S. AL Wild : Caricature sur la vanité des femmes
les murs des maisons de maîtresses ducales ou princières, qui furent détruites par les générations suivantes pas assez toutefois, pour qu’il en reste encore des spécimens probants. Les célèbres manufactures de porcelaine Allemande ont, dans le style rococo, produit de véritables chefs-d’œuvres, amulettes à sujets galants, groupes érotiques. Nous avons eu l’occasion de voir diverses pièces de ce genre dans une collection privée.
La licence des cours se repercutait naturellement dans les milieux bourgeois. Et c’est pourquoi il serait érroné de croire à la légende de cette soi-disant vertu où auraient vécu les braves bourgeois allemands de l’époque. Certes, il y avait dans cette société un fond de personnes chastes et vivant selon les principes de la décence; mais cela n’empêchait pas que la corruption ne se propageât dans toutes les catégories sociales et que la vie privée, publique, et politique ne s’en ressentit.
Chez le „ Vulgaire” qui se trouvait en dehors de cette atlnnosphère voluptueuse que répandait abondamment l’absolutisme, les joies érotiques n’avaient pas beaucoup variée depuis les temps rudes et du moyen-âge. Des centaines de documents littéraires sont là pour en témoigner dictons populaires, chansons, etc. etc. Voici une soi-disant chanson d’étudiant, qui date de la fin du XVI siècle (c’est un étudiant qui chante en jouant de la guitare sous les fenêtres de sa belle):
La fille s’éveilla bientôt, — Le jeu lui plaisait fort. — Elle ne réfléchit pas longtemps. — Et sans faire de bruit, — Fit entrer le jouvenceau, — Et le conduit et aussitôt — De ces mains blanches comme neige, — Dans sa chambre à coucher. — Eh bien cher étudiant! — Joue moi un air de ta guitare — ■ Afin que je reconnais e bien. - Que c’est toi que j’ai fait entrer. — Enfant, j’y consens. — Et je vais vous en jouer un — L'ui vous fera plaisir, — Et vous causera mainte joie. — Mais ne soyez pas cruelle, — Mes menbres sont gelés, — I aissez moi d’abord me réchauffer. — Dans l’étreinte de vos bras — L’enfant dit: Je ne demande pas mieux
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Caricature anglaise d’après Th. Rowlandso 0
Supplément à L’élément érotique dans la caricature « par Ed. Fuchs.
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Original au British Muséum de Londres.
Edition C. W. Slern, Vienne. Impression privée.
Fuchs Ed.: L’élément érotique dans la caricature.
iog. Caricature obscène sur la guerre de sept ans.
■ — ■ Bientôt il se trouve contre elle — Et il se réchauffe — dans l’étreinte de ses bras, — Et bientôt il lui fit entendre, — Un air de guitare — Qui fit rire la fille, — Car le jeu lui plaisait. — Ah, mon fier étudiant, — Que dirai-je de vous — Vous jouez de la guitare, — Selon tous nos désirs, — ■ Vous avez appris comme il faut, — L’art de pincer les cordes — Et quand cela s’enfonce bien profondément, — ■ Mon cœur est réjoui — Enfant, nous sommes tous comme cela; — Nous apprenons cela à fond — Et maintenant continuons à jouer, — De vos meilleurs morceaux — Il dit et il fut ainsi, — Selon sa méthode particulière — Il accomplit les plus beaux arpèges, — Les cordes vibraient — Et il fit mainte bonne chose, — Avant que le sommeil ne le prit.
Cette poésie populaire ne laisse rien à désirer sous le rapport de la clarté.
Rien de plus naturel que, après la guerre de Trente ans, la satire par la parole ou l’image, se manifestait en Allemagne de la façon la plus brutale. Elle ne pouvait qu’être fruste, âpre, lubrique, dédiée à l’obscène, l’art y mit souvent quelqu’adoucissement. La satire suivante intitulée ,,Des vices ordinaires des femmes11 qui date du début du XVIIIe siècle, est typique à cet égard:
Ils sont plus ardents que le feu de l’Etna Ils brûlent de jouir des voluptés suprêmes,
Dont leur cœur sensuel perpétuellement a besoin...
Elles exposent publiquement leurs seins,
Afin que leur chair tente les hommes, riches ou gueux Elles entrouvrent sans pudeur, ce qui voile leur trésor.
Afin de pouvoir avaler plus commodément le doux nectar de volupté.
C’est à cet endroit d’elle-même que Semiramis, femme plus que bestiale,
Offrit à l’ardeur d’un étalon affolé,
Pourquoi? C’est qu’un homme ne suffisait pas A remplir (O action infâme) les appétits de ce corps furieux.
A cette forme de satire littéraire si brutale et si dénuée de goût, correspondent des caricatures telles que celles que nous reproduisons ici, par exemple ,,Sur le cocuage“ fig. 102. ,,Si tu ne peux pas, pauvre coq, saillir convenablement une poule, ni jouer comme il faut de ton violon, je vais voir ce qu’un autre peut faire11 dit la légende.
A mesure que le Despotisme, avec le développement de la puissance des divers princes allemands, se montrait moins tolérant pour les écarts de langage, la résistance des esprits libres s’en trouvait stimulée, et cela favorisait le développement de la satire. Littérairement, c’était le choix d’un sobriquet burlesque, l’épigramme ou le précepte de vers ironiques dont on se servait le plus volontiers, graphiquement, c’était les médailles ironiques qui avaient le plus de succès vu la
facilité qu’on avait de les mettre en circulation et, au besoin, de les dissimuler. Comme les vices et les débordements des maîtresses princières étaient le point le plus saillant de la débauche contemporaine, les plus vives attaques étaient dirigées surtout de ce côté-là, et il va sans dire qu’elles apportaient toujours un caractère érotique. On s’efforçait d’être aussi cynique, et explicite que possible, ce qui n’était pas difficile, car on se dissimulait toujours dans ces occasions sous le voile de l’anonymat. Nous avons sous les yeux une de ces médailles ayant trait à la contesse Cosel, une des plus célèbres maîtresses d’Auguste le Fort. La monnaie est d’argent: elle est ornée, sur une de ses faces, de deux amours avec leur carquois vides, et sur l’autre, d’un coq possédant une poule. En exergue: Si tu ne veux pas être fidèle — parComplaisance. Ce qui veut dire que laComtesseCosel, alors qu’elle était l’épouse du comte d’Hoymb avait une si grande répugnance de son mari, qu’elle lui refusait l’exercice de ses droits conjugaux. Il lui eu faisait d’amers reproches; et comme il ne s’agissait pour lui que de jouir, que des charmes physiques de sa belle épouse, il insistait à l’aide de cet argument: quelle se laissât faire au moins par complaisance11. Ces détails furent connus plus tard. La médaille fut probablement frappée vers le temps où Auguste le Fort fit, de la comtesse Hoymb,