ACTE Ur, Sciî<E II Î
DITH.
Tu seras obéi, mon cher aime si teîîcir& i J en prench rengagement.
LOUIS
Ah! tu me donnes un grand repos! (hue deni
la main de Louis. Un silence. On ne perçoit que les sanglots étouffés d'Edith, et une chanson, un air connu, qui entre par
la fenêtre, vaguement.) Tu entends?... tu les entends, les blessés, les rescapés, les petits gars... les héros? Ils chantent... Ils vont repartir et ils chantent. Écoute... c'est une chanson de Mayol...
(Un silence.) Ces VOix de soldats!... (Un silence. Edith pleure désespérément. Louis, d'un tendre geste aveugle, attirt
la pauvre tête.) Ne pleure pas, ma petite fille 1 Personne ne meurt!... Entends, Edith, le chant de notre immortalité! (Un silence, j Je ne t'ai jamais écrit certaines choses... c'est ennuyeux de parler de soi*., mais je veux que tu saches pourquoi j'ai donné ma vie. Pendant la Marne... c'était le 8 septembre, au petit matin... un capitaine à qui je demandais la position de l'ennemi m* répondu : « Les Boches, mais ils ont foutu 1« camp! » Et moi, j ai éclaté en sanglots. J'ai su plus tard tout ce que ces larmes apportaient de renouveau. A travers mes années d'oubli et
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de fanure, ma jeunesse accourait, mes enthousiasmes... J'avais douté... j'avais tremblé que la nuit ne couvrît le monde! Et non... pas du tout!... elle brillait toujours, ma France... patrie capricieuse et tourmentée, mais patrie des patries, source des âmes, d'oii la liberté et l'amour des hommes ont jailli par la terre entière!... Edith, il faut, il faut que la France soit victorieuse!... Son talon, qui a démoli les prisons du monde, une à une, anéantira le bagne monstreux de la Guerre, où deux cents millions de forçats innocents, hommes et femmes, pleurent
et meurent! (il s'arrête essoufflé. Sourdement :j Je Suis tombé pour cela ! (Un silence. Plus bas :, Oui, Id
guerre est horrible... Pourtant, elle a tiré du cœur humain autre chose que sa boue éternelle... des flammes, les plus hautes flammes! Mon adorée, ne maudis jamais mon sacrifice ! Tout se tient... Sans ce grand élan, notre amour n'eût pas été.
EDITH, redre>aaé».
Louis, tu es beau!... tu es beau et je te remercie! Tu me lègues une sublime raison d'exister. Comme tu as fait le don de toi, le don fratt-rnei, je m'offrirai I Je serai la sœur de toute