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CHAPITRE XII

Le logis du citadin moderne. — La maison à gradins. — Aération et chauffage. — Eclairage solaire et artificiel. — La demeure salubre et la lutte contre la tuberculose.

Le tronC d'arbre creux, la caverne ou la hutte qui abritaient les hommes préhistoriques se sont transformés en maisons, en hôtels, en palais, en casernes, en usines, en hôpitaux. L'habitude de séjourner pendant la plus grande partie de la vie dans un espace limité, plus ou moins hermétiquement clos, nous invite à rechercher les conditions de salubrité de nos logis.

Si nous avions le loisir de construire notre maison, elle serait élevée comme les temples d'Hygie, sur une faible hauteur. Son exposition permettrait qu'elle fût ensoleillée et lumineuse sans, cependant, être exposée au plein soleil de midi. L'un des pignons recevrait les vents humides, et des arbres proches, heureusement distribués, briseraient l'effort des vents froids.

Mais les hommes des -salles se préoccupent peu de l'emplacement choisi. Ils rebâtissent incessam-

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ment sur des ruines et des amoncellements d'immondices séculaires. Ils se précipitent en hâte dans les maisons neuves avant même que l'eau de construclion soit complètement évaporée. Il faut compter trois mois dans les pays chauds et six mois dans les pays tempérés pour que cette évaporation soit suffisante. Dans les conditions moyennes, la maison comporte une cuisine, une salle à manger, un salon, un cabinet de travail, une ou plusieurs chambres à coucher, avec ou sans cabinets de toilette; enfin, un local discret non moins indispensable que le reste.

L'art culinaire étant quelque peu insalubre, puisqu'il utilise le charbon, qu'il produit des détritus organiques et libère des eaux impures, il faut offrir à ceux qui l'exercent une atmosphère irréprochable et une grande lumière. Le foyer sera toujours doué d'un tirage énergique et sûr. Le sol carrelé pourra supporter sans dommage des lavages fréquents.

Du salon et de la salle à manger, l'hygiène n'a guère à se préoccuper, car on ne fait généralement que traverser ces pièces. On y stationne peu. D'ailleurs, les habitants sont portés à les entretenir parfaitement et à les rendre aussi confortables que possible.

Le cabinet de travail sera de dimensions suffisantes pour que l'homme qui y réside puisse, de temps en temps, quitter son fauteuil et faire quelques pas. En son absence, l'aération sera largement assurée par l'ouverture des fenêtres. Elle combattra heureusement l'odeur de papier et de tabac qui emplit quelquefois cette pièce.

La chambre à coucher sera assez vaste pour assurer à chaque dormeur une provision d'air de 30 mètres cubes. La lumière y pénétrera à profusion pendant le jour. Les meubles, qui diminuent l'espace primitif, y seront rares. Les tentures et les rideaux en seront proscrits.

La table de toilette et ses accessoires trouveront place dans un local spécial. Le mieux sera de disposer d'un robinet de distribution d'eau au-dessus de la cuvette. La salle de bain sera un endroit clair et agréable. Toute maison prétendant au confortable hygiénique doit en posséder une.

Bien peu d'architectes savent aujourd'hui construire des escaliers convenables. Quatre-vingts fois sur cent, ils les disposent parfaitement pour rompre les*as de ceux qui les utilisent.

Aux étages les plus élevés des maisons de nos villes sont aménagés des locaux connus sous le nom de chambres de domestiques, chambres de bonnes. En notre siècle de liberté, les architectes se gardent de disposer les appartements pour que les domestiques passent la nuit sous la même clé que les maîtres. Les sénateurs se plaindraient d'être séquestrés. Le respect de leur liberté individuelle exige qu'ils logent sous les toits, qu'ils y gèlent en hiver, qu'ils y étouffent en été. Si ces domestiques sont des femmes, elles y seront, par surcroît, exposées aux tentations que suggère la solitude, aux séductions et aux violences des hommes qui occupent les mansardes voisines. Le sixième étage, à Paris, est le théâtre d'innombrables infanticides et d'innombrables avortements. C'est là que se recrute la pitoyable armée des

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« filles de joie ». C'est une région où l'hygiène physique et l'hygiène morale sont également inconnues.

