‹ L'Eloquence académiqueChapitre 48 sur 65 · I. Univers du 27 novembre · texte numérisé non relu

I. Univers du 27 novembre

heureux que lui, je pourrai quelquefois, sans manquer aux devoirs de la charge pastorale, venir m'asseoir auprès de vous, et peut-être vous apporter quelques lumières dans votre grande œuvre, du moins pour la définition de ces mots qui sont de ma langue avant d'être de la vôtre.

L'Éloquence acade'mique.

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Né à Recey-sur-Ource,mortà Sorèze (1802-1861). ^

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JAMAIS le Père Lacordaire n'avait songé à l'Académie française. On vint à lui dans sa solitude : ses amis d'abord, M. de Montalembert et M, de Falloux ; et puis ses admirateurs, Cousin, Villemain, Guizot. Mme Swetchine mourante pensa que ce serait une faute à lui de refuser, |)arce qu'il y avait dans ce mouvement spontané d'hommes éminents vers un religieux un hommage à la religion. Il céda, et, le 24 janvier 186 r, il eut la gloire d'être le premier membre du clergé régulier appelé à siéger parmi les quarante ('). »

Son discours était impatiemment attendu. « Voyez la perspective: d'un côté, un dominicain avec M. de Tocqueville pour sujet, c'est-àdire la démocratie américaine pour champ illimité ; et de l'autre, M. (Juizot, un calviniste, le plus éloquent organe, pendant dix-huit ans, de la- liberté ordonnée. Quelle antithèse (') ! » Et cela sous l'Empire, en présence de l'impératrice, qui avait voulu assister à la séance.

« Lacordaire, remarque M. Godefroy, rendit justice au talent, au caractère, à la droiture des intentions, et aux sentiments de patriotisme chevaleresque de son prédécesseur ; mais il n'est point vrai, comme l'ont prétendu certains critiques, qu'il ait applaudi, dans M. de Tocqueville, les erreurs et les entraînements d'un amour exclusif de la liberté (3). »

Quoi qu'il en soit, ce discours du P. Lacordaire semble, suivant le mot de Sainte-Beuve, « fait pour un plus vaste théâtre, et déborde à tout moment de son cadre » par des incursions hardies sur le terrain brûlant de la politique. C'est assez dire qu'on y retrouve la trace des illusions et des témérités chères à l'auteur.

Comme épilogue de cette séance << la plus curieuse de toutes les fêtes que l'Académie française ait offertes jusqu'ici à son public »(•»), il convient de rappeler un trait raconté par Mgr Ricard (s).

1. GOUEFROV, Histoire de la Litt.fr. A'/A'e silxk. Prosateurs, t. I.

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