‹ L'Elevage de la race bovine flamande dans le Pas-de-CalaisChapitre 8 sur 27 · CARACTÈRES A RECHERCHER · texte numérisé non relu

CARACTÈRES A RECHERCHER

« Chez le taureau, corps long, ample, robe plutôt foncée.

« Chez la vache, cornes fines, encolure longue, bassin ample, l’écusson de la flandrine bien développé et régulier ; la mamelle régulière et bien irriguée.

« Dans les deux sexes, toutes les marques indiquant une aptitude laitière et beurrière très développée, peau mince, souple, onctueuse. »

(1) Cette différence s’est encore accentuée depuis: on peut remarquer, au concours agricole de Paris, que la robe du taureau flamand est couramment noire.

La race ainsi décrite est la pure flamande, celle que l’on rencontre dans les brillants élevages du Nord. On la retrouve aussi avec toutes ses qualités chez nous dans les arrondissements de Béthune et de Saint-Omer. Les autres régions du Pas-de-Calais possèdent des sujets se maintenant très près de la race d’origine, mais on y trouve toujours — même chez les plus beaux spécimens — une décoloration presque inévitable du pelage. À ce caractère s'ajoutent parfois aussi des particularités variant avec les zones et justifiant encore la classification en sous races Artésienne, Picarde et Boulonnaise.

La sous race artésienne est de taille moindre, plus élancée que la race pure. La décoloration du pelage, dont nous parlions plus haut, est surtout sensible chez ces animaux et il n’est pas rare de rencontrer encore des taches blanches sur la robe de certains d’entre eux. Leurs autres défauts sont : une membrure grêle, une poitrine étroite, un rein faible. Dans l’ensemble, la vache de l’Artois manque d’ampleur et de squelette. Ces différences sont dues à ce que les limons des plateaux d’Artois, assez bien pourvus d’azote et de potasse, sont pauvres en acide phosphorique et, étant donné leur nature argileuse, pauvres aussi en chaux. La qualité des herbages est inférieure à celle des pâtures flamandes. Les expériences culturales ont démontré qu’un apport de superphosphates produisait le meilleur effet sur les céréales, les betteraves industrielles, les œillettes, les fourrages. Malheureusement, ces terrains se prêtant mieux encore aux cultures qu'aux pâturages, les prairies y sont assez rares et le mode d’exploitation du bétail variable. Toutefois, dans le Saint-Polois où les argiles à silex sont abondantes et rendent physiquement le sol rebelle aux instruments agricoles, on s’est attaché à la production fourragère qui demande moins de travail. Les nombreuses prairies naturelles permettent pour l'élevage des bêtes flamandes un régime semi-herbager. En Artois, au contraire, elles sont remplacées par des cultures et, en partie, par des plantations de vesce et de luzerne. C’est là que, pendant la belle saison, les vaches sont amenées et attachées au piquet. La stabulation est ici le mode courant.

La sous-race picarde existe encore, plus à l'Ouest, dans la vallée de l’Authie, à la limite des départements du Pas-de-Calais et de la Somme. Le sol tourbeux de cette région est froid, humide, difficile à travailler. La production est surtout fourragère, mais les pàtures, qui constituent fréquemment des biens communaux, manquent de soins et d’entretien. Le plus sérieux obstacle à leur mise en valeur vient des conseils municipaux dont les membres, presque tous cultivateurs, tiennent à les conserver pour y envoyer leurs animaux moyennant une faible rétribution.

La moindre dépense destinée à leur amélioration est regardée comme diminuant le revenu. Aussi les ronces et les chardons croissent en abondance au détriment des plantes utiles. Ces terrains sont plantés de pommiers à végétation rabougrie témoignant du peu de soins qu'on leur donne.

Le bétail flamand de cette vallée porte d'ailleurs la trace de ces méthodes routinières. Les Picardes ont une robe plus claire encore que celle des Artésiennes. Leur tête est plus grosse et porte des cornes plus écartées et plus relevées. L’herbe plus sèche qu'elles consomment leur donne un tempérament moins lymphatique mais aussi un lait moins abondant. Ce souci de moindre dépense que nous avons signalé tout à l'heure au sujet des pâtures, se remarque également pour les bêtes. On demande à la vache du beurre et du lait : avec le surplus de celui-ci, on alimente un veau ou des porcs. Peu importe à ces habitants l'amélioration de la race, s’ils sont satisfaits du rapport actuel. Et, si l’on doit rendre hommage aux efforts rationnels d’un petit noyau d’éleveurs, il faut aussi remarquer que, parmi certaines masses paysannes, le goût de la production animale améliorée ne se développe guère.

La sous race boulonnaise de la race flamande est, comme son nom l'indique, exploitée dans le Boulonnais. C’est une source de revenus importants pour l’agriculture de cette région. Mais la jument a toujours la préférence des éleveurs, et se nourrit de l’herbe substantielle des coteaux. Les bovins paissent, au contraire,

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