CHAPITRE XV
Historique des tentatives faites pour prolonger la vie. — Evaluation de la durée de la vie humaine. — Conditions naturelles de la longévité. — Causes qui abrègent la vie. — Moyens propres à retarder la décadence de l'organisme humain. — Préceptes généraux susceptibles d'assurer la longévité.
Les hommes se sont toujours jjréoocupés de l'art de prolonger la vie. La gérokomîqiie (1) était une science pratiiquée idès les temps les plus reculés. Le roi David nous fournit un exemple de l'emploi d'une méthode cfui consistait à procurer une nouvelle jeunesse aux vieillards en les maintenant au contacft et danis l'atmosphère de jeunes gens sains et dispos. L'illustre Beerhave réédita le procédé en faisant coucher un vii>ux bourgmestre d'Amsterdam entre deux jeunes filles, ce qui procura, paraît-id, à son dient, un regain de force et de gaieté.
(1) iMot formé du substantif grec yèprov , vieillard, et du verbe y,o[).îix), entretenir.
Au commencement du xviii* siècle, le docteur Cohausen commenta lonfi:uement une inscription latine (1). établissant qu'un certain Hermippus, directeur d'une école de filles, à Rome, avait dû d'atteindre cent quinze ans, au fait d'avoir vécu continuellemenl entouré de jeunes filles. Celte influence juvénile avait prolongé sa vie. Cohausen concluait très sérieusement à la nécessité de se soumettre matin et soir au souffle de vierges jeunes et innocentes. « car. disait-il. dans le souf- '( fle de l'innocence réside la matière première, à (( l'état de sa plus grande pureté ».
Le Moyen Age crut que la conservation et la prolongation de la vie, regardées par toute l'antiquité comme des bienfaits de la nature, pouvaient être obtenues à l'aide de produits transmutés dans les alambics. Boger Bacon recommandait dans ce but les prénarations d'or, les perles, l'ambre et les bézoards. Il eut, comme principale cliente, la comtesse Desmont, qui atteignit -mais rien n'est moins certain — l'âge de cent quarante ans. vit sa dentition se renouveler trois fois et sa cbevelare repousser deux foi<î! Cettp longévité était attribuée à l'usage de la liqueur
(1) ^sculapio el Sauitati