ALIMENTATION AU LAIT ECREME
Les districts, que nous avons visités pour savoir comment les cultivateurs expérimentés emploient le lait écrémé avec d’autres aliments dans l’engraissement des pores, étaient à peu près de la même nature que les districts à fromageries dont nous venons de considérer les méthodes. On y suivait un système mixte d’exploitation agricole. Aucun des patrons n’avait de grands troupeaux de vaches, et aucun n’élevait un grand nombre de porcs. Tous ou presque tous les cultivateurs que nous avons vus élevaient deux portées par an de chaque truie.
Le cultivateur n° 1 se procure le lait de beurre à la beurrerie; il le paie 13 centins les 100 livres. Il en emploie 300 gallons par jour au plus fort de la saison: Il le donne le plus frais possible. 11 n’engraisse que pendant l'été. 11 achète les porcs au printemps, lorsqu'ils sont sevrés, et les vend engraissés en automne. Il emploie plus ou moins de grain pendant la saison; ce grain est donné sous forme de mélange, et son choix est principalement réglé par l’état du marché, Il apprécie l’avoine, surtout au commencement de la saison. La ration de grain est donnée sèche dans les auges, et est suivie de lait de beurre. Les porcs qui se développent ne reçoivent qu’une ration de lait de beurre par jour, peu dilué, et la ration de grain est donnée’'avec ce lait. La quantité de lait de beurre donnée est à peu près de une à deux pintes par jour pour les porcs qui pèsent de 50 à 100 livres. Elle ne dépasse jamais un gallon, et encore, on ne donne jamais cette quantité avant que les porcs aient atteint le poids de 200 livres. Ce cultivateur a tenu compte de l’engraissement de 550 porcs, qui pesaient en moyenne, une fois à point, 210 livres. Il avait constaté qu’il faut environ 5 livres de grain, en sus du lait de beurre, pour obtenir une livre de viande. Il estime que cette transaction lui a rapporté un bénéfice d’environ $2 par tête.
Le cultivateur n° 2 nous a expliqué sa méthode en nous donnant un compte rendu de l’engraissement de 20 porcs qui étaient évalués à $3 par tête à l’âge de six semaines, et qui se sont vendus, à six mois, $8.40 les 100 livres, lorsqu'ils pesaient 212 livres chacun. Ces porcs ont reçu, pendant environ deux mois et demi, le lait écrémé de huit vaches qui ne donnaient qu’une quantité modérée de lait, car elles étaient traites depuis huit mois.
Le grain se composait de recoupes qui coûtaient 823 la tonne et qui étaient mélangées avec une quantité suffisante de lait et d’eau pour faire une bouillie assez épaisse; on leur en donnait deux repas par jour. Les betteraves fourragères, données seules, constituaient le repas du midi. Au bout de trois mois, on changeait la ration de grain; on donnait alors un mélange de six parties d’avoine, de deux parties d’orge et d’une partie de pois cultivés et moulus ensemble. Lorsque l’animal a quatre mois, on remplace le lait par de l’eau, car on a besoin du lait pour les veaux. Pendant le dernier mois, on augmente la proportion des pois jusqu’à ce qu’ils constituent environ un tiers du mélange.
Pendant l'été, sur cette ferme, le pâturage de luzerne remplace le lait écrémé. La ration de grain est à peu près la même que celle que l’on donne en hiver avec du lait écrémé. Sur un pâturage de luzerne de deux acres de superficie, on a engraissé 10 porcs qui étaient à point à l’âge de 6 mois.
Le cultivateur n° 3 cultive 300 acres sur lesquels il garde 14 vaches et de trois à quatre truies reproductrices. En plus des deux portées qu’il élève chaque année sur la ferme, il achète, pour engraissement, un petit nombre de pores. Ces porcs sont sevrés à l’âge de six semaines. Les truies et les porcelets courent sur le pâturage pendant l'été; ils ont une loge spacieuse en hiver. Ce cultivatewr donne du lait chaud sortant directement de l’écrémeuse, surtout aux jeunes porcs. Jamais il ne laisse ce lait surir. La ration de grain se compose principalement de petit son pour les trois ou quatre premières semaines; on y ajoute une petite quantité d’avoine finement moulue. Le grain est trempé dans le lait ou l’eau, douze heures avant d’être donné. ‘Lorsque la provision de lait n’est pas très forte, on y ajoute des betteraves pendant l'hiver, et des fourrages verts pendant l'été. On ne donne cependant ni betteraves ni fourrages pendant les deux dernières semaines de l’engraissement. Les porcs sont généralement à point à l’âge de six mois; ils pèsent environ 220 livres chacun.
