‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 55 sur 109 · Caricature allemande sur le cocuage du XV Ile siècle · texte numérisé non relu

Caricature allemande sur le cocuage du XV Ile siècle

sible à espérer, car l’Absolutisme s’y opposait maintenant, de toute sa puissance coercitive. Et cet Absolutisme allemand se montrait un régime particulièrement avare, il s’arrangeait de force à partager le moindre écu qui entrait dans la poche du bourgeois, et encore de façon que ce dernier n’en gardât que la plus petite part.

Toutefois, si l’Absolutisme allemand, extérieurement, s’apparentait au régime équivalent en France, il ne reposait pas tout à fait sur les mêmes principes. La France, à cette époque, avait une industrie déjà florissante; tandis que l’Allemagne était très arriérée au point de vue industriel; du reste les moyens pécuniaires manquaient à l'Etat qui en était réduit, pour exécuter quelque travail important, à imiter, les

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chevaliers bandits de grands chemins, disant à chacun ,,La bourse ou la vie; et en tout cas partageons*1.

En ce qui concerne ses effets l’Absolutisme allemand ressemble aux autres. Ils ne varient que selon les différents niveaux intellectuels des peuples qui y sont soumis. C’est pourquoi tout en Allemagne était plus grossier, plus lourd, plus terre à terre. L’exemple le plus classique des conceptions allemandes au XVI Ie siècle touchant les choses de l’amour et de la galanterie, nous est fourni par les productions de l’école des poètes de Schleswig. Les œuvres de Hofmanswaldau et de Lohenstein sont pour tout lettré des monuments de vulgarité littéraire. Mais il

io4 ■ Caricature erotico-symbolique allemande. 1648.

serait érronnédecroire que ces deux auteurs constituent une exception; certainement non; leurs disciples leurs ressemblent en tous points; J. B. Gessel, qui écrivait sous le pseudonyme de Verimontani queranus, fit précéder son poème intitulé „Fricassée poétique1* de l’introduction suivante:

... Le cou, d’une blancheur de cygne, est la rue droite Qui nous montre la direction du Paradis;

Les mains, dont je traite aussi en ces lignes,

Sont très douces, plus douces qu’aucune soie.

Puis, qu’on se rende au Palais de la Volupté!

Quelques unes le livrent quand on les prend par la flatterie;

Il y a parfois lieu de s’en rendre maître par la violence.

Cette pièce est celle intitulée ,, Il était tout gélé, elle dût le réchauffer à sa fourrure**.

Comme tous mes membres sont quasi-gelés,

Laisse moi, Gerdiiis, me réchauffer à ta toison,

J’espère que je retrouverai de la chaleur En jouant quelques temps avec les mèches folles.

Je répondrai des forces (exauce ma prière)

Un doux nectar coulera qui sera ta récompense.

Et quelle joie, que les blanches sphères!

Qu’on joue délicieusement avec les seins délicats,

Qui sont comme des collines d’amour,

Tandis que l’amour coule dans les baisers.

Puis on arrive au lieu de toute joie,

Cependant il est encore un degré à franchir:

C’est le ventre lisse; puis vient l’étroite porte

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