‹ L'Elite des contes du sieur d'OuvilleChapitre 4 sur 15 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

1710. Ces réimpressions hollandaises sont accompagnées de vignettes d'une exécution typographique soignée , tandis que celles des plus anciennes impressions françaises sont détestables.

Ici se présente un petit problème littéraire.

Est-ce à d'Ouville qu'il faut attribuer la composition du recueil qui porte son nom? Il a été avancé que l'honneur (honneur s'il y a) d'avoir formé cette compilation revenait à Boisrobert, qui avait emprunté le nom de son frère, et celui-ci aurait laissé faire.

Quelques écrivains ont émis à cet égard des opinions contradictoires; selon La Monnoye, c'est Boisrobert qui est en cause, tandis que d'Artigny et l'abbé Goujet s'en prennent à d'Ouville; La Monnoye, étant plus rapproché de la moitié du XVIIe siècle, est peut-être le plus digne de foi.

Quoi qu'il en soit, on ne conteste pas à notre d'Ouville la paternité de dix pièces de théâtre, une tragédie, les Trahisons d'Arbiran , une tragi-comédie , les Morts vivants, et dix comédies. Ces pièces, qui furent fort bien accueillies du public, ont été imprimées séparément à Paris de i638 à i65o; il serait difficile aujourd'hui d'en former la réunion complète; l'une d'elles, Ainier sans savoir qui, copie le titre d'une des comédies de Moreto : Amar sin saber à quien ; la Coeffeuse à la mode mérite d'être distinguée au milieu de ces productions tombées dans l'oubli, elle offre quelques détails de mœurs dignes d'être saisis au passage.

En énumérant ces diverses pièces dans le Catalogue de la Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne (t. I,p. aSg, n° 1170), M. Paul Lacroix ajoute : «D'Ouville, qui avait lu et goûté nos vieux conteurs français, leur a emprunté des traits fort comiques et des scènes vraiment fort divertissantes. »

Page 1