HYGIÈNE DE L'ALIMENTATION
L'intérêt de l’agriculteur est toujours de nourrir suffisamment son bétail. Or, si on veut alimenter convenablement les fortes laitières, c’est à dire leur faire donner le maximum, il faut aussi éviter de gaspiller la nourriture. C’est pourquoi, dans tous les cas, il convient de veiller à faire une ration hygiénique, répondant aux besoins énergétiques, ni trop, ni trop peu volumineuse et la plus économique possible.
Dans l’alimentation du bétail, on comprend une ration d’entretien et une ration de production. La pre-
mière entretient la chaleur animale, assure les fonctions vitales du corps et répare les tissus. Certains cultivateurs, quand leurs vaches en gestation ne donnent plus de lait, abandonnent aussitôt les suppléments de nourriture. Ceci ne va pas sans un affaiblissement des animaux qui ne peuvent ainsi ni réparer leurs tissus, ni fournir au fœtus les éléments indispensables à sa constitution. C’est pourquoi ces animaux doivent, au contraire, accumuler des réserves qui conserveront leur vitalité et permettront à leur capacité laitière de se manifester au maximum durant la période suivante de lactation. D’autre part, la vache laitière en production, soumise seulement à la ration d’entretien, maigrira et ne donnera que fort peu de lait. Si le propriétaire veut apporter les matériaux nécessaires à un grand rendement, il devra ajouter la ration dite de production. C’est ici qu'interviennent les équivalents fourragers ou unités fourragères, dont le nombre a été fixé par l'expérience ; on s’est basé sur lé poids et l’intensité de la production pour les calculer et indiquer les quantités de matières azotées, de substances minérales, de vitamines nécessaires. Des tables donnent pour chaque espèce, selon la nature de la production, la solution du problème du rationnement. Il est évident qu’il faut s’inspirer aussi des ressources locales pour constituer cette ration riche dont le prix de revient doit être aussi peu élevé que possible. ; Pour les régions pauvres en sels minéraux, nous avons recommandé précédemment le chaulage et le phosphatage des terres. En effet, les apports de chaux, d’engrais phosphatés et surtout parmi ces derniers de scories de déphosphoration modifient heureusement la composition chimique de l’herbe. Le fer, indispensable aux vaches en gestation, pourra leur être apporté en boisson, sous forme d’eau rouillée. Enfin, la privation de sel (chlorure de sodium) peut produire au bout d’un, temps plus ou moins long l’apparition de troubles digestifs et nerveux. Pour éviter ces désordres organiques on a recommandé de mettre constamment à la disposition de nos animaux un mélange d’une partie de sel et quatre parties de
poudre d’os. Il n’est pas mauvais, en outre, de donner des aliments réputés riches soit en phosphore, soit en chaux ou possédant les deux éléments à la fois : foins de graminées et de légumineuses, graines et farines de céréales, tourteaux d’arachide et de lin, jeunes herbes de prairies, lait. Tous ces produits sont excellents et doivent être utilisés pour les vaches laitières et pour les veaux. Malheureusement, il est pénible de constater que le plus complet, le plus nutritif d’entre eux, le lait, est retiré beaucoup trop tôt de l’alimentation du jeune. A peine âgés de quelques semaines, les élèves ne reçoivent plus que du lait écrémé doux, c’est à dire un produit qui a perdu sa matière grasse, ses vitamines, ses ferments, ce qui explique leur fragilité. C’est pourquoi nos éleveurs doivent introduire peu à peu dans la nourriture des veaux les aliments énumérés plus haut : les farineux, les tourteaux, l'huile de foie de morue, les sels minéraux sont des produits très nutritifs. Nous citerons aussi les ferments lactiques recommandés par M. Neuville et dont l’addition à la nourriture donne d'excellents résultats.
Bref, cette alimentation substantielle et bien choisie doit être à la base de tout élevage bien compris. C’est le meilleur agent de la robustesse des animaux. Mais il ne faut pas oublier non plus les exigences réclamées par l’hygiène des étables.
L’'HYGIÈNE DES ETABLES
Il est indispensable, en effet, qu’un bétail suffisamment alimenté soit convenablement abrité à partir du mois de Novembre, quand la saison du pâturage est terminée. Nos vaches, éprouvées déjà par les gestations répétées et les lactations prolongées, deviendront un terrain très favorable au développement des maladies contagieuses, si on ne prend pas, à leur égard, les plus sérieuses précautions sanitaires. « La maladie est rare sur les animaux de l’espèce bovine qui vivent en liberté. Dès que l’homme intervient pour abriter les animaux, les abreuver en commun, la tuberculose est plus fréquente. » Une lutte continuelle doit être soutenue contre
Ps Le
cette maladie et aussi contre les mammites, les entérites, la fièvre aphteuse et les maladies fébriles.
L'Orientation de l’étable a son importance. Il faut éviter à nos pensionnaires l’action des vents trop froids, les effets de la chaleur. L’orientation à l’ouest semble donc la meilleure. Les portes et les fenêtres, tout en provoquant l’aération, devront éclairer largement le local. Le rendement laitier dépend beaucoup, en effet, de la ventilation. Pour bien produire, la laitière doit bien respirer. Les étables aux dimensions trop petites, où l’air manque, sont la principale cause de la propagation des maladies contagieuses et, surtout, de la tuberculose dans notre cheptel. La vache qui doit avoir un grand rendement, mange beaucoup et fournit un gros travail d’assimilation. Certains déchets sont éliminés par l'intestin, d’autres sont déversés dans le sang où ils seront brûlés et éliminés sous forme d’acide carbonique au niveau des poumons. C’est pourquoi l’oxygène doit être abondant dans l’étable, et, par conséquent, Pair fréquemment renouvelé. Mais, cette aération doit être lente et continue. Il faudra éviter une ventilation trop forte et les courants d’air. Selon les règles de l'hygiène et de l’économie, une vache, doit disposer, au minimum, de quinze mètres cubes d’air, qu’elle pourra élever à une température convenable par la chaleur qu’elle dégage. Pour éviter les pertes de calories et la pénétration de l’air froid, il importe d’utiliser des matériaux mauvais conducteurs. Quant à la clarté du local, des expériences très nettes ont prouvé qu’elle était nécessaire à une bonne laitière. Un éclairage judicieux « peut faire gagner un à trois litres de lait par tête et par jour. » Les éleveurs doivent connaître le rôle favorable que le soleil exerce sur les êtres vivants. En même temps qu’il lutte contre la tuberculose, contre le rachitisme, il favorise la digestion, l’assimilation, et, par conséquent, la production. Il faut le laisser pénétrer dans nos étables presque toutes obscures, en agrandissant les fenêtres. Certains éleveurs cherchent aussi pour leurs bêtes un milieu humide. Il ne faut pas d’excès dans ce sens, car, si un état hygrométrique, indiquant une certaine teneur