‹ L'élévation et la chute de l'empereur MaximilienChapitre 14 sur 22 · MARQUIS DE MOUSTIER · texte numérisé non relu

MARQUIS DE MOUSTIER

On avait manqué de prévoyance quand, sous prétexte de recouvrer quelques millions en faveur de nos nationaux, on avait enfoui plus de 600 millions dans le gouffre mexicain. A cette heure, on manquait de générosité en arrachant à Maximilien ses dernières ressources financières.

Au point de vue militaire, il restait encore une grosse question à résoudre. Notre armée ne pouvait se retirer laissant derrière elle des prisonniers français aux mains de l'ennemi. Le quartier général, par l'intermédiaire officiel de son cabinet militaire, avait dû entrer en pourparlers, sur plusieurs points du territoire, avec les chefs libéraux, pour obtenir et conclure les échanges de nos compatriotes contre des Mexicains dissidents. Le ministre de la guerre Murphy, au nom de Maximilien lui-même, avait prié le général en chef de traiter de la liberté des impérialistes tombés au pouvoir des juaristes. Le chargé d'affaires autrichien avait recours aussi à la sollicitude française pour la délivrance des soldats de la légion austro-belge, qui avaient capitulé aux combats de Miahuatlan, de la Carbonera et d'OaJaca. Dans

-3i4sa demande, le baron de Lago priait même le maréchal d'intervenir directement, ce qu'il n'a fait à aucune époque, dans les négociations avec les premiers lieutenants de Juarez.

Mexico, le 29 janvier 1867.

Monsieur le maréchal,

Les membres du corps des volontaires autrichiens ayant, par la dissolution de ce dernier, cessé d'être soldats mexicains, je prends la liberté de m'adresser à la bienveillante sollicitude de Votre Excellence, en la priant de vouloir bien employer toute son influence et tous ses efforts dans le but d'obtenir aussi promptement que possible la mise en liberté des anciens volontaires autrichiens qui se trouvent entre les mains des dissidents, notamment ceux d'Oajaca. Je prierai en même temps Votre Excellence de ne pas se laisser arrêter un instant dans cette noble tâche par les remontrances et les observations qui pourraient être élevées contre son intervention directe dans l'affaire susmentionnée.

Le chargé d'affaires d'Autriche,

Page 1