VI AVANT-PROPOS
fidèle de l'original : La Fouine de Séville ou l'Hameçon des bourses; cette version reparut en 1731, avec un intitulé modifié : Histoire de Dona Kufîna, courtisane de Séville; l'une et l'autre impression désignent comme traducteur Le Métel, sieur d'Ouville, ce qui n'a point empêché de dire qu'il s'était de nouveau prêté à placer sa signature sur une œuvre de Boisrobert.
Nous conviendrons que parmi les anecdotes racontées par d'Ouville il en est bon nombre qui sont médiocrement spirituelles, et qui s'exposent au reproche de trivialité, parfois de grossièreté; mais il faut observer qu'à l'époque de Louis XIII le goût du public était bien loin d'être épuré; on voulait rire, on était peu difficile, pourvu qu'on fût amusé.
Des expressions trop crues se rencontrent dans les Contes que nous reproduisons, mais elles ne choquaient alors personne; on les retrouve même dans les sermons que prononçaient en chaire de zélés prédicateurs et qu'on imprimait pour l'édification des fidèles.
Il y a tout lieu de croire que parmi les anecdotes de tout genre qui forment le recueil qui nous occupe, de nombreux faits réels se retrouvent; rien n'était plus commun à cette époque que les tours de filous, les exploits de voleurs. Divers écrivains s'en étaient déjà constitués les historiens spéciaux.
D'Ouville avait largement emprunté à ses devanciers; les compilateurs qui sont venus après lui et qui se sont exercés dans le même genre ont, de leur côté, puisé amplement dans ce fonds commun de gaillardises et de joyeusetés qu'on retrouve partout; on en aura la preuve si l'on veut bien prendre la peine de parcourir la Gibecière de Morne, 1 644 ; le Courrier facétieux, 1 65o ; \e$ Divertissements curieux, ou le Thrésor des meilleures rencontres et mots sub-