‹ L'Elevage de la race bovine flamande dans le Pas-de-CalaisChapitre 18 sur 27 · EE | ER · texte numérisé non relu

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duction laitière parmi les vaches de la deuxième section. En outre, elle a donné en 1933 : 6.459 kilos de lait et 262 kilos de beurre pour une lactation de 300 jours. Cocotte, du même élevage, a fourni en 277 jours 5.124 kilos de lait et 239 kilos de beurre.

D’autres expériences ont été faites — sur des sujets de race normande toutefois — et M. LEROY en rendit compte dans un exposé qu’il fit à Lille au mois de février 1928. Les particularités de conformation supposées en relation avec la productivité laitière furent systématiquement déterminées et mesurées sur 90 vaches normandes soumises depuis 1923 au contrôle laitier et beurrier, organisé par l'Office départemental agricole de Seine-et- Oise. « La surface de section en arrière des coudes et la longueur de la queue paraissent varier dans le même sens que la quantité de lait secrété. De la première de ces constatations on peut conclure qu’une poitrine bien développée peut s’allier à une capacité laitière élevée. Il est donc nécessaire de rechercher à l’avenir un juste équilibre entre le volume de la mamelle, de la cage thoracique et aussi de l’appareil digestif si on ne veut pas affaiblir l’organisme, l’intoxiquer et provoquer ainsi l’usure de nos laitières. Certains éleveurs, d’ailleurs, ont compris ce danger. MM. NaANTois et JESSENNE donnent des exemples de l’effort produit pour l’amélioration des femelles. Quant aux mâles, il n’est que de regarder le taureau Montebello X, de l'élevage de M. Henri JESSENNE, de Baudricourt, (P.-de-C.) pour juger de leurs qualités celui-ci ne présente pas les formes du pur-sang, la sveltesse et la légèreté du « type laitier ». L’harmonie de ses lignes apparaît dans sa gorge bien dégagée, sa poitrine profonde, son bassin large, ses articulations solides, sa fesse rectiligne et bien descendue. « On saisit, à le contempler, le bel avenir réservé à la race bovine flamande si chacun, dans sa sphère, veut se mettre de la partie pour amener à bonne fin son amélioration » (NEUVILLE). Les avis éclairés ne manquent pas et les remèdes sont simples si on veut vraiment ramener le cheptel flamand à son véritable degré de beauté. On devra conserver les meilleurs sujets, présenter des animaux aux concours de

conformation. Il faudra mieux choisir les génisses destinées à la reproduction, les nourrir copieusement en proportion de leur rendement. On cessera de les traire deux mois au moins avant le vêlage, pour leur permettre de récupérer les ressources organiques dépensées. Enfin la question des reproducteurs doit être sérieusement envisagée. Il est prouvé que chez les taureaux, il n’y a pas non plus antagonisme entre leur forte musculature et la production laitière et beurrière de leurs filles. Dans les races de boucherie, certains ont racé supérieurement chez leurs descendantes au point de vue lait et beurre. Les belles qualités morphologiques d’un Montebello X n’en sont que plus séduisantes. Mais nous nedevons pas nous arrêter seulement à cette considération de formes. Un taureau superbe peut provenir d’une famille d’aptitude laitière et beurrière peu développée. « De vrais trésors ont été gaspillés par des unions inconsidérées avec des mâles dont on ignorait tout de l’ascendance laitière » (LETARD). D'autre part, même si son ascendance donne toute satisfaction à ce sujet, cet animal est-il capable de transmettre les qualités laitières et beurrières à ses filles ? Est-il raceur ? En effet, ses attributs laitiers et beurriers, favorables ou non, n’ont point leur expression chez lui. Et, cependant, il a été prouvé que la transmission par le mâle de caractères ou de facultés qui ne s’extériorisent que chez les femelles, comme l’aptitude laitière, beurrière, la fécondité, l’ovulation abondante, doit être considérée non pas comme une manifestation exceptionnelle, mais comme un fait qui rentre simplement dans les normes du processus d’hérédité. C’est pourquoi, l'influence du mâle, longtemps négligée, est passée maintenant au premier plan.

Le moyen le plus sûr de la mettre en lumière est la comparaison des chiffres de lactation des mères et des filles, après correction des chiffres de lactation du point de vue de l’âge ; il faut au moins 5 ou 6 paires « mèresfilles > pour que l’on puisse tirer de ces comparaisons des conclusions utiles. En résumé, il ne faut faire confiance qu'aux géniteurs dont l’ascendance est contrôlée depuis trois générations, et de préférence encore à ceux

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qui ont déjà fait leurs preuves par la reproduction au point de vue de la conformation, du jait et du beurre. Certainement, ce dernier moyen a des inconvénients d'ordre économique. Les animaux ainsi retenus constitueraient un capital immobilisé, sans compter leurs frais d'entretien. C’est pourquoi les éleveurs ne peuvent tous les garder et doivent faire un choix. Or, à ce moment, rien ne s’oppose à ce qu’un sujet vendu ne se révèle plus tard meilleur raceur que celui jugé supérieur par l’éleveur. C’est un des hasards de l’élevage. D’ailleurs cette méthode dépend seulement du propriétaire du troupeau. Il faut regretter que l’unité de vues ne soit pas encore réalisée et, en tout cas, que la saillie des femelles par des taureaux approuvés ne soit pas obligatoire. En attendant cela, l’amélioration doit être poursuivie sans relâche par les chefs de l’élevage, comme par les petits éleveurs. Le fermier lui-même devra s'inspirer de ces notions pour augmenter le rendement de son étable. Il est indispensable à l’acheteur de n’acquérir que des animaux de bonne origine. Pour qu’un reproducteur puisse, presque à coup sûr, transmettre ses qualités à ses descendants, il faut qu’il soit lui-même issu d’ancêtres impeccables. Plutôt que d’acheter en foire un beau taureau d’origine inconnue, il vaut mieux le choisir dans un élevage où l’on pratique depuis longtemps une sélection rigoureuse. Que chacun fasse de son mieux et selon ses possibilités et l’observation de ces principes nous conduira à de gros progrès.

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