‹ L'Elevage de la race bovine flamande dans le Pas-de-CalaisChapitre 5 sur 27 · GEOLOGIE ET ASPECT DU DEPARTEMENT · texte numérisé non relu

GEOLOGIE ET ASPECT DU DEPARTEMENT

Le Département du Pas-de-Calais présente un aspect peu homogène. En effet, les formations géologiques de son sol varient et correspondent à autant de régions naturelles. Ainsi, quittant les plaines de l’Artois, on aborde les plateaux du Saint-Polois et du Montreuillois. Au Nord, leur succèdent les collines escarpées du Boulonnais qu’on abandonne pour pénétrer sur le sol fertile des Wateringues. Enfin, sur le chemin du retour, nous verrons disparaître le sol cultivable, peu à peu remplacé par des fosses et des cités ouvrières.

Cette variété du sol réclame une étude approfondie des régions qui en font partie.

L'Artois est formé par l’arrondissement d'Arras, complété de quelques ramifications sur Saint-Pol et Béthune. I1 borde, au sud, la plaine flamande. C’est un pays plat et monotone, mais, en revanche, très riche : les cultures, surtout, y ont été développées. Son sol est composé de limons des plateaux formant une série de faibles collines. Dans les vallées, sa nature est plutôt argilo-siliceuse et calcaire. Les limons des terrains crétacés constituant la plus grande partie de l’Artois, on s’explique pourquoi les cultures l’emportent sur les pâturages. Ceux-ci ne sont pas assez nombreux pour permettre un élevage intensif. Toutefois, dans le Sud-ouest, où le régime est semi-herbager, on compte quelques bonnes étables de vaches flamandes.

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Plus accidentée est la région du Saint Polois, située derrière le Haut Boulonnais et constituée par des alluvions dans les vallées, de la craie, du limon des plateaux et de l’argile à silex. Mélangée au limon, elle donne, au Sud de Saint-Pol, de bons produits culturaux. Mais, entre Saint-Pol, Montreuil, le Sud du Bas-Boulonnais et Saint Omer, ces argiles à silex sont très étendues et donnent du pittoresque au pays : des plateaux, des vallées profondes, des rivières dont les alluvions sont couvertes de prairies naturelles, sont les diverses particularités du terrain. Ici, les herbages sont plus fréquents, bien entretenus par les cultivateurs qui recherchent la production du cheval boulonnais et du bétail. Grâce à la fertilité des prairies et à une alimentation d’hiver intensive, le lait des flamandes est toujours abondant.

Ces sites agréables s’observent aussi dans le Montreuillois (cf. St-Polois) dont le sol est aussi fait d’alluvions, de craie, d'argile à silex et de limon. Les cultures y sont faciles; on réserve même, en particulier, une large place à la betterave pour l'entretien d’un troupeau flamand important.

C’est la nature géologique du sol qui a donné à ces deux régions leur cachet particulier. C’est elle encore qui rend le Boulonnais aussi différent des autres parties du département.

Situé au Nord de la Picardie, le Boulonnais se divise en deux zones : le Bas-Boulonnais et le Haut-Boulonnais.

Le Bas-Boulonnais a la forme d’un triangle ayant pour base la mer entre Camiers et Wissant. Sur les côtés, des terrains collinaires le séparent du Haut-Boulonnais.

On y trouve, en général, des terrains de formation secondaire, du type jurassique, terrains très variés : sableux autour d’Audreselles, argileux vers la source de la Liane, calcaires sur les monts, argilo-calcaires du côté de Marquise. Partout, on remarque la prédominance de argile. L’Astartien, qui, sur le cours moyen de la Liane, donne des sols propres à la culture des céréales, repose également sur des argiles imperméables.

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L’argile du Bas-Boulonnais est avide d’eau, comme toutes les argiles. Mais, selon Viseur, en raison de sa nature plastique, une fois qu’elle en est saturée, elle la retient et se refuse à une nouvelle pénétration. Le sol arable est donc facilement noyé. C’est pourquoi ce pays humide, dont le climat est tempéré par le voisinage de la mer, nous donne pendant la belle saison des herbages succulents où sont élevés de puissants chevaux boulonnais et des vaches flamandes trapues.

