‹ L'Elite des contes du sieur d'OuvilleChapitre 5 sur 15 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

D'Ouville voulut aussi faire connaître à la France les richesses de la littérature étrangère ; le mariage d'une infante d'Espagne avec un de nos rois avait déjà, avant l'union de LouisXIVavec l'insignifiante Marie-Thérèse, mis à la mode, chez nous, les beaux esprits castillans. Parmi les productions en vogue au delà des Pyrénées, figuraient les récits d'une noble dame, dona Maria de Zayas Sotomayor, dont les Novdas amorosas y exemplares, publiées pour la première fois en i635, obtinrent un succès attesté par de nombreuses éditions; elles ont même été reproduites à Paris, en 1847, par le polyglotte libraire Baudry.

Une traduction de cinq nouvelles seulement (l'ouvrage espagnol en contient vingt) parut sous le nom de Le Metel, Paris, de Luynes, i65o. Une autre traduction anonyme vit le jour à Paris en 1680 et fut promptement reproduite. Notons en passant que Scarron connaissait bien ce% Novelas qui otîrent un mérite réel; il s'est approprié trois de ces historiettes dans un de ses recueils, et il en a utilisé une quatrième dans le chapitre xiv du Koman comique.

Ce ne fut pas la seule production castillane que d'Oùville voulut faire connaître en France; un conteur fécond, don Alonso Castillo de Solorzano, auteur des Tardes entretenidas et des Aventuras del bachiller Trapaza, avait abordé le genre picaresco, alors fort à la mode, auquel on doit Guzman d'Alfarache, et la Vida del escudero Marcos de Obregoiij genre qui offre une analogie frappante avec le réalisme, avec le naturalisme auquel notre époque fait un accueil empressé. Castillo lança à Madrid en i635 la Garduna de Sevilla y Anzuelo de las borsas; le livre trouva de nombreux lecteurs, les libraires le reproduisirent, et en 1661 un éditeur fort connu à Paris à cette époque, Billaine, en publiait une traduction française avec un titre, reproduction

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