisation leur avait inculqués, et étaient redevenus les plus barbares du monde.

Comment, en un tel instant, pouvait on parler de culture, ou de développement intellectuel? Sans compter qu’une renaissance prochaine était absolument impos-

Supplément à > L’élément érotique dans la caricature « par Ed. Fuchs. Edition C. IV. Stem, Vienne. Impression privée.

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Fuchs EU.: L’élément érotique dans la caricature.

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