‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 61 sur 109 · James Gillray : Dido Forsaken · texte numérisé non relu

James Gillray : Dido Forsaken

Caricature sur Mrs. Fitzherbert.

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125. James Gillray: Caricature sur le duc de Clarence et sa maîtresse l’actrice Miss Dora Jordan (1791).

Mais cette licence effrénée se fondait, comme nous l’avons dit, sur la grande liberté civile dont on jouissait. Le droit le plus absolu à la liberté de pensée était acquis à tout le mode, cela paralysait toutes les influences nocives, et cela menait les peuples vers le discernement de ses besoins et à une belle maturité.

La forme est fonction du contenu. Par suite de cette loi, le rire satirique ne fut pas considéré, en Angleterre, comme un régal pour le palais d’un petit nombre de gourmets; mais comme un mets presqu’exclusivement populaire. Tandis qu’en France, au XVIIIe siècle, les limites de la caricature devenaient de plus en plus vagues, elles se précisaient de plus en plus en Angleterre. Depuis Hogarth jusqu’à Rowlandson, c’est à dire aux environs de l’an 1820, la caricature anglaise se montra invariablement en progrès.

La liberté civile, qui donnait le droit à la critique et en même temps à la satire, rendait la caricature personnelle.

Sans doute les caricatures sociales de Gillray sont remarquables à différents points de vue, mais Rowlandson lui est toutefois infiniment supérieur en cette matière. Du reste, dans le domaine de la caricature sociale en Angleterre, Rowlandson apparait comme unique et sans rival, et cela non seulement au siècle dernier, mais au XIXe même. Un Leech a pu être plus fécond, mais Rowlandson a un style d’une grandeur inégalable, et il personnifie une époque qui a modifié

126. James Gillray: Caricature sur le prince oj Wales et Mrs. Fitzherbert (1780).

profondément les destins de la société. Rowlandson fut le grand peintre de mœurs de l’Angleterre. Et comme il était poète et fabuliste, plutôt que simple commentateur de l’histoire quotidienne, c’était surtout les types qui l’interessaient, le symbole plutôt que la personne; pour ces raisons ses caricatures nécessitent beaucoup moins d’éclaircissements que celles de Gillray. La plupart de ses œuvres se comprennent sans commentaires, et même celles qui se rapportent à un fait déterminé, parlent suffisamment aux yeux, sans qu’on soit obligé de connaître l’histoire dont il s’agit.

Une gravure comme celle que nous reproduisons hors texte, et qui s’intitule ,,Exibition Stare Case“ peut être considérée comme un document de premier ordre pour l’histoire des mœurs, et montre bien comment Rowlandson utilisait l’érotique. Le sujet de cette planche est le suivant: Le roi Georges III avait fair édifier une Académie; un des escaliers de ce palais, qui menait vers les locaux d’Exposition, était d’une raideur désolante. La raideur de cet escalier fut cause très souvent, et surtout à des moments d’encombrements, d’accidents très comiques. Cette œuvre d’une bonne humeur vivifiante, n’a même pas besoin de cette explication pour être pleinement goûtée. Mais mis au courant du détail local et architectural, on se rend lieu compte que cet incident, qu’il transforme en un drame grotesque, n’est qu’un prétexte pour Rowlandson, de montrer le plus possible de nudités, seins et cuisses à l’air, belles filles culbutées, et exhibant abondamment leurs charmes callipyges. Et les détentrices de tous ces charmes révélés sont toutes sans excep-

127. James Gillray; Présentation oî the Mohametan Credentionals — or the final resource of Franch Atheists.

Caricature sur la sympathie de Fox pour la révolution française ( 1793 ).

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