Mais regagnons les étages inférieurs et entrons dans le logis des maîtres. Les tapis, agréables aux pieds et chauds, ont l'inconvénient de collecter le-s poussières et les germes pathogènes. Leur battage fréquent, leur exposition au grand air et même, dans quelques cas, leur désinfection s'imposent.

L'époussetage est une habitude barbare et dangereuse qui a l'inconvénient de rejeter dans l'atmosphère les poussières et les microbes fixés sut elles. Nos domestiques remplaceront le balai et le plumeau traditionnels par un linge doux promené sur les meubles et le parquet. Dans les villes, le nettoyage par le vide a réalisé un véritable, mais bien coûteux progrès. Quant aux femmes de chambre, qui secouent odieusement les tapis aux fenêtres, elles sont responsables des maladies transmissibles qu'elles propagent ainsi.

Le water-clbset réclame autant d'air et de lumière que les autres pièces. On ne les trouvera jamais installés trop luxueusement. Un parquet brillant ou une impeccable mosaïque, un siège vernis ou ciré, mais étincelant. des murs revêtus de porcelaine émaillée prêchent la propreté et la rendent obligatoire.

Plantera-l-on des arbres au voisinage de l'habitation? Oui, mais à la condition qu'ils ne couvrent pas de leur ombre une partie de la maison. Celleci doit pouvoir être librement ensoleillée pendant le jour. Deux architectes parisiens, MM, Sauvage et Sarrazin, se rappelant que les jardins suspen-

dus de Babylone n'étaient que des terrasses établies en encorbellement ou en gradins, devant les palais des princes, amoureux des fleurs et des nuits étoilées, ont tenté de rééditer en petit dans la Babylone moderne les jardins de Sémiramis. Ils ont réalisé cette idée dans la rue Vavin, près du boulevard Raspail. Les étages de la maison qu'ils ont construite s'élèvent, à partir du second étage, en gradins en retrait l'un sur l'autre, présentant l'aspect d'un escalier monumental qui élargirait la rue à mesure qu'on s'élève. Chaque décrochement est utilisé pour établir une terrasse large de 2 m. 25, longue de 18 mètres, bordée sur 80 centimètres de jardinières de faïence qui empêchent le locataire d'un étage de plonger ses regards chez le locataire du dessous ou d'être vu par lui.

Ces retraits successifs des étages augmentent beaucoup la lumière du soleil qui pénètre dans les appartements et dans la rue.

De plus, en employant du béton pour les cloisons séparant les appartements voisins, MM. Sauvage et Sarra.zin ont rendu leur maison complètement insonore. Ils ont proscrit fort sagement les sculptures, corniches et lambris, vestiges d'un faux luxe fort coûteux et nids à poussière. Les appartements sont remis aux locataires, les murs nus, enduits très soigneusement et chacun les décore comme il l'entend.

Ces ingénieux architectes ont bien mérité de l'hygiène.

Dans la ville, on a mathématiquement déter- . miné et réglementé d'une manière souvent draconienne les rapports de la largeur des rues avec la

hauteur des maisons, en vue d'assurer à tous les habitants une part suffisante d'air et de lumière. Ces dispositions deviennent superflues avec les maisons à gradins qui prolongent les heures de soleil dans les rues où elles s'élèvent. Près de la demeure à gradins, à laquelle je ^^ens de faire allusion, la rue Vavin reçoit le soleil pendant une heure de plus que les rues voisines parallèles de même largeur.

Il est bien évident que ce genre de construction ne présente un intérêt hygiénique que dans les grandes ^illes et qu'il est parfaitement inutile d'édifier en gradins les étages d'une villa.

Plus la population est dense, plus le taux de la mortalité s'élève. L'entassement dans les grandes cités est incroyable. Certaines maisons, à Paris, contiennent jusqu'à deux cent cinquante locataires. La moyenne est de trente-deux.

