‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 38 sur 108 · ACTE I, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XII

de Santé nous charge, Letisseur et moi, de constituer un grand centre de chirurgie nerveuse. (Soucieux.) Il y a beaucoup, beaucoup à faire!

(Edith a le même air de détachement, le regard perdu. André jette sur elle un coup d'œil, puis :) Comme noUS l'avonS

décidé, tu soigneras les blessés à cet hôpital de la rue Lamennais. Tu toucheras là aux plus cruelles de toutes les blessures... Que veux-tu! Il faut que chacun rende son maximum. Tu étais, à l'Institut Ghaumel, une infirmière hors ligne. Ta dextérité, ton sang-froid nous seront précieux. (Un temps.) Ce projet te convient toujours?

EDITH

Mais oui... certainement.

ANDRÉ

Veux-tu que je ferme la fenêtre?

EDITH

Oh! non...

ANDRÉ

Tu es frissonnante... Tu n'as pas froid ?

S2 l'élévation

EDITH

Pas du tout !

ANDRÉ, gui est allé à la fenêtre.

En efîet, ce jour est d'une douceur !... Ce mauvais jour ! (Il s'est retourné, il la regarde. Soas son regard, elle se lève, va s'asseoir à son bureau. André est derrière elle.

Un silence.) Edith, je suis un peu peiné. En cette heure, la plus grave que nous puissions imaginer, je ne sens entre nous aucune communication.

EDITH

Si!... Pourquoi?...

ANDRE

Et nous avons la même tristesse ! Oh ! je ne 1

réclame pas des épanchements. J'aime trop votre pudeur et votre retenue...

EDITH

J'irai demain à la rue Lamennais pour m'entendre avec madame Quentin et pour...

Page 1