ARMÉE RÉPUBLICAINE DU CENTRE
El Salitre, 3o décembre 1866.
Maréchal,
Au moment de marcher avec mes forces sur la ville de Toluca, avec la conviction que la place ne pourrait me résister, et désireux d'éviter à la ville les tristes conséquences d'un assaut, j'ai envoyé le colonel Jésus Lalanne en parlementaire pour ménager une entrevue avec les chefs mexicains de la place, en leur proposant des conditions honorables.
Mon envoyé a été fait prisonnier sur la route et emmené à Mexico. C'est une violation des usages de la guerre, qui, sans nul doute, n'a pour cause que le trop de zèle de ceux qui l'ont commise.
Comme j'ai toujours connu vos sentiments de galant homme, je compte sur eux pour faire réparer le mal.
VicENTE Riva Palacios.
Cette missive prouve que les juaristes savaient d'avance pouvoir demander justice au commandement français contre les violations des lois de la guerre. Mais si notre quartier général se montrait toujours prêt à observer le droit des gens, il ne perdait pas non plus une occasion de faire respecter les droits de la couronne placée sous sa sauvegarde. Aux démonstrations juaristes, fidèle à sa ligne de conduite, il avait toujours opposé un langage dont l'énergie avait fait impression dans le camp républicain.
Mexico, 3 janvier 1866.
A M. le général Riva Palacios.
S. E. le maréchal, commandant en chef le corps expéditionnaire français au Mexique, me charge d'avoir l'honneur de répondre à votre lettre datée de Tenancingo, le 3o décembre dernier.
Les occupations de Son Excellence ne lui permettent pas de vous répondre personnellement. Vous verrez que M. le lieutenant-colonel Jésus Lalanne a été remis en liberté, sur les instances du maréchal, qui le renvoie auprès de vous.
Permettez-moi d'ajouter, monsieur le général, que dans les circonstances actuelles, les mouvements qui s'exécutent du côté de Toluca (à vingt lieues de la vallée de Mexico}, ne sauraient rester indifférents au chef de l'armée française, vous le comprendrez sans peine.
Il rie m'appartient point de vous conseiller telle ou telle manière d'être; mais je tiens à ce qu'aucun malentendu ne puisse vous faire supposer que Son Excellence reste inactive, alors que vos troupes prennent l'offensive et s'approchent de nos lignes plus qu'il ne convient à l'armée française de le supporter.
Vous voudrez bien apprécier la situation sous son véritable jour, et vous comprendrez que vous restez responsable des mesures que croit devoir prendre le maréchal pour tenir, pendant tout son séjour à Mexico, les corps de l'armée républicaine à distance de la capitale et des points stratégiques qu'il croit devoir occuper.
Le colonel d'état-major.
D'un autre côté, le colonel Milicua, chef d'état-major du général Poriirio Diaz, dénonçait lui-même la reprise des hostilités au commandant français, qui occupait la ville de Tehuacan.