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APPORT DE SANG ANGLAIS

| Le cheval tarbéen, très apprécié dans les régiments de cavalerie légère, était insuffisant pour tout autre service et on songea alors à le érandir par le pur sang anglais. Les besoins de la consommation commandaient qu'il prît d’autres proportions et qu’il se fortifiit.

À partir de 1833, le Jockey-Club préconisait comme améliorateur principal de la cavalerie du Midi l’étalon de pur sang anglais.

Ce dernier était en effet considéré comme indispensable à l’amélioration de toutes les races de chevaux.

I] avait, disait-on, une action immédiate, une influence précieuse que l’expérience et les résultats séculaires des Anglais ne permettaient pas de contester. Les races les plus parfaites ont été de tous temps celles qui ont le plus d’affinité avec le cheval arabe, resté pur de toute souillure et conservé dans toute sa perfection native.

Le cheval de pur sang anglais n’est qu’un cheval de pur sang arabe grandi et développé sous l'influence d'agents producteurs plus abondants et plus substantiels, maintenu dans la pureté de son extraction par les soins qui ont toujours présidé à sa conservation libre de toute mésalliance.

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‘Pour les hippologues de l’époque, donc, l’étalon de pur sang était l'élément régénérateur par excellence, le principe même de l’amélioration, la jument déterminait particulièrement le $enre de cheval à produire, c'était elle qui déterminait la conformation de ses produits.

Aux environs de 1840, des personnalités anglaises en villésiature à Tarbes orgsanisaient dans le but de se distraire des courses de chevaux à Laloubère. Lord CADOGAN et plusieurs de ses compatriotes, ainsi que le comte DE GREFFULHE, officier au régiment des hussards de Tarbes, étaient à la tête de ce mouvement.

Le cercle anglais de cette époque offrit généreusement les prix des courses et il s’occupa activement de l'importation de chevaux de pur sang anglais dans

le Midi. .

Ce fait allait avoir une grande répercussion. Devant les succès sur l’hippodrome des chevaux d’Outre- Manche, les éleveurs de la plaine de Tarbes ne voulaient plus entendre parler pour couvrir leurs juments que de l’étalon de pur sang anglais. L'Etat les suivit même dans cette voie et augmenta dans une grande proportion le nombre des pur sang anglais aux Haras.

Le cheval tarbéen fut transformé et devint le-cheval bisourdan dont VALLON fait une description peu flatteuse : « Le cheval bisourdan, dit-il, arrive à 1 m. 60. Par sa tête et son encolure il ressemble au pur sang anglais, son garrot est bien sorti, le rein souvent mal attaché, la côte plate, la poitrine étroite, la croupe horizontale et longue, la queue bien attachée et bien portée, les membres longs et é$rêles, les antérieurs sont souvent brassicourts ; les angles articulaires très ouverts, les jar-

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rets droits et souvent jardés ; les paturons longs et grêles ; les pieds petits et prédisposés au resserrement des talons. Ce cheval a les allures plus allongées et plus vivaces, mais moins souples et moins gracieuses que le tarbéen, il a aussi moins de fond, il est moins doux, moins sobre, moins résistant aux fatigues et aux privations. Ce qu’il y a de remarquable, dit M. LOUCHARD, c’est que ces che-

vaux manqués, décousus, ficelles, ont conservé l’énergie de l’ancienne race, énergie factice, tenant à une prédo- minance du système nerveux ; aussi chez eux voit-on bientôt la lame user le fourreau. »

Ce cheval bigourdan, qui ne formait pas une population homogène, avait de nombreux débouchés. Jusque vers -1840, l’état de guerre dans lequel s’est trouvée l'Espagne, déchirée par les partis, par les dissensions intestines, a été favorable aux éleveurs des environs de Tarbes. Ils ont pu vendre leurs chevaux à des prix plus élevés que ceux auxquels les payaient les remontes françcaises. Les armées espagnoles, tantôt les Carlistes, tantôt les Christinos, suivant qu'ils se rapprochaient de nos frontières, enlevaient à des prix très élevés tous les chevaux propres au service de la cavalerie.

Le cheval bisourdan était le plus recherché par le luxe et servait à faire des attelages légers. Pour ce service on exigeait une taille qui ne pouvait être donnée que par l’étalon anglais et au détrimènt des qualités caractéristiques de la race navarrine. On pouvait voir des chevaux de Bigorre à Bordeaux, où ils servaient à la voiture et à la selle, aussi bien qu’à Paris, au Bois, au cirque ou dans les manèges.

Cependant, ‘régiments de cavalerie remontés en bigourdans se plaignaient beaucoup de leurs chevaux qui

s’acclimataient difficilement dans les corps, y tombaient souvent malades et résistaient peu à la maladie. Les pertes que l’armée éprouvait en chevaux de cette race étaient plus fortes que celles qu’elle faisait autrefois et. dépassaient les pertes que donnaient les autres remontes françaises.

Devant ces résultats il y eut de nombreuses réactions. Des officiers de cavalerie avaient prévu l’abus qui allait être fait du pur sang anglais. Le colonel de chasseurs COLAULT, de Bourges, écrivait en 1835 dans un mémoire sur les remontes : « Gardons-nous de dégarnir les dépôts de Pau et Tarbes de leurs étalons arabes. Cherchons au contraire, à nous en procurer de bons, capables de les remplacer. »

L'administration de la guerre envoya à grands frais pour lutter contre cela, en 1842 et 1843, douze à quinze étalons arabes au quartier de cavalerie de Tarbes pour y saillir gratuitement les juments des éleveurs. La clientèle arriva : il s’en suivit une rivalité avec les haras, cela dura quelques années puis les étalons furent versés en partie aux haras de Tarbes.

GAYOT préconisa en 1848 le croisement alternatif anglais et arabe pour obtenir l’anglo-arabe ou bigourdan amélioré comme il l’appelait.

Critiqué et combattu par le Jockey-Club, il dut quitter la direction des haras en 1852.

De 1860 à 1870 des étalons orientaux de grande valeur furent importés et, parmi eux, le célèbre Emir, qui a été par sa descendance féminine heureusement croisée avec le pur sang anglais un des principaux fondateurs de la race anglo-arabe de la région de Tarbes.

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