L'aération par les fenêtres est celle qui, au point de vue de la quantité et surtout de la pureté de l'air fourni, replace l'homme aussi près que possible des conditions dans lesquelles il se trouve en plein air, c'est-à-dire dans l'état normal. L'aération par les fenêtres ouvertes nous donne un fluide notablement plus pur que celui qui passe par les longs et obscurs tuyaux des grands appareils de ventilation. On connaît aujourd'hui la nécessité de donner à l'homme un air pur. On sait que l'afflux et le mouvement de l'atmosphère diluent, oxydent et annulent les substances putrides et les germes pathogènes. Dans les sanatoria, les phtisiques sont soignés en maintenant ouvertes les fenêtres de leurs chambres.

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Mais ces idées ne sont pas appliquées partout puisqu'il existe en France 200,000 maisons sans fenêtres et 1.656.636 autres qui n'ont que deux ouvertures!

Pendant l'Iiiver, le tirage des cheminées allumées provoque une ventilation extrêmement active. Un kilogramme de bois, en brûlant dans un foyer, évacue et appelle environ 100 mètres cubes d'air à l'heure. Ce n'est pas là évidemment un système de ventillation théoriquement parfait, mais il joue cependant un rôle des plus importants dans le renouvellement de l'atmosphère de nos demeures. Les architectes doivent savoir aujourd'hui appliquer parfaitement les cheminées à la ventilation, même en dehors de tout chauffage, ïl n'est pas douteux, en effet, que la ventilation est réelle, même quand on ne fait pas de feu, pourvoi que la température de la chambre l'emporte sur celle de l'extérieur. Si la différence de température est inverse, la cheminée joue, au contraire, le rôle de véritable gaine d'introduction.

Le plus simple des poêles est aussi un ventilateur, puisqu'il soustrait à l'atmosphère intérieur la portion d'air appelée par son foyer, brûlée en partie et en partie entraînée dans son tuyau de fumée. Un poêle de ce type et d'une taille moyenne évacue 60 mètres cubes à l'heure, lorsque la différence entre la température intérieure et extérieure est de 12 degrés.

Beaucoup de maisons sont dotées de calorifères à charbon fournissant de l'air chaud. Il se produit dans les appartements un mélange de bouffées d'air chaud, que le calorifère envoie d'en bas

par les bouches de chaleur, avec l'air intérieur des cliambres ou les portions du même air chaud qui se sont refroidies. L'air vicié s'en va comme il peut ou ne s'en va pas du tout. Son renouvellement est laissé au hasard.

C'est le pire des systèmes. Il ne vaut pas mieux que celui des poêles à combustion lente. Si perfectionnés soient-ils, ils dégagent dans les cheminées des quantités formidables d'oxyde de carbone. En hiver, pendant la nuit, le feu étant très ralenti, l'air de la cheminée devient plus froid que celui de la chambre surchauffée tout le jour, et le courant des produits de la combustion se met à l'iîiverse du sens voulu. L'oxyde de carbone envahit sournoisement nos demeures. Le nombre de gens, surtout âgés, que le calorifère à air chaud et le poêle à combustion lente ont tués est incroyable. Emile Zola fut une de leurs victimes.

Dans les lycées, les casernes, les salles de réunion, les théâtres ou le surpeuplement est quelquefois extrême, il faut recourir à la ventilation mécanique qui propulse dans les locaux l'air frais et aspire en même temips, pour l'évacuer au dehors, l'air usé. Les anciens avaient résolu le problème en construisant leurs théâtres à ciel ouvert. Mais par habitude, par nécessité financière et climatérique. les nôtres sont au cœur des cités et clos de toutes parts.

Le chaiiffagp par rayonnement d'un foyer dut être le premier auquel l'homme ait eu recours. C'est encore la cheminée à feu nu. sans dispositif compliqué, que les gens fortunés emploient le plus volontiers. Le procédé est coûteux, mais il est

agréable et vraiment salubre. li rappelle le soleil, foyer par excellence de lumière et de chaleur.

