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hâté, au lieu de retarder, le départ des forces françaises du Mexique. Aujourd'hui, cependant, nous attendons le commencement de l'évacuation. Qiiand cetteopération aura été effectuée^ le'goiivernement prêtera volontiers l'oreille à des suggestions, de quelque part qu'elles viennent, tendant à assurer de nouveau le rétablissement de la tranquillité, de la paix et du gouvernement constitutionnel indigène au Mexique.
Mais, jusqu'à ce qu'il nous soit permis de constater ce com- . mencement d'évacuat'.on, toute tentative de négociation n'aurait pour effet que d'égarer l'opinion publique aux Etats-Unis et de rendre la situation du Mexique plus compliquée.
Il est à peine besoin de vous inforni?r que les conjectures auxquelles se livre une partie de la presse au sujet des prétendues relations qui existeraient entre ce département et le général Sanla-Anna, ne reposent sur aucun fondement.
W. H. Seward.
Dépêche de M. Bigelow à M. Sovard, rapportant sa première entrevue avec le nouveau ministre des affaires étrangères^ marquis de Moitstier, en date de Paris, le 12 octobre i86ô.
Monsieur,
Le marquis de Moustier a reçu hier le corps diplomatique pour la première fois.
Il m'a demandé s'il était vrai, ainsi que le rapportaient les journaux, que nos relations officielles dussent bientôt cesser. Il a exprimé le regret d'apprendre que cela fût, et le désir qu'il aurait eu de coopérer avec moi à cultiver des relations très amicales entre nos deux pays respectifs.
En réponse à une question que je lui adressai, il dit que la
politique de son gouvernement envers les Etats-Unis et le Mexique ne subirait aucun changement, par son avènement ;iu ministère.
Son Excellence ajouta qu'il consacrait tous les loisirs, qu; lui restaient, à étudier les diverses questions américaines avec lesquelles il n'avait pas encore eu occasion de se familiariser, et qu'aussitôt qu'il serait prêt, il serait heureux de causer plus longuement avec moi ou avec mon successeur. Il désirait néanmoins m'annoncer, et me prier de vous en faire part, qu'il avait vu l'Empereur à Biarritz; que Sa Majesté avait exprimé le désir et l'intention de retirer ses troupes du Mexique, aussitôt que faire se pourrait et sans tenir compte de la convention conclue avec Maxiniilicn. Son Excellence ajouta que, d'après les derniers rapports, les dissidents gagnaient du terrain, mais que ce n'était pas l'intention de l'Empereur d'entreprendre de nouvelles et distinctes expéditions pour les réduire; qu'il était question de reprendre Tampico, mais que rien n'avait transpiré à Paris sur ce su;et.
Il dit que la position de la France était délicate, et que l'Empereur ne désirait rien autant que de se débarrasser de tous ses engagements avec le Mexique^ aussitôt qu'il pourrait le faire avec dignité et honneur, et qu'avec notre aide, sur laquelle il comptait, le moment pourrait être considérablement avancé.
A cela je répondis seulement, d'une manière générale, que je n'avais pas de raison de douter que les futures relations des Etats-Unis avec la France ne fussent marquées par les mêmes considérations amicales qui les av.ient caractérisées jusqu'ici.
Je n'ai pas demandé quel genre d'aide des Etats-Unis il voulait dire, présumant qu'il comptait sur de la tolérance Abrbearance"; plutôt que sur aucune coopération active.
Je puis aussi mentionner, à ce propos, que je suis revenu hier de Biarritz, où j'ai été informé par M. Pereire, le propriétaire
de la ligne de paquebots franco-mexicaine, que son agent avait enfin signé le contrat, au ministère de la guerre, pour le rapatriement de toute l'armée française, en mars prochain. *
Il avait reçu la veille, ainsi que je l'ai compris, la lettre l'avisant de ce fait. Quelques détachements de troupes, a-t-il dit, seraient rapatriés cet automne, et tout le reste avant la fin de mars. J'ai lieu de penser qu'on l'a prié de me faire cette communication.
John Bigelow.
Par ces deux documents, il est facile de juger quel cas on faisait de la politique française par delà l'Océan. C'était Justice. Quoi qu'il en soit, le quartier général restait alors dans l'ignorance de ces manœuvres diplomatiques. Quant à la mission du général Castelnau, son caractère comminatoire ne tarda pas à transpirer. L'émotion publique se propagea jusqu'à Mexico, et le président du conseil, M. Larès, s'en fit l'interprète auprès du quartier général, dont la réponse réaffirma, comme c'était son mandat et sa conviction, que le corps expéditionnaire n'avait qu'une mission, celle de protéger l'empire. En même temps, le maréchal démontrait loyalement au cabinet mexicain les fautes commises, tout en combattant de prétendus griefs qu'il invoquait contre le corps expéditionnaire.
