‹ L'Elevage de la race bovine flamande dans le Pas-de-CalaisChapitre 11 sur 27 · APTITUDE A LA VIANDE ET AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

APTITUDE A LA VIANDE ET AU TRAVAIL

Améliorer le rendement laitier et beurrier est actuellement l’unique préoccupation des éleveurs. Ceci s’explique d’ailleurs par les nombreuses demandes en produits laitiers qu’ils reçoivent, et par l’importance plus grande de leurs bénéfices.

Mais, il ne faut pas oublier que toutes les bêtes bovines finissent leur carrière à l’abattoir et que les laitières médiocres, sur le point d’être sacrifiées, doivent produire de la viande. A ce propos, voyons de quel rapport peuvent être éventuellement nos vaches flamandes. Cette race, éminemment riche de lait et de beurre, sera-t-elle aussi riche de muscle ? Il est assez difficile maintenant de se rendre compte de ses possibilités car les sujets flamands se font rares dans les grands concours d'animaux gras. Mais des résultats qui nous parviennent du siècle dernier permettent de leur attribuer, en boucherie, un rendement de 61 à 62 % ; ceci, grâce à la finesse du cuir, au volume réduit des organes digestifs et au moindre développement du squelette. À ce rendement élevé s'ajoute une qualité de viande exquise : « Si la bonne bête de boucherie est longue et onéreuse à produire dans la race flamande, Ja délicatesse et la saveur de sa chair n’ont jamais été dépassées. »

On a remarqué enfin, chez les jeunes sujets une certaine précocité, qualité dominante pour des animaux à l’engraissement. En la constatant, BAUDEMENT (1855)

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avait conseillé aux éleveurs d'améliorer le format de leurs bêtes. Mais, depuis, la spécialisation laitière l’a emporté. Autrefois, certains propriétaires d’exploitations petites ou moyennes ne possédaient que des vaches bonnes à réformer mais qui donnaient encore un peu de lait; celles-ci étaient engraissées, prenaient du poids et de la qualité et la petite production laitière s’ajoutait au bénéfice de l’opération. Mais, cette pratique n’existe plus guère dans le Pas-de-Calais. Seules, les vaches dont la lactation est épuisée-ou celles qui sont accidentées sont engraissées. D’autre part, les bœufs de travail ont disparu et sur le marché d’Arras les bouchers ne trouvent plus que des Nivernais et surtout des Normands.

Parmi les génisses, certaines figurèrent, il y a six ans, au palmarès du Concours des Animaux gras de Paris. Maïs, actuellement, seuls, les veaux sont encore préparés pour être livrés, vers l’âge de trois mois, à la consommation.

En résumé, les efforts des éleveurs n’ont guère été orientés pour la production de la viande, et, par conséquent, on ne connaît pas exactement les limites des possibilités de la race Flamande dans ce domaine. Par suite de la concentration de l’activité vitale sur la mamelle, la musculature s’est affaiblie, notamment dans la région fessière. Nos animaux manquent de culotte. Ce défaut de puissance se fait également sentir au point de vue dynamique. Pourtant, les bovins flamands furent aussi employés, autrefois, à la traction. Peu de temps avant guerre, des bœufs et des vaches du Pas-de-Calais tiraient encore la charrue. Mais, l’amélioration du rendement laitier et beurrier a fait abandonner ce mode de service. En effet, les fatigues auxquelles sont soumises les vaches attelées ne sont guère compatibles avec une forte production laitière. D’autre part, cette spécialisation a entraîné un affaiblissement des muscles et aussi une réduction de la charpente osseuse ; elle a transformé la peau qui est plus fine, les membres qui sont plus grêles. Bref, elle a rendu les animaux inaptes au travail.

Ces observations montrent qu’il n’y a pas eu chez nous association dans l’exploitation de ces diverses ap-

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titudes de la race flamande. Les éleveurs ont délaissé la notion d'équilibre physiologique pour améliorer leurs sujets dans le sens de la production laitière. Certes, les résultats obienus sont briilants, mais il ne faut pas exagérer quand même la réduction du format. Les lignes suivantes constituent, à ce propos, un sérieux avertissement : « Dans l'Aisne, la race flamande diminue en effectif, peut être à cause de son plus petit format, son peu d’aptiltude à l’engraissement et peut-être sa moindre résistance aux maladies contagieuses. » (RATINEAU).

Nous ne manquerons pas de revenir sur cette constatation dans le prochain chapitre sur lPamélioration de la race.

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