Aujourd'hui, on tend de plus en plus à étaler le calorique sur les murs des habitations. On évite de le faire respirer sous la forme d'air chaud. De cette manière, on se rapproche des procédés de la nature qui nous chauffe par la chaleur rayonnante émanée du soleil. Nos progrès en métallurgie nous permettent de faire coiuir des tuyaux d'eau chaude ou de vapeur au bas des murs, de les multiplier par des inflexions, de leur donner la forme de registres appliqués verticalement contre les murailles et rappelant un peu un jeu d'orgues. Mais il ne faut pas approuver sans restrictions les architectes qui, partout où ils mettent un radiateur, oublient volontairement la cheminée. L'art et le confort perdent également à cette omission. La cheminée est parfois une œuvre de goût et, avant de la condamner, il conviendrait auparavant de lui donner toutes les améliorations dont elle est susceptible. Une cheminée ordinaire ne rayonne que 6 à 12 pour 100 de la chaleur produite. Revêtue d'une gaine dont l'air s'échauffe au contact des parois du foyer pour être restitué ensuite à l'appartement, elle libère jusqu'à 50 pour 100 de la chaleur dégagée par ce foyer. Ce dispositif n'est pas négligeable.

L'idée de chauffer les maisons par rayonnement en faisant émettre le calorique par leurs parois est fort ancienne. Les maisons romaines étaient à cet effet pourMies de Yhypocaustum. Les hypocaustes échauffaient le sol qui était en pierre et sous lequel circulaient les flammes d'un foyer.

C'est précisément à cet emmagasinement de chaleur dans' les parois qu'on revient aujourd'hui, comme plus hygiénique que tout autre procédé. On peut voir des vestiges de l'hypocausle, à la carrière du Roi, dans la forêt de Gompiègne et dans l'abbaye de Saint-Gall, construite au neuvième siècle. Les kangs des maisons chinoises procèdent du même principe.

Les poêles en fonte et, d'une manière générale, les poêles métalliques présentent l'inconvénient de carboniser les poussières organiques de l'air qui passent au contact de leurs parois. Cette circonstance explique en partie la mauvaise odeur de l'atmosphère dans les appartements ainsi chauffés.

Le chauiï'age à la vapeur, ou à la vapeur et à l'eau, est aujourd'hui si sûr, si propre et si facile, qu'il tend peu à peu à supplanter dans les villes tous les autres modes de chauffage.

La question de Véclairage de nos habitations est de première importance. C'est, en effet, grâce aux foyers lumineux artificiels que l'homme prolonge, en quelque sorte, le jour ou le devance et travaille sans tenir compte de la nuit. La lumière naturelle du soleil ne sert pas seulement à faire voir les objets. Elle est un élément vital au même titre que la chaleur. Son influence sur le développement normal de l'homme et des animaux est indéniable. Enfin, son rôle d'agent destructeur des microbes est capital.

Je réclame, pour nos habitations particulières, un ensoleillage direct, prolongé et généreux. Sans doute le cabinet de travail pourra se contenter de la lumière diffuse pourvu qu'elle soit abondante.

Je fais exception pour les rayons obliques du soleil à son lever ou à son coucher qui ne gênent pas le travail et sont plutôt une visite agréable.

Dans les villes, nos demeures ne reçoivent guère que l'éclairage par reflet, qu'Emile Trélat à appelé la lumière morte. L'étroitesse des rues, la hauteur des maisons, la réduction extrême des cours en sont les causes. La lumière n'éclaire directement que les logements des étages supérieurs. Les trois étages inférieurs et le rez-de-chaussée ne reçoivent que la lumière réfléchie par les murs d'en face. Trélat estime que sur les 100.000.000 de mètres carrés de planchers qui existent à Paris, il n'y en a pas plus de 20.000.000, sur lesquels un habitant assis « reçoive sur tout son corps les caresses de la lumière du ciel ».

Hors l'électricité, toutes les sources lumineuses qui nous fournissent l'éclairage artificiel sont des carbures d'hydrogène. La bougie nous donne une flamme sans fixité et d'intensité très inégale. Elle a l'inconvénient de produire en une heure quinze litres d'acide carbonique, presque autant qu'un homme adulte. Les huiles minérales ont remplacé les huiles végétales du bon vieux temps. Le pétrole brut, pour pouvoir être utilisé, subit une distillation fractionnée qui a pour effet de séparer successivement les divers carbures qui le compo- S€^nt et qui entrent en ébullition à des températures différentes. Dans une première opération, on sépare les essences ou benzines qui distillent audessous de^lSO degrés. Dans une seconde, on recueille les produits distillant entre 150 et 180 degrés: ce sont les huiles lampantes employées pour

réclairage. Restent les huiles lourdes dont on extrait la vaseline et la paraffine et qui sont inutilisables pour l'éclairage.