Ce cultivateur trouve qu’il est très avantageux de laisser les jeunes porcs glaner dans les champs de grain après la moisson, surtout dans les champs qui ont été ensemencés de trèfle. Les portées d’été, traitées de cette façon, sans aucune autre nourriture, pesaient presque cent livres par tête au commencement de l’hiver.
Le cultivateur n° 4, exploite 150 acres; il vend du bœuf, du porc et de la crème. I1 produit lui-même tout le grain qu’il lui faut. Il prétend que ce sont ses pores qui lui donnent le plus de profit. Il prétend qu’en employant du lait écrémé au lieu d’eau,
il peut engraisser deux fois autant de porcs avec la même quantité de grain. Les porcs reçoivent assez de grain en tout temps pour se tenir vigoureux et en be état de croissance. On laisse le grain tremper dans le lait une demi-journée d’avauce, excepté pendant les chaleurs, où on le mélange au moment de le donner. Les portées d'automne ne reçoivent pas une forte ration pendant l’hiver; on se contente de leur Aonrer une ration d’entretien bon marché, par exempie des betteraves fourragères avec une légère portion de grain. Elles se trouvent en excellent état pour recevoir une forte ration d’engraissement en été. On donne aux porcs des scories de charbon mou et des cendres une fois par semaine.
Le cultivateur n° 5 exploite 150 acres:; il vend du bœuf, du lard et de la crème. Il produit lui-même tous les aliments dont il se sert à l’exception d’un peu de son. Les porcelets sont sevrés à l’âge de six semaines, mais à trois semaines on leur donne une loge séparée et ils apprennent à manger du lait écrémé et du petit son. Les porcelets sevrés reçoivent de l’avoine finement moulue et, lorsqu'ils ont deux mois, on commence à leur donner une petite quantité d’orge et de pois. La ration de finissage se compose d’une partie d’avoine ou d’une partie de pois ou d’orge finement moulue. En hiver, on donne deux repas de grain par jour avec des betteraves fourragères hachées à midi. Onze cochons d’une portée qui avaient été nourris de cette manière pesaient, à cinq mois et douze jours, deux cents livres par tête et se sont vendus 8209. En été on donne de deux à trois livres de lait écrémé à des porcs qui pèsent cent livres chacun. Ce cultivateur juge que pour obtenir les meilleurs résultats du lait écrémé il faut donner un tiers de lait écrémé et deux tiers d’eau. C’était là la base sur laquelle il se guidait pour le nombre de porcs à engraisser. Il fait tremper le grain un repas d’avance et le donne en quantités suffisantes pour satisfaire l’appétit de ses animaux. Ce cultivateur considère que les pores sont les animaux les plus avantageux de ln i ferme.
Le cultivateur n° 6 a tenu un compte exact des aliments donnés à ses vingt-deux porcs. L’alimentation se composait de betteraves fourragères, de grain mélangé et de lait écrémé. Elle se décomposait ainsi:
16 tonnes 1,720 livres de betteraves fourragères à $4 la tonne.. .. $ 67 44 5 Les 1,176 La petit son à $23 la tonne.. .. .. .. .. .. 128 51 Nr de lait écrémé à $4 la tonne... PRE de : 20 00
PRES Rat 22010 LUS PRET AR en TOR in eut $215 95
Les porcs ont été vendus aux prix suivants:
9 porcs pesant 1,940 livres à $9.40 le quintal.. .. .. .. .. .. .. $182 36 11 D 2,120 x $9.25 k RCE TR RS Re 196 10 2 # 385 sé $9.25 LS FA EC EE 35 61
Total ess alter manie meule ns sm en es DS TE UT
Ces porcs avaient coûté $4.86 les cent livres et ils se sont vendus en moyenne 89.31 les cent livres. Il reste donc un profit de $4.45 les cent livres, main-d'œuvre non comprise.