‹ L'élevage des porcs au Canada [microforme]Chapitre 14 sur 45 · ENT RENTE ECO ESS · texte numérisé non relu

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épaisseur de plus d’un pouce sur toute la longueur. Les petits de la plupart des animaux apprennent surtout par imitation, et spécialement par imitation de la mère, et en employant une auge de cette forme dans laquelle les porcelets puissent grimper, ils apprendront très rapidement à manger, beaucoup plus vite qu'ils ne le feraient par la méthode ordinaire, si en faveur chez quelques-uns, de disposer des auges pour chacun d'eux et d’en interdire l’accès à la truie. Une fois que les porcelets ont appris à bien manger on peut leur attribuer à chacun une auge séparée,

Quand le temps est froid, on donnera aux truies qui nourrissent, des aliments chauds et pas trop délayés; on leur fournira de l’eau à part. Il est important également que la truie et les petits puissent facilement et souvent fouiller dans la terre, Le système digestif du porc est facile à détraquer, avant même que celui-ci soit sevré, et il n’existe pas peut-être de meilleur préventif que la terre même, Pendant les froids, on devra leur en assurer par un moyen artificiel. Une excellente méthode consiste à mettre de côté, à l'automne, une certaine quantité de terre pour être utilisée durant l'hiver ; on empile des mottes de terre en un . «droit où elles ne seront pas exposées à geler et où l’on pourra aisément les prendre au moment requis. Ces mottes sont préférables à la terre qu’on pourrait se procurer dans les bois ou autres endroits où le sol contient une forte proportion d’humus ou de matières végétales en décomposition. A défaut de ces mottes, une pelletée de terre prise dans le fund de la ca » deux fois par semaine rendra le même service.

On doit sevrer la portée lorsqu’elle est âgée de huit à dix semaines; arrivés à cet âge les porcelets doivent manger si bien à l’auge qu’ils #'apercevront à peine que leur mère n'est plus là. 11 faut séparer toute la portée en même temps, et ne laisser les porcelets avec la mère qu'une fois ou deux, si c’est nécessaire, à des intervalles de pas plus de dix heures, pour soulager les mamelles de la truie. Assez communément on laisse un ou deux porcelets avec la mère pour atteindre le même but. C’est là une erreur, car chacun de ces cochonnets ne tettera que la tétine à laquelle il est habitué et ne touchera pas aux uutres, de sorte que ie but pour lequel on les avait laissés avec la mère ne sera pas atteint.

Il arrive parfois que les dents de lait soient longues et acérées; dans ce cas les mamelles de la truie peuvent être tellement irritées, qu’elle se refuse à laisser téter ses petits. Il arrive aussi que ces dents poussent de telle facon aue, bien qu’elles ne blessent point la truie, elles déchirent les gencives et la langue du porcelet, à tel point qu’il refuse de prendre aucune nourriture et meurt de faim au bout de peu de jours. Très souvent, ces dents de lait se décolorent pour une cause quelconque, d’ordinaire par suite de troubles digestifs et on les désigne alors sous le nom de “ dents noires ”. On peut les extraire facilement avec une paire de pinces et on doit le faire aussitôt qu’on s’en aperçoit. Grand nombre d’éleveurs ont coutume d’enlever ces dents de lait à tous les petits de la portée lorsqu'ils ont deux ou trois jours; bien que ce ne soit pas une pratique nécessaire, c’est là peut-être le meilleur plan à suivre.

Le verrat.

En supposant que l'animal a été acheté peu de temps après qu'il a été sevré, on devra le mettre dans un enclos sec, propre et spacieux avant accès libre à un pare. Il est bon de lui adjoindre comme compagnie un cochon castré d’à peu près son âge; nourrissez-le généreusement d'aliments choisis pour favoriser le développement des os rt des muscles, mais ne le poussez pas trop vite; on doit bien se garder de le mettre trop gras. On ne peut lui donner de meilleurs aliments que les sous-produits de la laiterie avec du son ou de l’avoine moulue, et comme supplément on y ajoutera une abondance d'aliments succulents tels que herbes ou racines. Laissez-le fouiller dans le parc; c’est le meilleur exercice qu’il puisse avoir, car tous les muscles du corps se trouvent appelés à fonctionner tandis qu’il fouille la terre et, qui plus est, cela l’amuse st l'occupe. Etrillez-le et brossez-le souvent; non seulement parce que cela entretient la peau en santé et en activité, mais aussi, parce que cela aide à rendre l'animal paisible et docile. Les défenses devront être arrachées dès qu’elles seront bien formées.

NOURRISSAGE ET FINISSAGE.

Lorsqu'on sèvre les porcelets il f-"1t prendre les plus grandes précautions pour que ces jeunes animaux subissent, sans * soindre coup, cette crise de transition et n'aient à souffrir d’aucun contre temp- suisse influer sur leur existence. Grand nombre d’éleveurs perdent tout le p° . une portée de porcelets par suite de leur manque de connaissances ou par défaut ue soins lors du sevrage. Sanders Spencer, traitant cette question, déclare: “I1 y a plus de porcs perdus ou irrémédiablement ruinés à l’époque où on les sèvre, qu’il n’y en a en aucune autre période de leur existence”, Il est incontestablement vrai qu’un grand nombre de pores subissent à cette époque un contre temps dont ils ne pourront jamais se rétablir. Un animal, quelque soit son espèce, dont la croissance a été arrêi ‘e ne donnera jamais de profit et la chose est vraie sans conteste pour le pore. Chez cet animal, en particulier, la vie est trop courte pour qu’il puisse récupérer ce qu’il a perdu par suite d'erreurs qu’il eut été facile d'éviter.

