ORGANISATION DES HARAS
Cependant RICHELIEU vint et ses réformes portèrent un coup funeste au cheval. Les seigneurs allèrent à la cour et abandonnèrent l’élevage du cheval aux fermiers. On constata une dégénérescence de la race navarrine comme de toutes les races de chevaux.
Louis XIIT essaya d'encourager /!’ élèvise de cheval en France et, dès 1626, l’Assemblée des Notables, justement, alarmée de l'importation des chevaux allemands dans notre pays, s’empressa d’attirer l’attention du gouvernement sur ce point.
En 1639, un édit royal organisa les haras mais ce ne fut seulement que le 16 mai 1663 que COLBERT fit rendre une déclaration portant qu’il serait fait information de l’état des haras et chargea l’écuyer DE GORSAULT de se renseigner sur les ressources des provinces.
Deux arrêts du Conseil organisent véritablement ces haras. Le premier, en date du 17 octobre 1665, ordonne la distribution d’étalons royaux confiés à des particu- …liers. Le second, en date du 27 septembre 1668, place à à côté des étalons royaux une autre catégorie d’ étalons appartenant à des particuliers, approuvés par l'Etat et jouissant des mêmes droits et privilèges que les premiers.
De 1668 à 1774 diverses mesures furent prises pour faire cesser la répugnance des propriétaires à user des nouveaux étalons. L'arrêt du 28 octobre 1683 interdit la saillie à tous autres que les étalons royaux et approuvés à peine de confiscation et de 300 livres d'amende et ordonne de castrer tous les petits chevaux entiers qui ne
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ed servir d’étalons, à l’ exception des chevaux de rouliers et de messagers ordinaires.
C’est ainsi qu’en 1789 on avait en She :
— 10 étalons royaux en dépôt à Tarbes, — 15 étalons royaux confiés à des gardes, — 21 étalons approuvés appartenant à des gardes.
Les étalons étaient des ni des arabes venant de Turquie, des andalous d’Espagne, des napolitains, des limousins, des normands, etc.
Mais la plus $rande.partie provenait des meilleures juments de la province alliées aux meilleurs étalons officiels et formait la classe des étalons approuvés. À eux était particulièrement dévolu le $ros de la production.
Dans ces remontes de toutes provenances, on ne voyait pas de système arrêté. On DO le perfectionnement de la forme, on visait à une sorte de beauté spéciale et de convention qui s’arrêtait à la surface et n’intéressait pas le fond. -
Il y avait une teinte particulière due au sol et au climat.
: MAGNE nous fait la description du cheval de cette époque : « Issu de l’andalou, l’ancien cheval navarrin était petit (1 m. 42 X 1 m. 50), fin, remarquable par son corps épais, son dos bas, son encolure forte et sa tête un beau busquée, par sa croupe oblique et bien fournie des muscles, son ventre gros, ses membres grêles, son épaule droite, ses avant-bras courts, ses jarrets coudés, ses paturons longs, et par ses allures douces plutôt relevées qu'allongées, c'était le type des chevaux de manège français. »
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En effet, les navarrins étaient fort recherchés pour le manège. Sous LOUIS XV, à l’époque des grands écuyers,-« aucun cheval n’était mis au-dessus d’un bon ‘ navarrin », nous dit Ephem HOUEL.
Le manège de Lord PEMBROKE et ceux de quelques autres écuyers anglais également distingués, les BaAN- QUISTE, les BATE, les ASTELEY, les HYAM, les FRANCONI et autres, qui ont fait faire aux chevaux toutes sortes d’exercices et de tours de force, n'avaient presque généralement que des chevaux français .et surtout des navarrins. On ne trouvait dans aucune autre race étrangère cette souplesse de mouvement, cette liberté d’ épaules et de
jambes nécessaires à ces sortes de chevaux.
Déjà, en 1660, M. DE NEWCASTLE disait d’eux : « Les meilleurs sujets de cette race sont les plus nobles chevaux du monde, car de la pointe des oreilles jusqu’au sabot de derrière, tout est beau en eux. Ni si légers que le barbe, ni si lourds que le napolitain, patient, courageux et aisés à dresser, ils brillent en outre par de magnifiques allures, leur pas, leur trot, leur £alop ne laissent rien à désirer. [] n’y a pas, à mon avis, un cheval qui pourrait aussi bien convenir à porter un monarque dansune rentrée triomphale sur un champ de bataille. »
Sous Louis XIII et surtout sous. LOUIS XIV, régiments de cavalerie ne trouvaient pas à se remonter en France : on importait la majorité des chevaux de l'étranger, principalement d'Allemagne. Il n’y avait pratiquement pas de cavalerie légère. La cavalerie était composée de régiments de dragons conservant le caractère d'infanterie à cheval. Elle manœuvrait et chargeait au pas.
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Le costume du cavalier français obligeait à un embarras de charge qui faisait que le cheval couvert de la selle française surmontée du porte-manteau, de la besace et du manteau, le tout pesant au moins trente livres, ressemblait à un chameau plutôt qu’à un cheval. | Ce n’était qu'avec la plus grande peine que le cavalier parvenait à enfourcher sa monture qui était nécessairement un animal lourd, épais, haut de 4 pieds 9 ou 10 pouces. *é
L'élevage en Bigorre ne souffrit cependant pas trop de cet état de choses à cause de la proximité de l’Espagne.
Le traité des Lies et Passeries, ratifiant les privilèges accordés en l’an 1315 par BERNARD, Comte de Commin- $es, fut passé au plan d’Arrens le 22 avril 1513. Les Lettres Royales de CHARLES VIIT concernant les anciens privilèses portaient confirmation du traité de 1513 par tous les rois de France.
Dans ce traité il était expressément stipulé que la suerre entre les couronnes d’Espagne et de France ne, devait pas interrompre les échanges et que les habitants des deux frontières pourraient toujours libremént communiquer entre eux.
Lors de la guerre de Succession d'Espagne, de France on envoyait du bétail, des vivres et de nombreux © chevaux au-delà de la frontière.
Le Duc d'Orléans interdit ce commerce par ordonnance notifiée le 20 juin 1708. Il y eut des plaintes et des réclamations.
Mais quelques années plus tard se développèrent les régiments de hussards, équipés plus légèrement que les
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dragons. La batine à la Hussarde.» ne pesait que dix à douze livres.
« Les hussards de Belzunce, Chamboran, Berchiny avaient, nous dit DE LASTIC-SAINT-JAL, à poste fixe dans le Bigorre, Béarn et Navarre, des officiers de remonte : qui entretenaient des relations continuelles avec les éleveurs, les instruisaient par leurs avis, les encourageaient par leur présence et récompensaient leurs soins par des prix proportionnés à la beauté des élèves. Ces HÉSIAREURS étaient les mieux remontés de France. »
Ces officiers achetaient les poulains qui étaient élevés avec soin sur les lieux, dans les écuries militaires entretenues aux frais de ces régiments. -