‹ L'élevage des porcs au Canada [microforme]Chapitre 13 sur 45 · SOIN DES ANIMAUX REPRODUCTEURS · texte numérisé non relu

SOIN DES ANIMAUX REPRODUCTEURS

Les truies d'élevage ne devront être renfermées étroitement ni en été ni en hiver, on devra, au contraire, leur fournir pendant l'été le parcours d’un pâturage et durant l'hiver une large cour. S'il est une erreur qui soit plus répandue que toute autre dans la conduite d'un troupeau d'élevage, c’est bien assurément celle qui consiste à ne pas savoir fournir aux porcs la possibilité de prendre de l'exercice, et aussi de les y forcer. De par sa nature le porc est un animal de pacage et l'exercice est essentiel à sa santé. Si on peut fournir aux truies le libre accès à un pâturage durant l’été et d’un chaume durant l’automne, il ne leur faudra pas grand’chose en plus pour les maintenir en parfait état pour la reproduction. Il est entendu qu’on doit leur fournir l’eau et l'abri; si elles peuvent avoir accès à un ruisseau dans lequel elles puissent se vautrer, ce sera pour le mieux, Un bain de vase est la méthode prévue par la nature pour maintenir en bon état la peau des porcs et la débarrasser de toute vermine. Le meilleur abri est celui que fournit l’emplo' une loge mobile.

Pendant l’hiver, les bêtes doivent pouvoir circuler dans la cour d’étable, on préparera un endroit abrité où elles iront dormir. Une loge mobile est justement ce qu’il y a de mieux. Il est préférable que cet abri ne soit pas trop chaud, pourvu qu’il soit bien sec, exempt de tout courant d’air et bien garni de paille dans laquelle l’animal puisse s’enfouir. Si l'endroit où ils dorment est trop chaud, les animaux seront trop facilement transis dès qu’ils sortiront dans la cour, et de leur propre gré, ils seront réfractaires à prendre l’exercice nécessaire.

Leurs aliments devront être nourrissants mais non pas trop concentrés. Des truies complètement développées et en bonne santé se maintiendront en parfaite condition pour la reprodneticn au moyen de rations comvosées surtout de racines, et de préférence de betteraves fourragères ou à sucre. Pendant une période de très grand froid, on y ajoutera un peu de grain pour aider à conserver la chaleur animale. A mesure que s’avance la période de gestation, il devient nécessaire de fournir à ces truies une nourriture plus condensée; en conséquence on diminue graduellement la quantité de betteraves et on augmente proportionnellement la ration complémentaire de grains, à mesure que la période avance. On doit faire usage de grains propres à la formation de la viande plutôt qu’à celle de la graisse ou de ceux qui favorisent un trop fort développement de calorique. Le son ou le gru, de même que l’avoine moulue sont excellents; il faut n’employer qu’avec parcimonie l’orge et le maïs, à moins qu’on ne les mélange avec quelque sous-produit de la laiterie. Si on les donne comme grains ronds ils surchaufferont trop le système. Les truies, hivernées suivant cette méthode, ne doivent pas recevoir des aliments très délayés; la portion doit contenir juste assez d’eau ou de lait pour la bien détremper. Les bêtes trouveront suffisamment d’eau dans leur ration de racines, pour fournir à tous les besoins du système ; si on les oblige à absorber une quantité de liquide en excès de ce montant, surtout pendant les temps froids, on leur impose inutilement une surcharge nuisible à leur constitution. Pour réchauffer et éliminer le surplus de liquide que certains nourrisseurs imposent à leurs porcs sous forme d’aliments trop délayés, l'organisme est obligé de déployer une certaine énergie qui est un effort inutile et que très peu de bêtes peuvent fournir impunément.