Parmi les erreurs que l’on est le plus exposé à commettre à cette période, est celle qui con’ ite à distribuer une quantité de grains trop forte pour compenser la privation du lait de la mère. S'ils ont été bien dirigés, les cochons doivent être à même de manger si facilement à l’auge qu’ils se sèvrent pratiquement d'eux-mêmes, et aucune 2..-dification ne doit être apportée à leur alimentation si ce n’est l’adjonction d’un peu de lait écrémé. Mais, même, pour cette adjonction de lait, il est de beauconp préférable de le faire quelque temps avant que de les séparer de la mère. La perte du lait de la mère, quelque faible même que puisse en être la quantité absorbée à cette période, est déjà un changement suffisant par lui-même sans qu’on vienne en ajouter un autre.

Une autre erreur consiste à suralimenter les porcelets. Avant l’époque de la séparation d'avec la mère, on doit distribuer tout juste assez de nourriture à la truie et à ses petits, pour qu’il ne reste rien dans l’auge après chaque repas; très souvent le nourrisseur, lorsque la truie a été séparée, soit par bonté mal placée pour les petits, soit par inaptitude à se rendre compte exactement de leurs besoins, distribuera les aliments en tel excès que souvent il en reste dans l’auge d’un repas à l’autre. C’est là une erreur, pour deux raisons: les jeunes porcelets sevrés, à qui la mère fait défaut sont tentés de surcharger leur estomac; st d’autre part, la quantité d'aliments qui reste dans l’auge est exposée à se corrompre soit par suite de fermentation on ? toute autre cause. Dans un cas, comme dans l’autre, des troubles digestifs en seivnt la conséquence inévitable et alors même qu’ils n’auraient point de résultat fatal pour l’animal, ils n’en sont pas moins désastreux au point de vue des intérêts de l’éleveur. Bien qu’il faille éviter de tomber dans l’excès contraire, il est préférable, pour un certain temps, tout au moins, de pécher plutôt par parcimonie que par excès dans l’alimentation. L'idéal serait de leur fournir à des intervalles réguliers l’exacte quantité d’aliments que les porcelets pourraient absorber sans en laisser au bout de quelques minutes, après la distribution. Il n’est pas souvent possible, dans la pratique, de réaliser cet idéal, mais au point de vue du succès, le plus près nous nous en approcherons, le mieux ce sera.

Une excellente ration pour les pourceaux sevrés est formée d’un mélange de gru et d'avoine cassée, auquel on ajoute un peu de lait écrémé. Cette ration est riche en cendres et en protéine, qui favorisent le développement des os et des muscles, et de la sorte elle aide l’animal à former sa charpente plutôt qu’à amasser de la graisse. Non seulement cette ration fournit la nourriture qui convient le mieux à la croissance de l'animal, mais elle la présente sous une forme agréable au goût et facilement digestible. Pour les porcs âgés de moins de douze semaines, on devra passer l’avoine moulue dans un gros tamis afin d’enlever la plus grande partie de l’écorce. Si on suit ce procédé, il est bon d’ajouter à la ration un poids de son, équivalent à celui de l'écorce restée dans le crible. Le son est plus agréable au goût et plus aisément digéré que l'écorce de

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l'avoine et il rend la ration moins compacte, ce qui empêche ces aliments de se condenser dans l'estomac en une masse solide trop compacte, Toutefois, cette adjonction de son dépendra de la qualité du gru employé, et c’est À chaque nourrisseur qu’il appartient individuellement d'exercer, à cet égard, son jugement personnel. La nature des produits vendus par les divers meuniers comme gru varie depuis une sorte de farine grossière de couleur foncée jusqu’à un son moulu très fin. Quand l’auteur parle ici de gru, comme produit alimentaire, il entend un produit consistant en un mélange à peu près égal de ces deux qualités extrêmes.

On introduira dans la ration des jeunes porcs, progressivement jusqu’à former la moitié de la ration lorsqu'ils ont atteint l’âge de trois mois, des racines ou autres aliments en vert, soit sous forme de pacage, soit sous forme d'aliments verts coupés et distribués dans la porcherie, Un grand nombre d'éleveurs croient fermement que, durant l'été, on peut nourrir plus économiquement les pores en les mettant pacager et en leur donnant une légère ration supplémentaire de grains. Il y a beaucoup à dire en faveur de cette méthode, depuis, surtout, que la question de la main-d'œuvre est devenue si difficile, ‘Les pores, ayant libre accès au sol pour y fouilller et à même de prendre beaucoup d’exercice, sont vigoureux et bien portants; jamais on n’a de difficultés résultant de paralysie ou d’un manque complet d’appérit; de plus, si les clôtures sont bonnes, on peut, de cette facon garder un troupeau nombreux avec le minimum de soins, et sans nuire en quoi que ce soit aux autres opérations de la ferme.

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