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L'ELEVAGE DU PORC SANS PRODUITS LAITIERS

On élève beaucoup de porcs sur des fermes où il ne se fait que peu ou point d’in- È dustrie laitière. Cet élevage est très avantageux lorsque l’on se sert de racines en 4 hiver et de plantes fourragères en été. Il paie particulièrement sur les fermes où l’on cultive du grain. Les méthodes suivies par ces cultivateurs ne diffèrent pas beaucoup de celles que nous avons discutées pour les fermes où l’on fait de l’industrie laitière. Mais il faut des soins spéciaux pour tenir les porcelets en bon état pendant les quelques semaines qui suivent le sevrage. Dans ces conditions, le sevrage devrait être retardé autant que possible. Il vaut mieux ne pas sevrer les porcs avant l’âge de huit semaines, même lorsque l’on élève deux portées par an.

Dans certaines localités, et particulièrement dans les. provinces de l’ouest, les éleveurs de porcs ont pour habitude d'élever trois portées tous les deux ans, c’est-à-dire une portée tous les huit mois. Il s’écoule un espace de temps suffisant entre les portées pour permettre aux porcelets de suivre leur mère jusqu’à l’âge de dix semaines ou de trois mois. Ils sont alors moins exposés à subir un retard dans leur croissance lorsqu’ils sont sevrés, et les truies ont le temps de reprendre leur vigueur avant d'entrer dans une nouvelle période de maternité.

Les comtés d’Essex et de Kent font relativement peu d'industrie laitière et cependant ils produisent beaucoup de pores. Les méthodes des éleveurs dans cette région à maïs du Canada ont beaucoup changé en ces dernières années. Autrefois, on avait l’habitude de laisser les porcs ramasser eux-mêmes leur nourriture jusqu’à l’époque de la récolte du maïs, puis on les engraissait rapidement. Aujourd’hui la pratique générale est de bien nourrir à partir du commencement même et de vendre les porcs tout le long de l’année, au fur et à mesure qu’ils sont prêts. On donne beaucoup de petit son et d’orge en sus du maïs, plus spécialement aux jeunes animaux et aux reproducteurs. Les races Poland-China, Duroc-Jersey et Chester White sont représentées mais le Tamworth est également en faveur et l’on trouve, ici et là, des cultiv s qui gardent des Berkshires ou des Yorkshires. Pour encourager l'adoption du type à bacon, une maison de salaison à Chatham fait, depuis quelques années, des échanges de truies du type à bacon pour des truies à gros lard. Beaucoup d’éleveurs de la localité ont profité de cette offre.

Le cultivateur n° 1, qui exploite 150 acres, produit en une année pour $1,500 de porcs et il achète de 10 à 12 tonnes de son et de petit son en sus de 200 boisseaux de fèves. Il garde de six à huit truies métisses Tamworth; il prétend qu’elles sont meilleures mères que les Duroes qu’il gardait autrefois. Ces portées viennent au monde en septembre ou en mars et il les sèvre à l’âge de six ou sept semaines. Les porcelets qui viennent d’être sevrés reçoivent, pendant deux ou trois ser ines, une petite ration de lait, mais comme le lait de la ferme se vend en ville, il n’en reste plus pour les pores après que ceux-ci ont commencé à se développer. Le lait est donné seul, et la ration de grain qui se compose d’avoine finement moulue et de petit son est placée dans une auge séparée. Au sevrage, on garde les truies dans l’étable et on laisse les porcelets dehors. La luzerne forme une bonne partie des pâturages d’été sur cette ferme: elle fournit également les gros fourrages pour les animaux reproducteurs pendant l’hiver. Les porcelets du printemps courent continuellement sur un pâturage de luzerne jrsqu’à ce qu’ils pèsent environ 175 livres par tête. Les porcs reçoivent d’abord une 1égère ration de grain que l’on augmente graduellement, mais qui n’est jamais très forte. Dès que le maïs est prêt à être consommé, on le donne dans l’épi. On croit augmenter sa valeur alimentaire en le faisant tremper. La ration de finissage se compose de maïs et de petit son donné sec. Les portées d'automne restent sur le pâturage jusqu’à l'hiver et l’on remplace alors le pâturage par des betteraves fourragères. On cultive une quantité suffisante de racines pour en nourrir les porcs jusqu’à ce que la saison des pâturages recommence. Les truies qui n’allaitent pas ne reçoivent guère que du foin de luzerne et des racines pendant l’hiver.

Le cultivateur n° 2 garde huit truies, type Duroc-Jersey, Chester White et Tamworth, sur 120 acres de terre. Les mises bas ont lieu en mars et septembre et les porcelets sont sevrés à l’âge d'environ huit semaines. Les porcelets du printemps sortent avec leurs mères dès que les pâturages sont prêts. Pendant le premier mois qui suit le sevrage, ils recoivent du son et du petit son mélangé avec de l’eau, puis on y ajoute une petite proportion d’avoine concassée et de temps à autre un épi de maïs. On augmente la ration de grain d’une semaine à l’autre. On finit les pores à l’âge d'environ huit mois.

