LE YORKSHIRE
Les historiens de cette ‘race prétendent que le porc Yorkshire actuel descend en droite ligne de l’ancien porc anglais déjà commun dans les comtés du nord de l’Angleterre dès le commencement du dix-huitième siècle. Cet animal avait le corps long et étroit, il était haut sur pattes et avait la tête longue, de gros os, des oreilles très larges ; le développement était tardif.
Fig. 9.—Verrat Yorkshire.
On s’occupa peu de l’amélioration de la race avant 1760. Ce fut alors que Robert Bakewell, le grand éleveur de l’époque, entreprit cette œuvre en suivant la méthode par laquelle on était parvenu à tirer, de l’ancien type du mouton, le mouton anglais Leicester. Cette méthode consistait à choisir pour la preproduction des sujets de moyenne
dimension, compacts, et aux formes fines, Bakewell ayant constaté que ces sujets étaient plus aptes à l'engraissement que les types plus grands et de forme plus mnssive. Quelques autorités prétendent aussi que des croisements avec la race White Leicester, une race de pores d'un type plus fin et plus compact que le Yorkshire de « temps, contribuèrent dans une large mesure à l'amélioration de ce dernier.
Nous savons peu de choses sur les éleveurs qui se sont occupés de l'amélioration de la race au commencement du dix-neuvième siècle. Il est probable qu'un grand nombre de cuiltivateurs y ont contribué. On sait que l’éleveur du Yorkshire est grand amateur de beau bétail. On ne sera donc pas surpris d'apprendre que les pores du comté de York étaient égaux, sinon supérieurs à tous les autres pores du pays. L'émulation créée entre les cultivateurs par les foires hebdomadaires de districts avait contribué à cet état de choses. Donc, il y a quelque cinquante ans, les pores exposés à ces foires de district étaient souvent de toute aussi bonne qualité que ceux des grands concours régionaux. Malheureusement, la classification adoptée à ces expositions de districts n’était pas de nature à encourager l'établissement d’une race pure. On primait très souvent les meill .rs porcs d’uae couleur quelconque, tandis que le blanc est la couleur de la race Yorksuire. Les éleveurs négligèrent donc de fixer les caractéristiques que doit présenter toute race bien établie mais, par contre, ils donnèrent toute leur attention à la dimension des animaux, à la précocité et à l’aptitude à l’engraissement. Les progrès furent rapides et très sensibles. Bientôt les éleveurs purent présenter des mâles bien charnus et des truies de bonne qualité dans les catégories limitées aux sujets au-dessous de six, neuf et douze mois, catégories qui étaient l’objet, aux concours d'été, d’une préférence toute spéciale de la part des exposants.
\ Cependant, par suite du manque d'entente entre les éleveurs, les animaux améliorés trouvés dans différentes localités et dans différents troupeaux étaient de types très différents. et le type du grand Yorkshire ne fut définitivement fixé que vers 1860 quand des grandes expositions eurent ouvert une classe spéciale pour les Yorkshires.
à Le Yorkshire amélioré constitue une de nos plus grandes races de pores. Il est plus long que les sujets de toutes les autres races, mais il n’est pas aussi large que ceux des espèces développée: principalement en vue du poids et de la production de gras. Sa croissance est rapide; sa chair est de qualité supérieure; ses flancs, longs et profonds, produisent uue forte proportion de bacon de la sorte maigre recherchée.
Pour croiser, le Yorkshire amélioré est sans égal par suite de sa taille, sa vigueur, son développement musculaire, toutes qualités qu’il transmet à ses descendants.
Fig. 10.—Truie Yorkshire.
Les truies ont de nombreuses litières. Leurs petits sont d’égale venue, : elles en élèvent une bonne proportion. Il est rare qu’elles se montrent maladroites lors de la
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Pendant bien des années le Canada a importé des cochons Yorkshires améliorés. Ber:'coup de sujets des premières importations, même jusqu'en 1990, appartenaient à la surte massive et longue, à croissance lente, Partout où ces animaux furent distribués, la race Yorkshire ne se fit pas une ! nne réputation. Au cours de ces dernières années, cependant, on en vint à ab'ndonner cette longueur et cette dimension excessives recherchées par les premiers éleveurs de pores à bacon, et ie Yorkshire est devenu aujourd’hui un animal symétrique, long, de développement assez rapide, et qui fait, relativement à la nourriture consommée, des gains très économiques, soit en clos, ou au pâturage. Les animaux de cette race sont actifs, et cependant de caractère facile, et il est rare qu'ils perdent jeur appétit. Un verrat adulte, en bon état pour l'exposition ne devrait pas peser moins de 700 livres, et une truie adulte, 600. Les porcs bien nourris, devraient être à point pour le marché, entre les âges de 6 à 7 mois, Ile pèsent alors de 180 à 220 livres,
Le Yorkshire est de couleur blanche, … présence de taches noires sur ! peau n'est pas une cause de rérorme, mais l'éleveur devrait s'efforcer de réduire ces taches au mini num. Les poils noirs ne sont pas admis par les experts.
