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CHAPITRE II

Origine et étude descriptive du cheval indigène de Bulgarie

A. — Origine

Les Equidés en Bulgarie sont surtout représentés par des chevaux de selle et de trait léger ; les ânes et les mulets sont moins nombreux.

D’après le Professeur Petroff, de la Faculté Vétérinaire de Sofia, le cheval bulgare dérive directement de Equus caballus minor (Equ caballus celticus — Ewart, Equus caballus Nehringi-Duerst) qui, depuis une époque très éloignée, fut largement répandu en Europe Centrale.

Duerst qualifie E. C. minor de type des bois, par opposition au type des steppes et au type du désert. Il le considère comme le type du cheval sauvage des forêts de la Germanie, de format réduit en raison de conditions d’une vie pénible, surtout pendant les rudes hivers passés dans les forêts. Ce cheval apparaît comme animal domestique à la fin de l’époque néolithique, introduit par les Indo-Germains.

Les Thraces, branche méridionale de cette souche,

l’'amenèrent dans la péninsule des Balkans probablement quelque 2.500 ans avant J.-C. Il aurait vécu là, à l’état pur, jusqu’au v° siècle environ après J.-C. A cette période, les Mongols venus de l'Est, envahissant les Balkans, ont introduit des chevaux convexilignes, du type Equus Prjewalski. Les représentants de ce dernier type, étant peu nombreux, n’ont pas pu exercer une grande influence sur les chevaux bulgares qui restent, pour la plupart, avec leurs caractères primitifs que nous décrirons ci-dessous.

Dans des travaux récents, en 1926, le Professeur Petroff a exposé que le cheval bulgare, le cheval russe Tarpan (Equus caballus gmelini-Ant) et le cheval arabe ont uné origine identique. Tous trois descendraient de Equus caballus minor.

L'origine du cheval bulgare est aussi ancienne que celle du peuple bulgare ; on retrouve dans la formation de l’homme bulgare, comme dans celle des représentants de l’espèce chevaline, des éléments ethniques parallèles ; depuis des siècles, le cheval bulgare est demeuré le véritable compagnon de son peuple et dans les temps les plus durs, il a rendu de grands services à notre population, grâce à sa résistance et à son énergie.

B. — Etude descriptive du cheval bulgare

Au point de vue extérieur, le cheval bulgare ne possède pas la beauté, l’harmonie, du cheval arabe, auquel il semble pourtant apparenté, au contraire il est souvent de formes irrégulières, petit, grossier.

Ad

a) CARACTÈRES ETHNIQUES :

Tête manquant un peu de distinction ; front plat mais, de temps en temps, quoique rarement, on rencontre des sujets avec le front soit convexe, soit concave ; nez courbé vers l’extrémité; naseaux peu larges, œil vif; ganaches écartées et épaisses; oreilles petites ét mobiles; encolure courte, le plus souvent droite ; garrot peu saiïllant, peu prolongé en arrière ; dos droit, rein court ; croupe courte, un peu inclinée et peu musclée ; hanches saïillantes ; queue attachée bas ; poitrine peu profonde et étroite ; ventre bien développé ; épaule droïte, maigre, membres peu musclés; articulations et tendons très solides ; sabots petits, à corne très dure.

b) ELÉMENTS MÉTRIQUES :

D’après les observations du Professeur Petroff, faites en 1926, on peut proposer les chiffres moyens suivants :

Poids vif : 360 à 450 kgs, en moyenne 380 kgs.

Taille au garrot : comprise entre 1 m. 21 et 1 m. 34 et le plus souvent entre 1 m. 27 et 1 m. 29.

Hauteur du dos en son milieu : varie entre 1 m. 22 1/2 et 1 m. 24, soit 96 Z de la hauteur au garrot.

Hauteur des reins : de 1 m. 32 en moyenne ; par conséquent l’arrière-train est un peu surélevé.

Longueur scapulo-ischiale : varie entre 1 m. 21 et 1 m. 44, en moyenne entre 1 m. 28 et 1 m. 32, ce qui représente, chez les chevaux 100,3 % et chez les jument 102.0 % de la hauteur au garrot.

Les animaux apparaissent donc sensiblement médiolignes.

Hauteur de la cage thoracique : cette hauteur, prise du sommet du garrot au passage des sangles, varie entre 0 m. 54 et 0 m. 64; elle est en moyenne de 0 m. 58 chez les chevaux et 0 m. 59 chez les juments, soit de 0,45 1/2 % et 0,46 % de la hauteur totale.

Périmètre thoracique : le tour droit de la poitrine, pris en arrière du garrot et en arrière des coudes, est en moyenne de 1 m. 42 et 1 m. 43. Ces dimensions démontrent l’étroitesse de la poitrine.

Longueur de l'épaule : la longueur de l’épaule, prise de la pointe de l’épaule au bord supérieur du cartilage de prolongement du scapulum, varie entre 0 m. 39 et 0 m. 46 ; elle est en moyenne, chez les chevaux, de 0 rm. 41 ; et, chez les juments, de 0 m. 43.

Hauteur du coude au sol : elle peut varier de 0 m. 73 à 0 m. 84 ; en moyenne, chez le cheval, elle est de 0 m. 76; et chez la jument de 0 m. 79.

Périmètre du genou : il est en moyenne chez le cheval de 0 m. 26; et chez la jument de 0 m. 25.

Périmètre du canon : canon antérieur en moyenne chez le cheval, de 0 m. 16 1/2; et chez la jument de O m. 16; canon postérieur: chez le cheval, en moyenne, de 0 m. 17 1/2; et chez la jument, de 0 m. 17.

Longueur de la tête : la longueur prise de la nuque, au bord libre de la lèvre supérieure, est de 0 m. 52 en moyenne.

Largeur du front : cette largeur, prise à la partie la plus saillante des arcades orbitaires, est de 0 m. 19 1/2 en moyenne.

Largeur de la mâchoire inférieure : la largeur, prise aux ganaches, varie entre O0 m. 12 et 0 m. 16; en moyenne 0 m. 13 1/2.

Robe : la robe est très variable, grise, baie, alezane, isabelle, noir mal teint, blanc sale.

Peau et poils : la peau est mince, couverte de poils courts et serrés. Les crins sont longs, souples et très abondants.

c) TEMPÉRAMENT :

Si, par sa conformation, par sa taille réduite, le cheval bulgare laisse un peu à désirer, par contre il est doué d’un excellent tempérament : nerveux sans €xcès, courageux, sobre, adroit, rustique, il constitue, surtout pour les régions montagneuses, un cheval de selle ou de trait léger, dont la résistance est à toute épreuve; les tissus, d’une excellente qualité, assurent, malgré de rudes travaux, l’intégrité des membres jusqu’à un âge avancé.

Dans la relation de son « Voyage zootechnique dans l'Europe Centrale et Orientale », en 1895, le Professeur Cornevin, de Lyon, insiste sur cette solidité des membres. « Les tares dures ou molles, dit-il, sont rares ». C’est là un avantage considérable pour des chevaux de service, utilisés dans des conditions très pénibles, en raison des accidents de terrain nombreux et d’un réseau routier encore très défectueux.

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