‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 72 sur 109 · Ma Constitution · texte numérisé non relu

Ma Constitution

Caricature française sur Marie Antoinette et sur l’influence politique de Lafayette (1790).

berg est noblement étendu dans un fossé, et démontre à une nymphe, qui du reste trouve l’expérience trop sèche, la physique expérimentale. Le chaste Kastner, avec ses chausses déboutonnées trainant sur ses mollets poursuit une belle, et lui crie: ,, Daphné, Daphné, ne fuis pas un Apollon!" Plus loin le bon Biester montre à l’élégant Gedike, ce que c’est que l’amour Grec. Ici l’aveugle Ebeling butte sur une taupinière, et tombe le nez en plein sur la partie antérieure dénudée du modeste Kampe, lequel est occupé à donner, de bons conseils à une chère fille. Un serpent, la queue de la perruque d’un prêtre, surgit de l’herbe, tandis que sa main hardie de la belle habitude à tirer le rideau de l’éternité (voir la vignette du titre de son ouvrage sur les mœurs en usage des gens de tout état) s’occupe au maniement de tous autres voiles. Le sage Klockenberg, au pied d’une colline, fait les plus grands progrès au point de vue de la connaissance des mystères de la police des bordels; le chef d’armées Nicolaï, qui sait tout, qui sait tout mieux que vous, et sait tout le mieux du monde, discourt sur les joies de l’amour, plaint les pucerons qui doivent y renoncer, envie les crustacés qui jouissent doublement. Les nymphes du bocage, qui l’entourent, trouvent enfin le dos, en riant à ce puceron, et courent vers les crustacés Trapp et Roye qui disparaissent avec elles sous un ombrage propice. Monsieur Liserin verse un flot de douceur sur une jeune et jolie juive, à qui il propose le mariage à condition qu’elle change de religion. Le petit et pétillant Mauvillon est assis, fatigué de ses triomphes, sur la robe d’une de ses ennemies vaincues, et respire de bonnes odeurs."

C’est de cette manière répugnante que se combattent les adversaires littéraires et politiques à la fin du XVIIIe siècle. Le plus intéressant de la chose est le nom de son auteur: il s’appelait Kotzebue.

Ce pamphlet est encore intéressant en ce sens qu’il montre d’où la nation allemande avait à revenir. Naturellement il faut dire que les classiques eux-mêmes ne se privaient pas de brutalité, lorsqu’il fallait parer quelqu’attaque. Lorsqu’en 1775 Nicolaï eut essayé de parodier le Werther de Goethe dans son pamphlet

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