LE BERKSHIRE
Le Berkshire appartient à l’une des plus anciennes races de pores améliorés. 11 y a plus d'un siècle, on en élevait un grand nombre dans le comté ou dans le voisinage du comté de Berkshire en Angleterre, d'où lui vient son nom. C'était alors un animal de forte dimension, au corps quelque peu massif, et avec de grosses oreilles pendantes. Sa couleur variait du fauve au rouge brun, tacheté de noir, Au commencement du dix-neuvième siècle, la rnce fut grandement améliorée, tant dans le comté de Berkshire que dans les comtés voisins. Cette amélioration, d’après les historiens, fut effectuée par des croisements avec les races supérieures Chinoise et Napolitaine, et la perpétuation des plus beaux types trouvés dans les troupeaux anglais. Vers l’année 1825, l'espèce présentait un type assez uniforme et avantageux, et la couleur noire commençait à se généraliser,
Ce ne fut qu'en 1862 que la race obtint une classe spériale à l'exposition de ln Société Royale d'Agriculture d'Angleterre. Ceci fut le point de départ d’une vive concurrence entre les divers éleveurs, chacun s’astreignant à n'exposer que les animaux qu’il avait élevés lui-même. Cette émulation eut d’neureux résultats et bientôt la race atteignit un degré de perfection qui serait hautement apprécié à l'heure actuelle.
Fig. 13. Verrat Berkshire.
C'étaient des animaux de belle apparence, très vigoureux, de bonne dimension et de Lonne longueur, sans être massifs. Les truies étaient prolifiques et les petits vigoureux. Îls étaient précoces, produisant, vers l’âge de 12 mois, une carcasse épaisse de viande maigre de benne qualité. Jusque-là les éleveurs s'étaient peu préoccupés des marques extérieures, jugeant que la valeur commerciale des animaux était chose beaucoup plus importante, et, grâce à cette circonstance favorable, la race ainsi formée avait une haute valeur utilitaire. Sa réputation devint telle qu’elle attira l'attention d'amateurs riches qui bientôt s’en emparèrent et se mirent à concourir aux expositions. Leur seul but, dans la plupart des cas, était de produire des animaux à prime, d’un type et d’une conformation répondant à leur idéal fantaisiste. On offrit de fortes sommes d’argent
pour certains types exagérés, et, naturellement, les éleveurs dirigèrent leurs efforts vers la production de ces types. Durant cette période, la race subit un changement peu désirable, et qui fut encore accéléré par une forte demande pour les animaux de concours de la part d'acheteurs des Etats-Unis. Ces importateurs ne désiraient que des animaux à prime ou conformes à leur goût. On recherchait surtout un groin court et relevé, de fortes joues, un vou épais, des épaules larges et un dos gras. La couleur actuelle du Berkshire était déjà assez bien fixée, bien qu’il ne fut pas rare de rencontrer des animaux avec une tache blanche sur le côté et des marques rouges sur le corps.
L'apparition du gros Poland-China, aux Etats-Unis, réduisit considérablement la demande des Berkshires importés, et les éleveurs anglais commencèrent à s'inquiéter d’allonger leurs sujets. Les résultats de ces efforts étaient déjà bien visibles à la fin du dernier siècle et aujourd’hui nous avons un Berkshire symétrique, de bonne longueur, et charnu. Bien que cette race jouisse, au Canada, d'une grande popularité, on ne peut dire cependant qu’elle réponde d’une manière parfaite aux exigences des saleurs. Un grand nombre d’éleveurs conservent encore le type à gros lard, tandis que d’autres
s’attachent à perpétuer seulement les types les plus longs et les plus charnus de la race. Pour la production du bacon, un croisement entre le Berkshire et le Yorkshire, ou le Tamworth, donne des résultats satisfaisants au point de vue de l’éleveur aussi bien qu’à celui du saleur. Le Berkshire est bon mangeur: il est très vigoureux, et assez prolifique. Il n’atteint pas un aussi grand développement que le Yorkshire ou le Tamworth, mais par une sélection et un élevage spéciaux, on arrive à obtenir des animaux très lourds.
Le Berkshire est noir, avec une lisse blanche aux pattes, au groin et au bout de la queue. Une tache blanche sur le bras n'est pas considérée comme un défaut, mais une grande tache blanche sur la mâchoire, l’épaule ou une autre partie du corps est regardée comme un défaut par la plupart des éleveurs.
Les verrats adultes, en bon état pour l'exposition, ne devraient pas peser moins de 550 livres, et les truies adultes, dans la même condition, pas moins de 450 livres. Pour
Fig. 14—Truie Berkshire.
préparer le berkshire pour le commerce d'exportation de bacon, il faut environ 7 mois d'alimentation modérée. Il pèse alors environ 200 livres.
D'aspect général le Berkshire est modérément long et profond, le corps est symétrique, et fièrement porté sur des jambes fortes et bien placées,