CHAPITRE III
Vicissitudes de la production chevaline en Bulgarie Etat actuel - Besoins du pays Nécessités de l’amélioration du cheptel chevalin Organisation générale instituée dans ce but
Comme nous l’avons dit, la Bulgarie est un pays agricole ; ses besoins en chevaux sont très grands.
La production du cheval doit répondre à une utilisation double :
1° Production du cheval pour la culture ;
2° Production du cheval pour l’armée.
Mais, les circonstances actuelles et la situation internationale créées aujourd’hui en Bulgarie ont limité les débouchés de la seconde utilisation. Au contraire, la production des chevaux pour l’agriculture a fait un grand progrès depuis la fin de la guerre 1915-1918. Ceci est dû à une évolution des idées des propriétaires paysans sur l’économie rurale d’une part, et, d’autre part, à l’intervention directe de l’Etat, de sorte que le bœuf a cédé progressivement la place au cheval comme facteur agricole.
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Les efforts faits pour l'amélioration de notre cheptel indigène sont déjà anciens. Pendant la domination turque, sous l’intervention du célèbre officier turc Maschar-Pacha, l'Etat turc avait introduit de nombreux chevaux arabes, d’une excellente qualité, pour le perfectionnement du cheval bulgare.
En 1865, Mithate-Pacha fonda un haras spécial, cidessous étudié, à Kabiuk, près de l’arrondissement de Choumen en Bulgarie orientale ; il y introduisit des chevaux arabes, pour les besoins de l’armée turque, et pour l’amélioration du cheval du pays.
Mais en 1877-78, au moment de notre libération par les Russes, l’armée turque, en quittant la Bulgarie, a emmené tous les beaux chevaux qui peuplaient ce haras.
Le haras « Kabiuk », source vivifiante essentielle de la population chevaline du pays, fut fermé, pendant une quinzaine d’années,après 1878; d’une part,à cause du manque de capitaux et d'initiatives ; d’autre part, parce que l’émigration du peuple turc hors de cet arrondissement a exercé une grande influence sur la diminution du cheptel chevalin dans cette région.
En 1894, le haras « Kabiuk » a été ouvert de nouveau, grâce à l’itervention du Ministre des Finances, et c’est alors que l'Etat a acheté des étalons et juments de race arabe et de demi-sang anglais ; puis, quelques années plus tard, on introduisit des sujets de race ardennaise.
L'Etat ne possède pas actuellement des chevaux en nombre assez élevé, pour remplir la haute tâche de notre agriculture ; pourtant, nous avons déjà dit que
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la Bulgarie est divisée en petites propriétés ; or, celles-ci ne permettent pas aux paysans de posséder des tracteurs agricoles, comme les grands cultivateurs de quelques pays étrangers.
D’autre part, la faible étendue du réseau de chemins de fer dans le pays rend les besoins en chevaux plus grands encore.
A l’aide des races étrangères introduites dans le pays pour l’amélioration du cheval, on est arrivé, au bout de ces quarante dernières années, à avoir une quantité suffisante de chevaux légers pour la gendarmerie et pour la cavalerie, mais on en manque encore pour l’artillerie, et surtout les besoins en chevaux pour la culture sont très loin d’être satisfaits.
Pour l’amélioration de l’espèce chevaline en Bulgarie, le plus grand rôle est dévolu aux institutions d'Etat : Haras nationaux et dépôts d’étalons. L'Etat entretient trois haras :
1° Le haras « Kabiuk » près de l’arrondissement de Choumen, en Bulgarie orientale ;
2° Le haras « Klémentina » près de Pleven, en Bulgarie du Nord ;
3° Le haras « Kaja-Bouroun », près de Jambole, en Bulgarie méridionale.
En outre, il existe trois dépôts d’étalons, près de Plovdive, et de Stara-Zagora, en Bulgarie du Sud ; puis près de Samokove, dans la région des Rhodopes.