Le Haut Boulonnais commence à l’ouest où finit le Bas-Boulonnais. Par ailleurs, il est limité par le détroit du Pas-de-Calais et par cette brusque dépression qui longe la chaine des collines allant de Sangatte à Saint- Omer et ouvrant la grande plaine d’alluvions modernes du Calaisis. Au Sud, il s'étend jusqu’à l’Authie et, à l'Est, jusque vers le tiers du département du Pas-de- Calais. Sa superficie, plus grande, présente des collines moins escarpées et des vallées plus larges. Au point de vue géologique, la différence avec le Bas-Boulonnais est encore plus nette. La craie à silex et l’argile à silex y tiennent, à peu près*une place égale. La première couronne les falaises qui limitent et ferment le Bas-Boulonnais. Elle apparaît aussi sur le flanc des vallées. Dans les plateaux, elle est ordinairement recouverte soit par le limon dit des plateaux, soit par de l’argile à silex, que l’on peut rendre très propre à la production de céréales par le marnage. Mais, le cultivateur s’est attaché davantage à la production fourragère qui demande moins de travail. L'élevage de la race chevaline boulonnaise y est très important ; on y rencontre également des variétés de vaches flamandes. Mais celle-ci n’a pas la préférence et reste derrière la jument.

Si nous abandonnons les contours sinueux des collines boulonnaises, nous arrivons dans la Plaine du Calaisis ou des Wateringues. Elle forme un triangle dont la base s’étend de Sangatte à Fort-Philippe, et dont le sommet est à Saint-Omer. Au Sud-Ouest, elle est limitée par les dernières hauteurs du Haut-Boulonnais, au Nord, par la partie terminale du détroit et par la mer du Nord, à l'Est, par l’Aâ canalisée.

C’est une ancienne lagune aujourd’hui asséchée. Sur de grandes surfaces, on n’y accède encore que par voie d’eau, et tous les transports de bétail à mettre à l’herbage, de chevaux, d'instruments de culture, d'engrais et de récoltes se font à l’aide de simples barques ou de bateaux. Cette région, partout cultivée, est très fertile.

Derrière les dunes, les terres sont siliceuses ou silicoargileuses. Puis, quand on s’éloigne du bord de la mer, la terre change d’aspect : l’alluvion y est souvent argileuse et assez riche en-matières organiques. Le sol est très riche et présente une grande variété dans la succession des cultures : betteraves, blés, avoines, prairies naturelles, grâce à la forte proportion d’humus. A côté de cette production végétale parfaitement organisée, on trouve aussi un élevage de poulinières de race boulonnaise et des bovins de la race flamande.

La région de Saint-Omer est presque entièrement recouverte d’alluvions fluviatiles argileuses et humifères. La culture des céréales, des plantes fourragères, un peu celle des betteraves, surtout enfin la culture maraïîchère, y sont pratiquées. L'agriculture est presque nulle dans le marais où l’on se borne à l’élevage du bétail.

Enfin, avant de rentrer en Artois, nous traversons, au nord de Béthune, une plaine humide mais fertile dont le sol est, en général, argilo-sablonneux. La terre végétale d’une épaisseur de 0 m. 50, repose sur une couche d’argile de un mètre, au-dessous de laquelle se trouve du sable. Toute cette région est remarquablement travaillée. C’est un pays de petite culture et de petite propriété. Les céréales et les plantes industrielles sont très développées. En outre, la visite des étables permet de constater que l’élevage est en honneur également : on y trouve, grâce à la proximité de la Flandre, de jolis lots de bovins de race flamande.

Cette structure du sol de notre département ne peut permettre à la vache flamande de retrouver les conditions éminemment favorables qu'offre la région du Nord, considérée comme le berceau de cette race. Là, le sol uniformément imperméable, l'humidité du milieu ont favorisé la pousse de l'herbe, indispensable pour l'élevage

des bovins. D’autre part, la douceur et la constance de la température, assurées par la proximité de la mer, créent un milieu favorable à l'exploitation des bêtes laitières. Chez nous, au contraire, l’hétérogénéité des divers milieux nuit au développement de l’élevage. Ainsi, en Artois, les cultures l’emportent sur les pâturages. Dans le Boulonnais, les accidents du pays, la concurrence de l'élevage du cheval, la qualité parfois inférieure des pàtures ont éprouvé la bête flamande.

En outre, au point de vue du climat, si l’humidité rappelle la Flandre, on ne retrouve pas partout, cependant, une température constamment douce. L'influence modératrice de la mer comporte des exceptions : ainsi l'hiver est plus rude, les neiges plus précoces et plus persistantes, les gelées plus fréquentes, la période du régime des pâturages par conséquent plus courte sur le Haut-Boulonnais, région plus élevée.

Les animaux étant le réel reflet du sol, il est aisé de prévoir que cette variété géologique et climatique de notre département a constitué, dès l’origine, chez la bête flamande, le point de départ de la formation des sousraces.

En effet, notre bétail a présenté des caractères nettement différents suivant les zones. Mais, grâce à l’amélioration du milieu par les engrais, à l’unification des méthodes zootechniques, à l’introduction fréquente de taureaux des Flandres, ces particularités vont en s’atténuant, et le bétail flamand se rapproche du type le plus pur de la race.

Quels sont donc les caractères zootechniques de ce

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