‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 86 sur 109 · Caricature allemande sur l'impératrice Eugénie · texte numérisé non relu

Caricature allemande sur l'impératrice Eugénie

La conversation galante du temps montre jusqu’à quel point l’érotisme avait envahi les mœurs de la société. Voici ce qu’on nous rapporte de piquant langage de la belle comtesse de Castiglione, la favorite si aimée de Napoléon III.

„La conversation de la comtesse est vive et légère; on peut lui dire des choses graveleuses et elle ne fait point la prude. Vimercaté ne s’est point gêné pour lui faire entendre les polissonneries les plus fortes; ainsi, comme elle mangeait un bonbon à la fleur d’orange, et qu’elle en aspirait la liqueur sucrée en le tenant serré entre ses lèvres „aimez vous sucer, comtesse?" lui a-t-il dit. La Castiglione lui la répondu: „A sucer quoi?"... puis, elle a ri d’une petite façon égrillarde fort réjouissante...

Cela touche presque aux cyniques polissonneries de barrières.

Deux sortes de faits démontrent nettement la corruption publique le caractère général de la littérature et les extravagances éhontées qui se donnaient libre cours dans les casinos et salles de danse. Cette littérature ,,de cocottes1* mettait toute sa fantaisie au service de la perversion, dans le particulier et le public. Il importe de citer, comme spécimens probants les innombrables , .dictionnaires érotiques** apparus cette époque, et parmi ces derniers, le célèbre ,, Dictionnaire érotique moderne** d’Alfred Delvau, dont la première édition date de 1864, et qui, dès sa seconde édition, ne comportait pas moins de 402 pages, avec 1500 termes obscènes, soigneusement commentés. Citons, pour donner une idée de cet ouvrage, les trois explications suivantes, prises au hasard à la lettre:

Abandonner (s’), Se livrer complètement à un homme; lui ouvrir bras et cuisses, lui laisser faire tout ce que lui conseillent son amour et sa lubricité.

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