Il faut noter que, dans ces haras, on élève non seulement des chevaux, mais aussi des Bovins, des Ovins, des Porcins et des oiseaux ; ce sont donc de grands établissements d'élevage dans lesquels on se rend compte
de l'adaptation des races des diverses espèces, aux conditions climatiques du pays ; on favorise ensuite leur expansion chez les particuliers. Ce matériel de reproduction est cédé aux éleveurs à des prix très réduits.
En ce qui concerne les chevaux, pendant la saison de monte, une partie des étalons des haras et tous ceux des dépôts sont envoyés dans différentes régions pour être mis à la disposition des agriculteurs. Le paysan bulgare, en effet, semblable du reste à ceux de beaucoup de pays, n’a pas la possibilité d’entretenir un reproducteur mâle de valeur comme étalon, pour améliorer ses élèves.
D’autre part, les besoins en chevaux nécessaires à l’entretien de notre petite armée justifient et même rendent indispensable une intervention directe de l'Etat pour encourager et perfectionner l'élevage du cheval.
Tous les ans, à partir du 1* mars jusqu’au 1° juillet, des étalons sont envoyés des haras et des dépôts vers des stations réparties dans toutes les régions du pays où on les utilise pour la monte des juments. Ces stations de reproduction sont dispersées dans les villes et jusque dans les villages ; elles jouent un rôle très important pour l’amélioration de notre race chevaline puisqu'elles rendent ainsi vraiment accessibles les services des reproducteurs d’élite, en réduisant les déplacements que l’éleveur doit imposer à ses juments.
L'origine précise des étalons des haras et des dépôts est consignée dans des registres généalogiques. Ces effectifs variés permettent d’instituer encore dans les haras des expériences et des récherches sur les divers
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problèmes zootechniques. On dispose aussi, dans ce but, des animaux de travail, d'exploitation courante, car les haras possèdent des vastes terrains dont la plupart sont labourables et où l’on pratique diverses cultures selon les besoins régionaux. Parmi les études faites ces dernières années, il faut notamment citer celles sur l’alimentation individuelle, en particulier dans l'espèce bovine.
Effectif global des haras : M. Minko
Stoeff, inspecteur général de l’élevage, nous donne le tableau suivant, concernant les étalons reproducteurs dans les haras et les dépôts, pendant les périodes 1923-24, 1927-28.
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Dans les haras et les dépôts d’étalons, les animaux sont logés dans des locaux en général commodes et hygiéniques, ce qui est une nécessité de premier ordre, pour que la tâche proposée puisse être réalisée. Cependant, une partie de ces écuries sont assez anciennes, et il est absolument nécessaire que l'Etat intervienne le plus tôt possible pour la reconstruction de celles-ci.
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Les avantages de ces haras et de ces dépôts d’étalons nationaux sont très grands ; mais, malgré tout, les résultats obtenus ont été limités, par le fait qu'après notre libération de la domination turque, la pauvreté et l'ignorance ont d’abord entravé le développement numérique de l’élevage, et ont nui à son perfectionnement. Néanmoins, plus récemment, l’intervention de l'Etat sur l’orientation de l’élevage a déterminé des progrès sensibles dont on peut espérer l’extension.
Les directions des haras et des dépôts sont en relations étroites avec les Syndicats agricoles et les groupements de particuliers, surtout de ceux qui sont à proximité de ces établissements. Elles les guident, les encouragent, leur fournissent toutes indications utiles sur le mode d'élevage et l’entretien des animaux.
Il y a certes encore beaucoup à faire pour l’amélioration de notre élevage ; mais la plus grosse difficulté que rencontre l’Etat ne semble pas actuellement d’ordre technique ; elle est d’ordre économique ; c’est le manque de capitaux.
Et pourtant, étant donné que notre pays est exclusivement agricole, il lui est nécessaire de posséder des animaux améliorés, de qualité pour accomplir la haute tâche de notre culture.
La division de la propriété nécessite une coordination des efforts individuels, et une aïde à ceux-ci : il faut que l'Etat intervienne plus activement en collaboration avec les Syndicats agricoles, pour réaliser l'introduction de reproducteurs étrangers en plus grande quantité après un choix attentif, très soigneusement étudié, des races convenant le mieux à nos besoins agricoles.