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LA TUBERCULOSE DU PORC

PAR Roserr Barnes, V.S., inspecteur en chef des viandes.

Nous n’avons pas l'intention d'étudier longuement ici la question de la tuberculose, car nous avons déjà publié, sous forme de bulletin, pour le cultivateur et pour tous ceux qui s'intéressent à l’industrie de l’élevage, un exposé complet et très précis des faits relatifs à cette maladie dangereuse et insidieuse, On pourra obtenir des exemplaires de ce bulletin en s'adressant au bureau des publications du ministère de l'Agriculture à Ottawa,

Le choléra des porcs et beaucoup d’autres maladies contagieuses se rencontrent assez rarement dans les troupeaux canadiens; il n’en est pas ainsi de la tuberculose.

Les indications { urnies par nos inspecteurs stationnés aux établissements de salaisons, en vertu de la loi des viandes et des conserves alimentaires, nous fournissent les meilleurs renseignements sur l’existence de cette malacie et les localités où elle se trouve. Tous les animaux amenés à ces établissements sont soigneusement inspectés et toutes les circonstances anormales ou indiquant la présence d’une maladie sont signalées tous les jours au directeur général vétérinaire. Les statistiques extraites de ces rapports nous montrent que pendant l’année fiscale terminée le 31 mars 1914, quatorze pour cent des porcs sur toute l'étendue du Canada étaient affectés de tuberculose soit une augmentation de quatre pour cent par comparaison à l’année terminée le 31 mars 1910,

Ces chiffres indiquent un regrettable état de chose en ce qui concerne l’industrie porcine. La perte d’argent dans les établissements inspectés, par suite des animaux tuberculeux condamnés, se chiffre à elle seule à 875,000, mais il ne faut pas oublier que les animaux abattus à ces établissements ne représentent que cinquante pour cent du chiffre total de ceux qui sont abattus au Dominion. En raison de ce fait, le pourcentage de tuberculose indiqué par ces rapports est tout probablement plus faible que celui qui existe en réalité, car les gérants des établissements inspectés n’achètent que: les porcs apparemment sains.

La maladie n’est pas limitée à quelques localités ni à une seule province; elle est répartie par tout le Dominion et son degré d'intensité est généralement proportionnel au développement de l’industrie laitière. Un seul district fait exception à cette règle : c’est la région à maïs de l'Ontario où la maladie est très répandue et où cependant l'industrie laitière est assez peu pratiquée.

Cause.

Un fait indéniable, c’est que la maladie est causée par l'introduction du bacille de la tuberculose dans le système. Dans le cas du porc, on peut affirmer que ce germe s’introduit plutôt par l’appareil digestif que par l'appareil respiratoire. Presque invariablemeni, le bacille que l’on rencontre chez les pores appartient au type bovin. Pour prévenir la maladie chez les porcs, il faut donc la combattre tout d’abord chez les bovins.

Pour montrer l'importance relative de la tuberculose bovine et porcine et les rapports d’une maladie à l’autre, que l’on me permette de citer l'extrait suivant de la cir-

un

par J, R, Mohler, A.M, V.M.D,

| culaire n° 201, du bureau de l’industrie wmimale écri et EH. 3, Washburn, D.V.S.:

“Dans des expériences faites au bureau d: l’industrie animale, on a constaté, par un examen post-mortem, fait 107 jours uprè-, que sur cent porcs nourris pendant trois jours avec du lait tuberculeux 83.3 étaient devenus tuberculeux. Quant aux porcs qui avaient reçu du lait tuberculeux pendant trente jours et qu’on avait laissé vivre cinquante jours de plus, 100 pour 100 avaient développé une tubereulose généralisée.

Voici, en peu de mots, comment les pores deviennent tuberculeux : (1) Par le lait de vaches tuberculeuses.

(2) Par les déjections infectées des bêtes à cornes, (3) Par les déchets de cuisine non cuits.

Dans la province de l'Ontario où l’industrie laitière a été encouragée et développée, le pourcentage de tuberculose chez les porcs est de seize pour cent. Il est de cinq pour cent au Manitoba et de quatre pour cent dans l'Ontario où l’industrie laitière est encore dans sou enfance. Dans l'Ontario on a trouvé que le pourcentage des porcs affectés est plus élevé dans ces régions où l’on écrème le lait sur la ferme et où l’on donne le lait cru aux pores. Le nombre des porcs affectés venant de points d'expédition à proximité des fromageries où le lait est pasteurisé, est sensiblement moins élevé que le nombre de ceux qui viennent de stations des mêmes districts où les sous-produits ne sont pas traités.

Au Danemark, où la loi oblige les fabricants à pasteuriser tout le petit lait et le lait écrémé avant de les donner aux pores, le pourcentage de la tuberculose a été sensiblement réduit. La méthode qui consiste à iaisser les pores: suivre les bêtes à corne dans les parcs d’engraissement est peu répandue au Canada, mais il n'y a pas à douter que la maladie se propage souvent par ce move. Souvent, les vaches atteintes de tuberculose, mais qui n’exhibent pas de symptomes extérieurs, évacuent des déjections chargées de bacilles de tuberculose. Or, les porcs qui trouvent ces déjections des bêtes à cornes, les fouillent invariablement, mangent les grains non digérés qui s’y trouvent et s’infectent lorsqu'elles contiennent le bacille,

On nourrit beaucoup de porcs dans toute l’étendue du pays avec des déchets de cuisine et des ordures ménagères. Beaucoup de petits éleveu:3 comptent entièrement sur ces déchets qui, s’ils n'étaient employés de cette façon deviendraient un ermbarrs:,

surtout lorsqu’il fait chaud. On voit souvent dans nos villes et nos villages des voi-

tures qui ramassent les ordures ménagères et tous les déchets que jettent les ménagères des hotels, des restaurants, ete. Trop souvent ces déchets sont charroyés aux limite: de la ville et donnés crus à des pores dont la viande doit être offerte à la consommat:.: humaine. Il n’est pas besoin d'arguments scientifiques pour démontrer, même au: moins instruits, que cette pratique peu saine tend à propager la tuberculose et }

les autres maladies des porcs. Sans doute, la maladie peut être communiquée également par des truies affectées, les surveillants, les volailles, ete. Mais le danger de ces causes sans être négligeable est plutôt faible quand on le compare aux autres causes que nous venons d'indiquer.

Symptômes.

Il n’est pas nécessaire de parler des symptômes ou des autres moyens d’identification, car il est extrêmement rare qu’un vétérinaire compétent puisse faire un diagnostie raisonablement sûr, au moyen de l'examen physique. C’est un fait que les pores que l’on trouve affectés de tuberculose sont souvent les mieux engraissés et qu’ils ont l’air le plus vigoureux peut-être de tous ceux qui ont été abattus pendant la journée. Comme la durée de la vie du porc n’est que de six à huit mois en moyenne, on comprend facilement pouransai les symptômes de la maladie ne se révèlent que rarement.

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