‹ L'Eloquence académiqueChapitre 45 sur 65 · I. Mtmor cotuiilionis suae, (Ponûi. rom · texte numérisé non relu

I. Mtmor cotuiilionis suae, (Ponûi. rom

admirable de l'éternelle vérité, qui est aussi l'éternelle bonté ! Tout ce qui veut recevoir le baptême chrétien, tout ce qui aspire à s'améliorer, à se transformer, tout est accueilli par l'Église, tout peut entrer, et tout se trouve à l'aise dans son sein. Bientôt maîtresse du monde, elle ne renverse pas même les temples païens, elle les purifie et les consacre à ce Dieu inconnu, dont saint Paul avait dit le beau nom à la Grèce étonnée.

Et avant que le génie de Michel Ange eût emprunté au Panthéon les formes hardies de sa coupole pour la jeter dans les airs et en faire la couronne de Saint-Pierre, le Christianisme avait fait de ce vieux temple de toutes les idoles des nations la belle et noble église de la Vierge Marie et de tons les Martyrs..

En un mot, le Christianisme purifie tout ce qui peut être purifié ; il refait et rend immortel tout ce qu'il marque de son empreinte : il ne rejette rien de ce qui fut bon dans la pensée et la parole humaines !

La pensée et la parole humaines ! Ah ! sans doute, elles avaient bien souffert ! La traversée avait été pour elles longue et périlleuse : aussi n'est-ce pas en leur disant anathème, c'est avec compassion et avec amour que le Christianisme les recueille dans leur naufrage, les relève, les éclaire, les fortifie et les console ; c'est avec bonheur qu'il en fait la pensée et la parole chrétiennes. Messieurs, si vous me permettiez mon langage, c'était la brebis égarée qu il rapporta sur ses épaules au bercail !

Et ce qui se vit au commencement des siècles chrétiens devint la tradition des âges suivants : Saint Paul avait cité Aratus et Ménandre (') ; saint Justin et saint Augustin citent Platon ; saint Thomas et tout le moyen âge donnent la main à Aristote.

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