‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 70 sur 109 · Vivan-Denon: De M'œuvre priapique · texte numérisé non relu

Vivan-Denon: De M'œuvre priapique

jusqu’au petit in-octavo, c’est à dire que chaque image était regravée par plusieurs artistes.

Les caricatures de caractère général, c’est-à-dire qui ne visaient pas une personne déterminée, étaient les plus nombreuses. Un motif qui fut souvent traité, sous la révolution, est la pluie d’or de Danaë. La source qu’arrose cette bienfaisante pluie se dévine aisément. Un phallus colossal sort des nuages, Danaë, étendue, présente son giron avide de volupté à la manne céleste.

Une forme très usitée de la caricature érotique, était la représentation de têtes et de types composées de figures obscènes, pareille à la caricature de l’époque de l’évêque Giovio, que nous avons citée au cours de notre étude sur la Renaissance. On appelait cela ,, portraits d’après nature1' (fig. 149). On en faisait principalement usage dans la caricature directement personnelle. Ainsi, on visait souvent Louis XVI, le comte d’Artois, le duc d’Orléans, Mirabeau, Danton etc.

Les jouets érotiques de l’Ancien régime, les images à tiroir, les cartes transparentes etc., ont du êtres jetées en masse sur le marché, du temps de la Révolution, mais en même temps que la grâce mièvre du temps du rococo en avait disparu, le caractère satirique en était accentué. Deux exemples suffiront à bien caractériser ce genre. On voit par exemple un moine agenouillé sur une route, devant un calvaire; il prie; mais si on a l’idée de placer ce dessin devant une bougie, on s’aperçoit qu’une jeune et jolie religieuse présente au moine son arrière train, en guise de prie dieu. Inutile d’ajouter que la nonne est abondamment retroussée. Une autre image transparente montre un moine en train de bénir ses ouailles; interposée entre l’œil et la lumière, cette image, par contre, nous fait voir que le dit moine étend ses mains sur une jeune femme, toute pénétrée de componction et à qui il présente une nudité de taille considérable. Tout est dans le même style.

Si, à peu d’exceptions près, ces caricatures érotiques n’avaient aucune valeur artistique on ne peut pas dire cependant que la note artistique manquait totalement. L’Orgie érotique que nous reproduisons hors texte, en est un témoignage probant. L’original en est un tableau de grandes dimensions dont l’auteur nous est inconnu. On doit également accorder une valeur artistique à ,, l’Oeuvre priapique" de Vivan Denon, ouvrage paru vers 1793. Denon était peintre de la cour de Louis XVI, la République en avait fait le directeur des collections artistiques nationales, et plus tard Napoléon lui accorda le titre d’inspecteur Général des musées impériaux, chargé principalement de rechercher dans les pays conquis les trésors artistiques

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