Le but qu’on doit se proposer d'atteindre pendant l’hivernen.ent des truies de reproduction, est de les nourrir et de leur donner les soins voulus pour que la portée du printemps ne se compose que de porcelets vigoureux, de bonne dimension, bien nourris et en bonne santé, et aussi pour que les truies elles-mêmes soient suffisamment bien en chair pour leur permettre de supporter jusqu’au bout les fatigues de la période d’alai-

tement. Pour atteindre ce but il fauc que les truies puissent prendre beaucoup d'exercice, qu’elles soient bien : aair mais non pas grasses, Des truies ayant beaucoup de graisse molle et flasque, enfermées dans un enclos étroit, mettront bas des porcelets de petite taille, délicats et elles-même seront vite Cpuisées durant l’allaitement. De plus, les truies renfermées trop étroitement et nourries principalement au grain sont exposées à voir leur système digestif tellement dérangé qu’elles auront un appétit féroce et au moment de la mise bas il y a beaucoup de chances pour qu’elles dévorent leur portée, tout au moins en partie. Tout au contraire, il est prouvé par l'expérience que le mode d’hivernement recommandé précédemment, qui consiste à fournir aux bêtes toute facilité de prendre de l'exercice, et à les nourrir au moyen de rations nutritives mais rafraîchissantes et succulentes, a invariablement procuré les résultats les plus satisfaisants.

Une semaine ou dix jours avant la date de la mise bas, on enfermera la truie dans un enclos spécial, de façon qu’elle puisse s’habituer à son nouvel habitat avant que le moment critique arrive. Il est important, aussi, que celui qui la soigne soit en bons termes avec la bête; quelques minutes consacrées chaque jour à la brosser ne seront pas des minutes perdues inutilement. Cet étrillage, d’ailleurs, ne doit point se pratiquer seulement comme faveur spéciale, au retour de chaque mise bas, mais doit être pratiqué de façon constante par tout éleveur attentif et qui veut réussir,

Loge pour la ziise bas.

L’enclos spécial pour la mise bas ne devra pas être trop large: environ 8 pieds carrés. S'il est trop large, il y a danger à ce que, pendant les journées froides, les porcelets nouveaux-nés vagabondent loin de leur mère, s’écartent et périssent de froid. Cet enclos doit être chaud et sec, et être muni d’un système de protection pour empêécher que les truies n’étouffent leurs petits. Ce système se compose de planches ou perches disposées tout autour des parois de l’enclos, à environ 10 pouces de la paroi et à 9 pouces du sol. On ne mettra que très peu de litière et on n’emploiera à cet usage que de la balle ou de la paille hachée. Si on empluyait une litière trop épaisse de paille longue, les porcelets seraient exposés à s’empêtrer dedans et à se faire étouffer par la mère lorsqu'elle se couche.

Une heure ou deux après la mise bas on donnera à boire à la truie de l’eau chaude dans laquelle on aura délayé tout juste une poignée ou deux de gru ou gruau. Le premier jour on ne lui donnera que très peu de grains; si on donne trop abondamment du grain pendant les quelques jours qui précèdent immédiatement, ou suivent la mise bas on s'expose à provoquer un dérangement du système digestif et cussi à provoquer des inflammations de mamelles. On doit augmenter la ration progressivement jusque vers la fin de la première semaine alors qu’on pourra lui donner à manger à sa suffisance. Les truies qui allaitent doivent recevoir une alimentation copieuse qui se composera d’aliments favorisant la production du lait. Une truie qui a une grosse portée à nourrir est soumise à une dure épreuve et si elle est bonne laitière, elle maigrira rapidement quelque bonne que puisse être son alimentation. On ne doit point d’ailleurs s’en prendre à la truie: car à aucune période de son existence, le gain en poids que réalise un porc n’est obtenu à aussi bon marché que pendant qu’il tette sa mère, Les sous-produits de la laiterie sont particulièrement profitables à cette période et parmi les divers grains, ceux qui sont alors préférables sont les grus et avoines cassés. L’orge et le maïs sont trop réchauffants, et ce dernier grain tend à faire diminuer la production du lait.

Bien qu’il soit désirable d'introduire une certaine variété danse l'alimentation des truies, on devra cependant éviter des changement trop brusques et trop radicaux car ils seraient de nature à provoquer des troubles des organes digestifs chez la mère et chez les porcelets.

On servira la nourriture de la truie et de ses petits dans une auge à fond piat et d’une largeur suffisante pour que les aliments qu’on y versera n’atteignent pes une

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