‹ L'Élevage du Cheval dans les Hautes-PyrénéesChapitre 17 sur 23 · M ARTE · texte numérisé non relu

M ARTE

tuant pour arriver à nos jours à la disparition, on peut dire complète, du demi-sang de Tarbes. Les primes, les encouragements n’y purent rien.

Au cours de la guerre de 1914-1918 le cheval de Bigorre fut admirable de résistance dans les randonnées qu'il a fournies sur l’Yser. De rmême dans l’armée d'Orient, il aurait pu, si cela avait été nécessaire, nous mener à Vienne.

Mais cette guerre donna un nouveau coup à l’élevage du cheval de selle. L’expérience montra que l’orientation à donner à la production chevaline était différente de ce qu’elle était dans le passé. Avant 1914 la production du cheval de guerre était à peu près completement tournée vers le cheval de selle. C’est à lui qu'allait la majeure partie des encouragèments ; une faible part passait aux chevaux de trait. En face des enseignements de la campagne 1914-1918, on conclut que « le vrai cheval de guerre était le cheval de trait ». (Lieutenant-Colonel THOMAS). :

Au 1% janvier 1918 on comptait dans l’armée 710.000 chevaux, dont 142.000 de selle ; en octobre 1918 la proportion des chevaux de selle était encore plus réduite. On estime que les besoins ont été cinquante fois plus grands en chevaux de trait pour l’artillerie, le train des équipages, qu’en chevaux de selle.

Les achats de la remonte se réduisirent de plus en plus. Dès 1920, l’effectif des chevaux légers tomba de moitié.

Le cheval du Midi s'était affirmé au cours de la Grande Guerre, et plus tard au Maroc. On chercha à ramener la prospérité de l’élevage par l’exportation.

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L'administration des haras conduisait les missions étrangères chez les éleveurs, leur indiquait les chevaux à acheter. L'Espagne puisait dans les lots des deux ans un $rand nombre de bons foals. Le Brésil revint sur le marché. La Pologne envoya des acheteurs expérimentés qui furent étonnés de voir la race anglo-arabe arrivée à un tel degré de perfectionnement.

Le Mexique, Madagascar, l'Italie, le Japon firent des achats.

Mais petit à petit nos régiments de cavalerie légère ne furent remontés qu’en partie en chevaux. Les automitrailleuses, les motocyclettes, les side-cars remplacèrent les animaux.

Pour assurer la constitution de la masse de réserve des chevaux de rang on orienta l’élevage vers une formule de cheval à deux fins, qui, en répondant aux exi- $ences militaires d’un cheval de selle, fût susceptible de trouver une utilisation civile dans le pays, dans la culture. Les Hautes-Pyrénées ne pouvaient produire que le cheval léger. |

La Bigorre perdit la suprématie dans la production de la race anglo-arabe. Ce berceau de l’anglo-arabe perdit son éclat d'antan. L'’effectif équin, qui était en 1850 de 13.844 unités, tomba à 9.760 en 1927 et 5.480 en 1936. En novembre 1938, il y avait 4.760 chevaux dans les Hautes- Pyrénées, alors qu’on en comptait 15.233 dans les Basses- Pyrénées.

Durant la guerre de 1939-1945 le moteur chassa le cheval de l’armée. De nouvelles méthodes furent employées. On ne se servait en 1945 pas plus du cheval de trait que du cheval de selle.

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Actuellement, les remontes sont pratiquement nulles. L'armée possédait, après la Libération, 20.000 chevaux de trait et de selle. En 1948 elle en vendit 10.000. L’équitation n’est plus considérée que comme un sport par les militaires.

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