Le système d’engraissement des portées d'automne est très économique au point de vue dn travail. On laisse les porcs de tous les âges courir dans un parc contigu à leur loge et on leur donne du maïs en tiges et du foin de luzerne. Les bêtes à cornes consomment ce qui reste après que les pores ont mangé ce qu’ils désirent. Les porcs reçoivent également un repas de betteraves fourragères ‘par jour. On continue ce

régime jusqu’à la saison du pâturage puis l’on met les porcs dehors et on finit de les engraisser avec du maïs en épi et un mélange de blé et d’orge en parties égales, finement moulu. On fournit l'abri nécessaire dans les parcs et dans les pâturages en été et en hiver au moyen de cabanes mobiles. Les portées d'automne ont généralement de neuf à dix mois lorsque l’engraissement est terminé. On cultive tous les ans une petite parcelle de maïs très hâtif et on y met les porcs dès que ce maïs est prêt à être consommé; ils ont également la jouissance du pâturage de luzerne. Des porcs qui pesaient 175 livres chacun, font 3 livres par jour sur ce régime jusqu’à ce qu’ils aient atteint un poids de 220 à 240 livres.

Dans la récolte principale de maïs, on laisse une quantité suffisante de maïs sur les tiges pour nourrir les porcs de la ferme jusqu’à ce que l'hiver oblige l’éleveur à les rentrer à la porcherie. On engraisse tous les ans environ 110 porcs et l’on achète cinq tonnes de petit son et deux tonnes de son.

Le cultivateur n° 3 suit une méthode peu commune pour l’alimentation d'été. En automne, il entasse du maïs dans un champ de trèfle et lorsque ce trèfle est prêt à être pâturé le printemps suivant il y met les porcs qui reçoivent en même temps des gerbes de maïs qu’on leur jette tous les jours. Lorsque la hauteur de la meule de maïs est suffisamment réduite pour que les porcs puissent grimper sur le dessus, il n’est plus nécessaire de s’en occuper. L'économie de travail que l’on obtient de cette manière dépasse, dit-on, la perte de fourrage; les porcs s’abreuvent à un ruisseau.

Le cultivateur n° 4 garde vingt truies sur cent acres. Il a, lui aussi, une méthode peu commune: il engraisse ces jeunes truies après la première portée qui arrive au mois de juillet. Il les fait pâturer jusqu’à l’époque de maïs, puis il les finit sur un champ de maïs avec un pâturage de luzerne. Les porcelets courent sur un pâturage de luzerne et recoivent une petite ration de grain mélangé jusqu’à l'hiver; en hiver ils recoivent du foin de luzerne et du maïs en quantités suffisantes pour les tenir en bon état de développement. Au printemps on les met sur pâturage de luzerne où ils reçoivent du maïs: en épis jusqu’à ce qu’ils soient à point.

Le cultivate:r n° 5, qui a 75 acres, garde quatre truies. Il achète une petite quantité de son et cultive sur la ferme du foin de luzerne et du maïs. Il donne des pois et des pesats, ce qui lui permet d'économiser du travail. Si ce cultivateur avait plus de terre, il ferait manger le maïs sur pied par ses porcs en automne, car il considère que c’est la méthode idéale. Il déclare que la luzerne est une nourriture idéale,

Le cultivateur n° 6 garde six truies de race Tamworth. Il en élève 58 porcelets qui, à l’âge de sept mois, pesaient 247 livres chacun. Les portées de printemps sont mises sur un pâturage d’herbe et elles reçoivent une pâtée faite de grain concassé mélangé et de fèves bouillies. On continue ce régime jusqu’à ce que la nouvelle récolte de maïs soit prête à être consommée. Dès que le maïs est prêt, on le donne aux truies en épis mais on continue à donner de la pâtée jusqu’à ce que les porcs soient à point. Sur cette ferme on pratique les méthodes de l’ouest qui consistent à faire suivre les bœufs d’e-- ais par les porcs, mais, en sus de ce qu’ils peuvent ramasser, les porcs reçoivent de petites rations de petit son et d'avoine concassée, données sous forme de pâtée. On ne laisse pas tout le temps les pores avec les bêtes à cornes. On les met dans la cour à bétail trois heures par jour seulement. Ce cultivateur attache beaucoup d'importance à l’engraissement en plein air pour les pores dont le maïs forme la partie principale de la ration. L'exercice qu’ils prennent de cette manière rend peut-être leur lard un peu plus coûteux, mais il estime que le bon état des animaux et l’économie de main-d'œuvre font plus que compenser les pertes de poids. Les porcs engraissés de cette manière s’expédient toujours bien.

Très peu des cultivateurs que nous avons visités tenaient un registre de leurs opérations d’engraissement, soit à cause du manque d’aide, soit à eause du manque d'habitude. Tous, cependant, étaient d’accord à dire que les porcs sont une branche très avantageuse de l’éievage. D’aucuns même sont allés jusqu’à dire que l'argent qu’ils faisaient sur leurs porcs était leur revenu le plus facilement gagné. Aucun d’entre eux ne trouvait qu’il est nécessaire d'employer des porcheries coûteuses et élaborées. La plupart des pores sont tenus dans des bâtiments en planches pas très im, 2r-

méables, mais au contraire très aérés. Beaucoup d’entre eux sont d’avis que le logement des porcs remplit toutes les conditions requises s’il n’y a pas de courants d’air, s’il fournit un lit sec en hiver et des quartiers ouverts et ombragés.

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