Le Yorkshire typique est long et profond plutôt que large; symétrique et lisse: le dos est légèrement arrondi; les côtes sont bien bombées; la ligne du dessous et les côtés sont nets, droits, et de niveau, et le corps repose d’aplomb sur des jambes bien placées de moyenne long ueur.
En déterminant la valeur relative des bases de perfection dans le pore Yorkshire, on devrait se régler autant que possible sur les exigences du commerce du bacon, tout en considérant à leur juste valeur la vigueur constitutionnelle et l'aptitude à l’engraissement,
LE TAMWORTH.
La race de pores Tamworth est probablement la plus pure de nos races modernes. C'est surtout à la sélection et aux bons soins qu’elle doit ses qualité: plutôt qu’à l'introduction de sang d’autres races. Un historien prétend que la souche de fondation a été introduite d'Irlande en Angleterre par Sir Robert Peel, vers 1915. mais d’après d’autres, cette famille était déjà très répandue avant cette date dans les comtés du Midland, en Angleterre, On dit que Sir Robert Peel a gardé jusqu’à sa mort en 1850, un troupeau de cette espèce près de la ville de Tamworth (d’où la race a tiré son nom), dans Staffordshire sud.
Pendant longtemps la race fut peu connue en dehors des «utés de Leicestershire, Staffordshire, et Northamptonshire. C’était alors un animal d'un rouge noir, grisâtre,
Fig. 11.—Verrat Tamwsr:
qui tirait sa subsistance des pâturages en été, et des glands ou fênes ramassés dans les forêts en automne et ru commencement de l'hiver. Les types primitifs avaient les membres allongés, la tete ç«* le groin longs et minces et les côtes plates. Les porcs étaient actifs, vigoureux, prolifiques, friands d'herbe, mais de développement lent, Assez minces de corps, ils portaient très peu de gras, mais on dit qu'à l’abatage, après l'engraissement, ils donnaient une forte proportion de chair,
Dans la suite, euand on commença à cultiver la terre et que le pays fut morcelé, le besoin d’un animal plus calme et plus facile à engraisser se fit sentir, et, pour obtenir ce type désiré, on introduisit des pores qui avaient une forte infusion de sang napolitain. 11 paraîtrait aussi que quelques éleveurs se servirent d’un cochon blanc amélioré par Bakewell. Le résultat de ces croisements fut un animal noir, blane et roux. Grâce aux soins de quelques éleveurs, dans certains districts de Staffordshire, toutes ces couleurs furent éliminées, à part la couleur rouge, ou roussâtre, et, grâce à la sélection, l'aptitude à l’engraissement fut développée, si bien que, vers le milieu du siècle dernier, on était arrivé à former une espèce de porcs très désirable, Des autorités afirment qu'une truie de la race Tamworth remporta le premier prix à l'exposition de North: ampton en 1847, dans une catégorie qui comprenait les Berkshires, les Essex, et d'autres races améliorées,
Heureusement, le Tamworth ne tomba pas entre les mains de ces hommes qui, dans leur travail d'amélioration sur d’autres espèces, avaient presque tout sacrifié à l'aptitude à l’engraissement; c’est pourquoi la forme longue de la race fut conservée, ainsi que sa fécondité. Les améliorations portèrent sur la longueur exagérée des membres que l’on diminua, la profondeur du corps et l'aptitude à l’engraissement, que l’on reussit à augmenter.
Pendant nombre d'années antérieures à 1870, la race ne reçut que peu d’attention en dehors de son pays d’origine. Vers ce temps, les maisons de salaison de bacon entreprirent une campagne contre les pores courts, gras et à fortes épaules alors à la mode, et qu'elles trouvaient impropres à la production de la viande entrelardée, que le marché demandait de plus en plus. C’est alors que le Tamworth se fit remarquer par l'améhoration notable qui résulta de ses croisements avec d'autres races. L'habitude qu’il avait prise de convertir en viande maigre la nourriture qu’il recevait lui valut un gr nd succès, De suite, il prit place parmi les meilleures races de la Grande-Bretagne. Toutes les expositions anglaises, y compris l'exposition Royale, reconnurent la nouvelle race en lui ouvrant une classe spéciale en 1885.
D’aspect général le Tamworth est long, lisse, et de bonne profondeur; l’avant-train est plutôt léger, la cuisse allongée; l'action est souple et active; les jambes sont fortes et droites.
Fig. 12.—Truie Tamworth.
Le Tamworth est de couleur rouge clair, sur peau couleur de chair, sans taches noires.
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Le Tamworth appartient aux grandes races, et les poids qu'il atteint éga.nt presque ceux du Yorkshire. Les verrats adultes, prêts pour l'exposition, devraient peser de 650 à 700 livres et les truies de 600 à 650 iivres. Judicieusement élevés et bien nourris, la truie et les pores sont prêts pour les saleurs à l'âge d' 7 mois. Ils pèsent alors de 180 à 200 livres.
De même que pour le Yorkshire amélioré, les bases de perfection pour le Tamwortl devraient se conformer autant que possible aux exigences du commerce du bacon sans toutefois négliger la vigueur constitutionnelle et la faculté de tirer bon parti de la nourriture,