Mexico, le 6 octobre 181I6.
Monsieur le ministre de la justice, En réponse à la lettre de Votre Excellence du 9 octobre, j'ai l'honneur de l'informer que, par suite de l'arrivée du général
* La modification des premiers marchés passés avec cette ligne de paquebots en vue du rapatriement primitif, en trois échelons, fut même assez onéreuse pour le trésor français.
Castelnau, aide-de-camp de Sa Majesté l'empereur Napoléon, qui bien certainement doit apporter des instructions de mon auguste souverain, je ne puis lui dire le rôle réservé pour l'avenir aux troupes f.-ançaises. En attendant, elles restent dans leurs positions^ continuant à prêter leur assistance, chaque fois que la nécessité s'en présente, aux autorités comme aux populations de l'Empire.
Quant aux troupes nationales et auxiliaires, comme Votre Excellence est restée éloignée du gouvernement, elle ignore, sans doute, que depuis la création des divisions militaires, ces troupes ont été complètement mises à la disposition des généraux mexicains commandant ces divisions, et, par suite, à celle du gouvernement impérial qui leur communiquait ses ordres, soit par l'intermédiaire du ministère de la guerre, soit par celui des commissaires impériaux.
Depuis cette époque, mon rôle s'est borné à donner des conseils qui n'ont presque jamais été suivis, ou à donner l'appui de mes troupes, à faire réparer le matériel et à fortifier les villes importantes ou les places de guerre; enfin, à aider de tous mes moyens la réorganisation de l'armée nationale. Cette armée comprend aujourd'hui vingt-deux bataillons d'infanterie, y compris les cazadores de Mexico; dix régiments de cavalerie, quatre compagnies de gendarmerie, l'artillerie et le génie correspondant; le tout formant un effectif de 17,254 hommes.
En ajoutant à cet effectif les 6,811 hommes de la légion austro-belge, plus les auxiliaires ou gardes stables qui existent enc'jre, on arrive facilement au chiffre total de de 28,000 hommes. Au 2^ janvier dernier^ cet effectif s'élevait à 43,520. Les services de l'artillerie et du génie ont été remis, dès l'année dernière, aux officiers mexicains nommés par le ministre de la guerre, et ils ont par devers eux l'inventaire qui a été établi à cette époque.
A Puebla, il existe, par les soins de rétat-major autrichien, une poudrerie et la capsulerie, ainsi que des ateliers en fer, bois, cuir, qui peuvent pourvoir aux besoins de l'armée nationale, et qui ne dépendent que du ministère de la guerre.
Le gouvernement impérial peut donc disposer de tous ces éléments, sur lesquels, d'ailleurs, je n'ai jamais eu aucune action directe, ainsi que de l'artillerie qui existe dans les places, et des 40,000 fusils et autres armes qui ont été distribués, dans une période de trois ans, à l'armée mexicaine et aux populations. Le rôle du commandant en chef, tel qu'il a été déterminé, n'est pas de s'immiscer dans la discipline, l'avancement et l'administration de troupes, mais seulement de les faire agir, afin qu'il y ait unité d'action.
J'ai le regret de dire qu'il n'en a pas été ainsi, malgré mes observations réitérées, et que dans toutes les divisions territoriales, les généraux commandants ont le plus souvent agi à leur guise ou par suite des ordres émanés directement du ministère de la guerre.
Rien n'empêche donc de continuer, et la question que vous me posez, de la mise à la disposition du gouvernement des troupes nationales, est ainsi résolue comme vous le désirez.
Seulement, il faudrait que les généraux nommés à des commandements divisionnaires se rendissent à leur poste, tels, par exemple, que les généraux Chacon et Severo Castillo, l'un pour la S"^ et l'autre pour la q^' division militaire.
Une autre erreur que Votre Excellence commet, sans doute involontairement par suite de son éloignement des affaires, mais que je tiens à rectifier, c'est d'attribuer l'évacuation des villes aux troupes françaises. Elles ne les ont pas évacuées, mais elles en ont fait la remise aux troufcs mexicaines, qui, pour une cause ou pour une autre, ne les ont pas défendues ; voilà la vérité^ et Votre Excellence doit la connaître