Une lampe à huile libère en une heure o5 litres d'acide carbonique; une lampe à pétrole en libère 94 litres; un bec de gaz-papillon. 88 litres. Dans les appareils à incandescence, la combustion est complète, et il ne résulte de leur fonctionnement que fort peu d'acide carbonique et de l'eau.

Il suffit qu'il y ait dans l'air A pour 100 de gaz d'éclairage pour que l'atmosphère devienne toxique, par suite de la présence d'oxyde de carbone. Enfin, le gaz offre un lutre danger, qui est la propriété de former un mélange explosif quand il est mêlé à l'air dans la proportion de 1/11.

L'acétylène a l'inconvéniejU de fonner avec l'air des mélanges détonnants dans la proportion de 1 pour 7-12 volumes d'air et d'exploser sous un choc ou une étincelle lorsqu'il est comprimé à 2 atmosphères.

L'arc voltaïque a un éclat véritablement aveuglant; la lampe à incandescence est infiniment agréable. Elle n'expose pas aux dangers d'explosion, d'intoxication et d'incendie: elle n'altèic- pas la composition de l'air; le seul inconvénient est la haute tension du courant dans les fils primaires.

D'une manière générale, il ne faut pas que l'œil voie les sources de la lumière artificielle. Les lampes «seront toujours placées fort au-dessus de la tête des travailleurs, afin que les regards ne les rencontrent pas.

A la question de l'iiabitation hygiénique se trouve lié un problème de la plus haute importance, celui de la lutte contre la tuberculose. Dans les villes, les tuberculeux meurent en grande partie de l'étroitesse des logis et de leur insalubrité. La tuberculose ne diminuera que lorsque les municipalités des grandes cités, s'étant enfin émues, veilleront à ce que, dans les quartiers ouvriers, les immeubles nouvellement construits soient salubres et abordables aux petits employés et aux ouvriers.

Les architectes et les propriétaires oublient que les humbles forment l'immense majorité des locataires. Le temps est venu de penser à eux.

Le fléau sévit dans les grandes villes avec une violence de plus en plus alarmante. Pourquoi? Parce qu'on ne fait pas encore pénétrer partout à flots l'air et la lumière, parce qu'on ne démolit pas les taudis, parce que là où on démolit un quartier pour pauvres gens, on rebâtit des maisons chères, et l'on ne s'occupe pas de loger convenablement les expulsés qui vont s'entasser et se contagionner dans les demeures les moins salubres. On ne pense pas à construire de très nombreux immeubles à bon marché. Mais on sait fort bien que la tuberculose est intimement liée à l'amélioration architecturale des villes. Les maisons sont partout trop hautes et, même dans les quartiers excentriques, les loyers sont trop élevés pour les humbles.

Le péril est formidable. De 1900 à 1910. on a

supprimé 110 hectares de jardins parisiens qui étaient des îlots de verdure, des réservoirs d'air pur nécessaires à la salubrité de la ville. On a bâti à leur place des immeubles de grand rapport. On parle dans les statistiques officielles de diminution de la tuberculose à Paris. Hélas! malgré la décroissance de la mortalité générale, le pourcentage des cas s'élève régulièrement. D'un rapport dressé par mon distingué confrère, le docteur Fillassier, directeur des travaux statistiques de la Ville de Paris, pour le Conseil général de la Seine, il résulte que partout les morts dues à la tuberculose ont progressé régulièrement, de 1896 à 1911. Voici quelques chiffres établis par rapport à 100.000 habitants:

Alors que, depuis 1880. malgré l'augmentation de la population parisienne, la mortalité générale a diminué de 10.000 unités, alors que la santé de Paris s'est indiscutablement améliorée et que certaines maladies, autrefois très communes, sont au-

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