‹ L'Élevage du Cheval dans les Hautes-PyrénéesChapitre 18 sur 23 · MOYENS DE REMEDIER A CET ETAT · texte numérisé non relu

MOYENS DE REMEDIER A CET ETAT

L'industrie chevaline, comme toutes les autres d’ailleurs, a besoin de débouchés et, pour qu’elle soit prospère, ces débouchés doivent être constants, réguliers et rémunérateurs.

La consommation est la cause première et la raison d’être de la production. C’est l’excitant le plus puissant de l'amélioration et l’on comprend facilement que l’éleveur, assuré d’un débouché qui lui procurera de bons bénéfices, sait se plier aux exigences du consommateur quel qu'il soit, x

Nous avons vu comme la population chevaline répondait à chaque époque aux besoins du temps. Elle remplissait bien sa destination, elle suffisait aux goûts, aux habitudes, aux mœurs, aux exigences d’alors. Mais nos services ne sont plus les mêmes.

Les hommes de cheval cherchent à substituer à la clientèle de l’armée défaillante de nouveaux débouchés, tant à l’intérieur qu’à l’étranger ; ils cherchent à définir une nouvelle politique du cheval adaptée à la situation.

Le colonel-vétérinaire CARNUS, dans un article publié dans la revue Le Cheval de Selle de janvier 1947, déclare qu’il ne faut pas condamner définitivement le cheval de cavalerie. Lors de la campagne de Tunisie,

dans les Vosges, en Forêt Noire, on utilisa, nous dit-il, des $oums ou des spahis montés, en des terrains difficiles.

On les utilisa du mieux que l’on pouvait, mais leur action fut très réduite. En Italie, où le terrain était lui aussi bien difficile, ils ne furent pas employés. La brigade de spahis à cheval qui participa au nettoyage de la Forêt Noiré avançait avec les « half-tracks » (canons de 75 sur chenille et armés d’une mitrailleuse contre avions) en tête, tout comme les spahis. motorisés envoyaient les tanks légers ou leurs auto-mitrailleuses en reconnaissance.

Le cheval de selle ne semble pas devoir jouer un rôle dans la guerre moderne. D'ailleurs les faits sont là : l’armée a vendu au cours de l’année 1948 la moitié des chevaux qu’elle possédait. En France il n’y a plus de régiment monté.

Devant cette situation, bon nombre d’officiers de haras et d'hommes de cheval ont cherché à créer des besoins. Ils rêvent d’organiser sur une grande échelle les Sociétés hippiques rurales et les Sociétés hippiques urbaines. Ces sociétés avaient été créées dès avant cette dernière guerre afin de créer un effectif de réserve pour l’armée. Le Conseil supérieur des Haras avait émis le vœu que des chevaux de selle ou à deux fins soient livrés $ratuitement aux Société hippiques rurales avec obli- $ation d’en assurer le placement parmi leurs membres, d’en surveiller le bon entretien, éventuellement de les faire reproduire, de les conserver jusqu’à 15 ans.

Dans la revue L’Eperon d’octobre-novembre 1948, M. DE LAURENS-SAINT-MARTIN nous dit qu'il s’agit pour

ET de les cavaliers ruraux de remplacer la remonte et d’acheter chaque année de quatre à cinq mille chevaux, ce qui, d’après lui, représente un effectif de cent mille cavaliers, car les animaux serviraient jusqu’à l’extrême limite.

Une telle organisation présente de graves problèmes. D’abord d’ordre pécuniaire : l’achat et l’entretien des chevaux des Sociétés urbaines nécessitent de tels frais qu'il faudrait demander à l’Etat des subventions par trop importantes ou alors se résigner à ce que la pratique du sport équestre soit réservée à une minorité.’

De plus, la fondation de nombreux centres tant à la ville qu’à la campagne, nécessiterait la formation d’un $rand nombre d’instructeurs. La recherche de manèges causerait souvent bien des soucis. À la campagne, le problème pécuniaire ne se poserait pas avec tant d’acuité. Les jeunes ruraux pourraient acheter et nourrir leurs montures. Mais ceux qui connaissent le caractère indivi- ‘ dualiste des cultivatéurs se rendent compte qu'il y aurait ici d’autres difficultés. Les séances ne seraient pas suivies avec assiduité, il y aurait des discordes lorsque l’amour-propre de certains serait froissé.

Même en admettant que nos cent mille cavaliers ruraux trouvés tout aille pour le mieux de ce côté-là, il y aurait tout de même une crise $grave du cheval de selle. Car les cultivateurs auraient un bon nombre de poulinières qu'ils livreraient certainement à la reproduction ; et au lieu d’acheter trois ou cinq mille chevaux chaque année, ils en lanceraient trois ou quatre fois plus sur le marché, qui, naturellement, ne trouveraient pas acquéreur.

Ces projets semblent devoir faire faillite, car les

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